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03/09/2011

Du règne le plus long au règne le plus court

Louis XIV détient le record du règne le plus long. Il n’avait pas 5 ans lorsqu’il monte sur le trône de France le 14 mai 1643 à la mort de son père le roi Louis XIII et le conserve jusqu’à sa propre mort le 1er septembre 1715. Il fut donc roi durant 72 ans !

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 Louis XIV en habit de sacre - 1701 - H. Rigaud

Mais savez-vous quel roi de France détient le record du règne le plus court ?

Il y a en réalité deux prétendants à ce titre. Le premier est Louis XIX ou Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, fils aîné de Charles X (1757-1836), lui-même frère de Louis XVI (1754-1793) et de Louis XVIII (1755-1824). L’homme, en exil, a  d’ailleurs épousé sa cousine, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI.

 

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 Louis XIX (1775-1844)

A la suite des émeutes parisiennes de Juillet 1830,  dites des « Trois Glorieuses », le 2 août suivant, le roi Charles X abdique… non pas en faveur de son fils qu’il juge très impopulaire et surtout incapable de conserver le pouvoir, mais de son petit-fils âgé  seulement 10 ans, Henri d’Artois, Duc de Bordeaux et Comte de Chambord (1820-1883). Sous la pression de son père, Louis-Antoine va bien signer son acte de renoncement au trône mais seulement une vingtaine de minutes après que son père ait lui-même signé son acte d’abdication. Le fils a donc été, ce 2 août 1830, durant environ 20 minutes, officiellement roi de France sous le nom de Louis XIX ! Selon un chroniqueur de l’époque, ce dernier aurait supplié son père en ces termes « Laissez-moi régner seulement une heure. ». Lequel lui aurait répondu « Vous ? Sûrement pas ! ». L’abdication sera de toute façon sans effets. Louis Philippe d’Orléans, sera, dès le 7 août suivant, proclamé roi des Français par les chambres sous le nom de Louis-Philippe Ier.

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 Louis X le Hutin (1289-1316)

Le second, c’est Jean Ier de France, fils posthume de Louis X le Hutin (1289-1316). Quand à Vincennes, le 5 juin 1316, à l’âge de 27 ans et dans la seconde année de son règne, le roi décède, sa femme, la Reine Clémence de Hongrie (1293-1328) était enceinte de son premier enfant. Hélas, l’enfant, né dans la nuit du 14 au 15 novembre 1316 et aussitôt proclamé roi sous le nom de Jean Ier de France, mourut 5 jours après sa naissance.

La mort du Hutin était semble t’il due à une affection aigue des voies respiratoires, contractée à la suite d’un refroidissement. Bien sûr, le bruit  couru qu’il avait été empoisonné, chose tout à fait envisageable à cette époque chez les puissants. Pourtant, il semble bien que c’est seulement par imprudence que ce jeune roi succomba. Il aurait, après s’être « fort échauffé » au jeu de paume, descendu dans une cave pour se désaltérer d’un vin très frais : « Il avoit joué à un jeu qu’il savoit, à la paume. Si s’eschauffa. Et son conseil, qui le biffa, l’en là mené en cave». Il fut donc certainement victime d’une fluxion de poitrine voire d’une pneumonie. Guillaume de Nangis, historien bénédictin de Saint-Denis, mort en l’an 1300, parla d’ailleurs, dans sa « Chronique latine » d’une fièvre violente.

Biblio. « Les morts mystérieuses de l’histoire » du Docteur Cabanes –Ed. de l’Opportun et les pages Wikipedia sur le sujet.

 

07:03 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

31/07/2011

Le retour de la "Fée verte"

Interdite depuis 1915 en raison de ses méfaits, la consommation d’Absinthe ou « Fée verte », boisson aux effluves anisés réputée rendre fou, est de nouveau autorisée dans notre pays depuis le printemps dernier. 

 

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En fait, nos législateurs ont simplement réhabilité le terme d’Absinthe puisque les producteurs étaient déjà autorisés à la vendre depuis 1988 mais sous la dénomination de « boisson spiritueuse aux plantes d’absinthe ».

 

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En Europe, poussent la grande absinthe, qui se plaît dans les régions montagneuses, et la petite absinthe, aux propriétés identiques mais à un moindre degré, qu’on trouve partout dans le Midi.

Ses vertus médicinales sont connues depuis l’Antiquité : fébrifuge, vermifuge, stimulant de l’estomac, elle a aussi une réputation d’excellent tonique névrosthénique agissant sur l’ensemble de l’organisme. Et c’est sous forme d’infusion, de sirop, de liqueur, d’extrait ou macérée dans du vin, qu’on l’utilise jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

En 1830, elle est conseillée, à raison de quelques gouttes mélangées dans de l’eau, aux soldats combattant en Algérie qui souffrent de maux de dysenterie. Ceux-ci s’aperçoivent très vite qu’en augmentant la dose prescrite, elle guérit aussi du mal du pays… C’est ainsi que de médicament, l’absinthe devient source d’ivresse.

De retour chez eux, nos soldats ne peuvent plus se passer de ce breuvage auquel ils ont pris goût. A leur contact, les habitués des cafés, mais aussi les étudiants, les artistes, les ouvriers,…  deviennent à leur tour des « étouffeurs de perroquets », des buveurs d’absinthe.

 

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L'usine Pernod en 1901

 

En industriel averti, sentant l’intérêt des français pour cette nouvelle boisson, Henri Louis Pernod (1776-1851) crée à Pontarlier (Doubs) la première distillerie de production industrielle de liqueur d’absinthe. Des feuilles d’absinthe mélangées à des semences de fenouil et d’anis y sont distillées dans de l’alcool. Le produit est ensuite coloré en vert. L’apéritif obtenu titre entre 60 à 72 degrés. Au consommateur ensuite de « préparer » son absinthe : à la minutie avec laquelle il verse l’eau dépend la saveur du breuvage et le virage à un beau blanc bien dense.

 

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L'Absinthe, tableau de Degas - 1877

 

L’absinthe, consommée partout et par tous en France, y compris par l’élite du pays, finit par être considérée, à la Belle Epoque, comme la boisson nationale des Français. D’un prix très abordable, très peu taxée, produite massivement (environ 30 millions de litres en 1900), elle est accessible à tous. A tel point qu’à la veille de la Première Guerre mondiale, un journaliste écrit que les Français sont devenus « le peuple le plus alcoolisé du monde ! »

 

 

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Propagande antialcoolique du début XXe siècle - 

à G. "La misère dans la famille", à D. "L'Abandon du cabaret"

 

Des rapports médicaux successifs accusent l'absinthe, en raison notamment du méthanol, alcool neurotoxique qu’elle contient, de provoquer de terribles maux : « Elle rend fou et criminel, fait de l’homme une bête et menace l’avenir de notre temps ». Dès lors, "boire sa verte" n'est plus seulement une mauvaise habitude mais un véritable fléau qu'il faut combattre.  Les ligues antialcooliques, les syndicats, l’Eglise catholique, le monde de la médecine et de la presse se mobilisent en masse. Et c’est finalement le premier conflit mondial qui sonnera l’arrêt de mort de l’absinthe en France. « Comme  il n’est pas facile de commander à des gens ivres, comme il n’est pas facile de conduire au front, à marches forcées sous le soleil d’août, des soldats aux jambes coupées par quelques verres de trop », le 8 août 1914, cinq jours seulement après la déclaration de guerre à l’Allemagne, le Gouverneur Militaire de Nice décide d’interdire la vente de l’absinthe aux militaires et aux civils sur toute l’étendue du camp retranché de son territoire. D’autres généraux vont suivre son exemple. Le 16, le Ministère de l’Intérieur enjoint les préfets d’interdire par voie d’arrêté la vente, le colportage de l’absinthe et des boissons similaires. Suivra enfin la loi sur l’interdiction de l’absinthe qui est votée le 17 mars 1915.

 

Biblio. et photos : « Et les Français prirent goût à l’absinthe ! » de J-P. Panouillé – Revue L’Histoire n°52.

Merci à la page Wikipédia sur le sujet.

 

07:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

13/07/2011

14 juillet ou l'histoire de notre fête nationale

En France, le 14 juillet est fête nationale et ce depuis le 6 juillet 1880 date à laquelle fut promulguée la loi y afférent. Par ce texte, le Ministre de l’Intérieur du gouvernement de l’époque, celui de Charles de Freycinet, Ernest Constant (1833-1913) prescrit à ses Préfets de veiller à ce que cette journée « soit célébrée avec autant d’éclat que le comportent les ressources locales ».  

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La Rue Montorgueil le 14 juillet 1878 à Paris - C. Monet

En cette année 1880, il s’agit de témoigner du redressement militaire de la France après la défaite de 1870. Un défilé militaire est organisé sur l’hippodrome de Longchamp, devant Jules Grévy, Président de la République Française, et plusieurs dizaines de milliers de spectateurs.

Voulue par Lafayette, notre fête nationale ne célèbre pas la Prise de la Bastille du 14 juillet 1789, journée jugée par trop sanglante, mais la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, beaucoup plus consensuelle, qui avait pour objectif de marquer solennellement la réconciliation et l’unité du peuple français.  

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Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 au Champs de Mars

Sur l’esplanade du Champ de Mars à Paris ce jour du 14 juillet 1790, arrivés de la Bastille, 14 000 soldats fédérés défilent sous la bannière de leur département. Après qu’une grande messe ait été célébrée par Talleyrand, après que La Fayette, héros de la guerre d’indépendance des Etats-Unis,  ait prêté serment de fidélité à la Nation, au Roi et à la Loi, serment repris par la foule, le roi Louis XVI jure devant la Reine, le Dauphin et l’ensemble des députés présents, fidélité aux lois nouvelles et promet de maintenir « la Constitution décidée par l’Assemblée nationale ». Les 400 000 parisiens présents acclament alors leur souverain : la monarchie n’est pas remise en cause, la Révolution est entérinée et l’union nationale triomphe. Un Te Deum vient conclure la journée qui se termine sous les vivats et au milieu des embrassades.

Malheureusement, cette unité sera de courte durée. Moins de trois ans plus tard, la République est proclamée et Louis XVI exécuté ! 

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Benjamin Raspail (1823-1899)

Pendant un siècle la commémoration du 14 juillet est abandonnée jusqu’à ce que, le 21 mai 1880, le député Benjamin Raspail (1823-1899) dépose une loi faisant du 14 juillet la fête nationale. La IIIe République, pour asseoir sa politique, cherche à construire un nouvel imaginaire national autour des symboles républicains. C’est ainsi que La Marseillaise devient hymne officiel et le 14 juillet fête nationale. Et si  celle-ci commémore officiellement la fête de la Fédération, le 14 juillet reste dans la mémoire collective la date anniversaire de la Prise de la Bastille.

Biblio. « Le 14 juillet célèbre la prise de la Bastille » d’O. Tosseri – Historia – Juillet 09

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