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24/09/2011

Le Palais de l'Elysée ou le défi du Comte d'Evreux

Saviez-vous qu’on doit à Comte normand la réalisation d’un de nos plus prestigieux palais parisiens, le Palais de l’Elysée ?

C’est en effet le Comte d’Evreux Henri-Louis de La Tour d’Auvergne qui acheta en 1718 le terrain sur lequel il fit édifier un hôtel particulier destiné à devenir sa future résidence.

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Portrait de Louis-Henri de La Tour d’Auvergne peint par Hyacinthe Rigaud vers 1720

 

Henri-Louis de La Tour d’Auvergne, né à Paris le 2 août 1679, tenait son titre de Comte d’Evreux de son frère Emmanuel-Théodose, qui lui-même l’avait reçu de ses ancêtres.

Ce titre de Comte d’Evreux, né au temps des ducs de Normandie, fut porté pour la première fois de 996 à sa mort en 1037 par Robert le Danois, archevêque de Rouen, fils naturel de Richard Ier de Normandie, dit Richard Sans-Peur (930-996), troisième duc de Normandie.

 

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 Portrait de Claude Mollet par Michel Lasne

 

Henri-Louis de La Tour d’Auvergne avait la réputation d’un courtisan avide, au train de vie luxueux. Comme il réclamait à Philippe d’Orléans (1674-1723), régent du royaume pendant la minorité du roi Louis XV, une capitainerie des chasses à Monceaux, celui-ci, prenant un malin plaisir à se moquer de sa cour de courtisans, lui aurait répondu « J’y consens Monsieur et vous en porterai le brevet dans votre hôtel ! » Notre comte, constatant qu'il n’a pas vraiment de demeure digne de son nom, relève le défi, vend l’un de ses fiefs et acquiert un terrain d’une dizaine d’hectares au niveau de l’actuel faubourg Saint-honoré, quartier déjà considéré à l’époque comme l’un des plus beaux de la ville. Ce n'était pourtant alors qu’une plaine semée de pâturages, de cultures maraîchères et de quelques maisons au toit de chaume. 

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 Le quartier de l’Elysée en 1872

 

Le Comte d’Evreux charge l’architecte Armand-Claude Mollet (1660-1742) de la réalisation de l’ouvrage.

Les travaux de l’édifice s’étalent sur 2 années à l’issue desquelles le régent, tenant sa promesse, apporte le brevet promis à notre Comte, y ajoutant 140 toises (530 m2) de terrain.

L’hôtel d’Evreux, conçu sur les principes d’architecture en vogue du moment, est l’un des meilleurs exemples du modèle classique avec notamment un vestibule dans l’axe d’une cour d’honneur, un appartement de parade avec en son  milieu un  grand salon ouvert sur un  jardin à la française, des décors intérieurs de style Régence et des boiseries somptueuses.

A la mort du Comte, le 3 août 1753, au lendemain de son 74ème anniversaire et sans descendance, l’hôtel d’Evreux est déjà considéré comme « la plus belle maison de plaisance des environs de Paris ». Devenu ensuite propriété de Jeanne-Antoinette Poisson, nouvelle Marquise de Pompadour (1721-1764), celle-ci y entreprend d’importants travaux de transformation payés sur les caisses du royaume avant de léguer à sa mort son hôtel au roi Louis XV.

Après la révolution française, Bathilde d’Orléans, Duchesse de Bourbon (1750-1822), propriétaire des lieux, décide, pour permettre le passage du public de la cour vers les jardins, d’autoriser l’ouverture des deux arcades de part et d’autre de la porte du vestibule menant au grand salon. C’est à cette époque que l’hôtel prit son nom d’Elysée par référence à la promenade toute proche.

 

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Depuis le Maréchal Patrice de Mac Mahon (1808-1893), élu 3ème Président de la République Française en mai 1873, qui s’installe définitivement dans les lieux à partir de septembre 1874, le Palais de l’Elysée est la résidence officielle de tous les présidents de la République.

 

 

Biblio. merci aux sites www.elysee.fr et www.linternaute.com et aux pages Wikipedia sur le sujet.

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03/09/2011

Du règne le plus long au règne le plus court

Louis XIV détient le record du règne le plus long. Il n’avait pas 5 ans lorsqu’il monte sur le trône de France le 14 mai 1643 à la mort de son père le roi Louis XIII et le conserve jusqu’à sa propre mort le 1er septembre 1715. Il fut donc roi durant 72 ans !

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 Louis XIV en habit de sacre - 1701 - H. Rigaud

Mais savez-vous quel roi de France détient le record du règne le plus court ?

Il y a en réalité deux prétendants à ce titre. Le premier est Louis XIX ou Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, fils aîné de Charles X (1757-1836), lui-même frère de Louis XVI (1754-1793) et de Louis XVIII (1755-1824). L’homme, en exil, a  d’ailleurs épousé sa cousine, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI.

 

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 Louis XIX (1775-1844)

A la suite des émeutes parisiennes de Juillet 1830,  dites des « Trois Glorieuses », le 2 août suivant, le roi Charles X abdique… non pas en faveur de son fils qu’il juge très impopulaire et surtout incapable de conserver le pouvoir, mais de son petit-fils âgé  seulement 10 ans, Henri d’Artois, Duc de Bordeaux et Comte de Chambord (1820-1883). Sous la pression de son père, Louis-Antoine va bien signer son acte de renoncement au trône mais seulement une vingtaine de minutes après que son père ait lui-même signé son acte d’abdication. Le fils a donc été, ce 2 août 1830, durant environ 20 minutes, officiellement roi de France sous le nom de Louis XIX ! Selon un chroniqueur de l’époque, ce dernier aurait supplié son père en ces termes « Laissez-moi régner seulement une heure. ». Lequel lui aurait répondu « Vous ? Sûrement pas ! ». L’abdication sera de toute façon sans effets. Louis Philippe d’Orléans, sera, dès le 7 août suivant, proclamé roi des Français par les chambres sous le nom de Louis-Philippe Ier.

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 Louis X le Hutin (1289-1316)

Le second, c’est Jean Ier de France, fils posthume de Louis X le Hutin (1289-1316). Quand à Vincennes, le 5 juin 1316, à l’âge de 27 ans et dans la seconde année de son règne, le roi décède, sa femme, la Reine Clémence de Hongrie (1293-1328) était enceinte de son premier enfant. Hélas, l’enfant, né dans la nuit du 14 au 15 novembre 1316 et aussitôt proclamé roi sous le nom de Jean Ier de France, mourut 5 jours après sa naissance.

La mort du Hutin était semble t’il due à une affection aigue des voies respiratoires, contractée à la suite d’un refroidissement. Bien sûr, le bruit  couru qu’il avait été empoisonné, chose tout à fait envisageable à cette époque chez les puissants. Pourtant, il semble bien que c’est seulement par imprudence que ce jeune roi succomba. Il aurait, après s’être « fort échauffé » au jeu de paume, descendu dans une cave pour se désaltérer d’un vin très frais : « Il avoit joué à un jeu qu’il savoit, à la paume. Si s’eschauffa. Et son conseil, qui le biffa, l’en là mené en cave». Il fut donc certainement victime d’une fluxion de poitrine voire d’une pneumonie. Guillaume de Nangis, historien bénédictin de Saint-Denis, mort en l’an 1300, parla d’ailleurs, dans sa « Chronique latine » d’une fièvre violente.

Biblio. « Les morts mystérieuses de l’histoire » du Docteur Cabanes –Ed. de l’Opportun et les pages Wikipedia sur le sujet.

 

07:03 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

31/07/2011

Le retour de la "Fée verte"

Interdite depuis 1915 en raison de ses méfaits, la consommation d’Absinthe ou « Fée verte », boisson aux effluves anisés réputée rendre fou, est de nouveau autorisée dans notre pays depuis le printemps dernier. 

 

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En fait, nos législateurs ont simplement réhabilité le terme d’Absinthe puisque les producteurs étaient déjà autorisés à la vendre depuis 1988 mais sous la dénomination de « boisson spiritueuse aux plantes d’absinthe ».

 

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En Europe, poussent la grande absinthe, qui se plaît dans les régions montagneuses, et la petite absinthe, aux propriétés identiques mais à un moindre degré, qu’on trouve partout dans le Midi.

Ses vertus médicinales sont connues depuis l’Antiquité : fébrifuge, vermifuge, stimulant de l’estomac, elle a aussi une réputation d’excellent tonique névrosthénique agissant sur l’ensemble de l’organisme. Et c’est sous forme d’infusion, de sirop, de liqueur, d’extrait ou macérée dans du vin, qu’on l’utilise jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

En 1830, elle est conseillée, à raison de quelques gouttes mélangées dans de l’eau, aux soldats combattant en Algérie qui souffrent de maux de dysenterie. Ceux-ci s’aperçoivent très vite qu’en augmentant la dose prescrite, elle guérit aussi du mal du pays… C’est ainsi que de médicament, l’absinthe devient source d’ivresse.

De retour chez eux, nos soldats ne peuvent plus se passer de ce breuvage auquel ils ont pris goût. A leur contact, les habitués des cafés, mais aussi les étudiants, les artistes, les ouvriers,…  deviennent à leur tour des « étouffeurs de perroquets », des buveurs d’absinthe.

 

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L'usine Pernod en 1901

 

En industriel averti, sentant l’intérêt des français pour cette nouvelle boisson, Henri Louis Pernod (1776-1851) crée à Pontarlier (Doubs) la première distillerie de production industrielle de liqueur d’absinthe. Des feuilles d’absinthe mélangées à des semences de fenouil et d’anis y sont distillées dans de l’alcool. Le produit est ensuite coloré en vert. L’apéritif obtenu titre entre 60 à 72 degrés. Au consommateur ensuite de « préparer » son absinthe : à la minutie avec laquelle il verse l’eau dépend la saveur du breuvage et le virage à un beau blanc bien dense.

 

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L'Absinthe, tableau de Degas - 1877

 

L’absinthe, consommée partout et par tous en France, y compris par l’élite du pays, finit par être considérée, à la Belle Epoque, comme la boisson nationale des Français. D’un prix très abordable, très peu taxée, produite massivement (environ 30 millions de litres en 1900), elle est accessible à tous. A tel point qu’à la veille de la Première Guerre mondiale, un journaliste écrit que les Français sont devenus « le peuple le plus alcoolisé du monde ! »

 

 

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Propagande antialcoolique du début XXe siècle - 

à G. "La misère dans la famille", à D. "L'Abandon du cabaret"

 

Des rapports médicaux successifs accusent l'absinthe, en raison notamment du méthanol, alcool neurotoxique qu’elle contient, de provoquer de terribles maux : « Elle rend fou et criminel, fait de l’homme une bête et menace l’avenir de notre temps ». Dès lors, "boire sa verte" n'est plus seulement une mauvaise habitude mais un véritable fléau qu'il faut combattre.  Les ligues antialcooliques, les syndicats, l’Eglise catholique, le monde de la médecine et de la presse se mobilisent en masse. Et c’est finalement le premier conflit mondial qui sonnera l’arrêt de mort de l’absinthe en France. « Comme  il n’est pas facile de commander à des gens ivres, comme il n’est pas facile de conduire au front, à marches forcées sous le soleil d’août, des soldats aux jambes coupées par quelques verres de trop », le 8 août 1914, cinq jours seulement après la déclaration de guerre à l’Allemagne, le Gouverneur Militaire de Nice décide d’interdire la vente de l’absinthe aux militaires et aux civils sur toute l’étendue du camp retranché de son territoire. D’autres généraux vont suivre son exemple. Le 16, le Ministère de l’Intérieur enjoint les préfets d’interdire par voie d’arrêté la vente, le colportage de l’absinthe et des boissons similaires. Suivra enfin la loi sur l’interdiction de l’absinthe qui est votée le 17 mars 1915.

 

Biblio. et photos : « Et les Français prirent goût à l’absinthe ! » de J-P. Panouillé – Revue L’Histoire n°52.

Merci à la page Wikipédia sur le sujet.

 

07:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)