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18/01/2012

Ça s'est passé un 18 janvier...

Le 18 janvier 1906, Armand Fallières entre à l’Elysée ! Il fut le dernier président de la Belle Epoque. Son air très « bonhomme » permettait aux chansonniers d’avoir en lui une cible merveilleuse. « Il a beau être gras, déclarait un journaliste d’une feuille satyrique, il a beau être un bœuf, il a beau n’avoir jamais rien fait, ce roi fainéant a droit à notre sympathie  Et puisqu’il nous faut choisir dans la ménagerie politique, autant prendre ce bœuf que d’être en proie aux requins, aux chacals, aux tigres qui nous convoitent. »  

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Clément Armand Fallières est né au cœur de la Gascogne, à Mézin, petite commune du département du Lot-et-Garonne, le 6 novembre 1841. D’origine modeste, avocat de formation, sa carrière politique commence en 1868 lorsqu’il est élu Conseiller Municipal de la ville de Nérac. Siégeant à gauche à la Chambre des Députés en 1876, il entre au gouvernement en 1877, devient Ministre en 1882, Président du Sénat en 1899 et est élu 9ème Président de la IIIe République le 17 janvier 1906. 

 

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 Le Président Fallières en 1910

" La simplicité de Fallières l’avait rendu populaire et si l’on plaisantait volontiers sur son compte, on lui vouait une sympathie familière. C’était un homme intelligent et cultivé, grand lecteur de Montaigne notamment, plein de sagesse. C’était un modéré de nature. Comme son tempérament ne le poussait pas plus à l’action spectaculaire que l’idée qu’il se faisait de ses fonctions, Fallières pouvait donc paraître un président assez effacé. En fait, tous ceux qui l’ont approché ont été frappés par sa connaissance étendue des affaires, par la sûreté de son jugement et par son autorité*. "

Tous les matins, le Président, qui s’était promis de ne rien changer à sa vie pendant la durée de son septennat, sortait de l’Elysée à 8 heures précises et marchait 2 heures à travers la Capitale « la main gauche derrière le dos, avec un fort jonc dans la main droite, suivi à une distance raisonnable d’un inspecteur de la Sûreté qu’il n’a pas demandé mais qu’il subit. **» 

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Durant son mandat, il va tenter, avec des pouvoirs limités (car la IIIe République accordait la prééminence au pouvoir législatif et le président n’avait qu’un rôle honorifique pourvu cependant de quelques prérogatives) de conduire une politique intérieure progressiste. Par exemple, il affirme son opposition à la peine de mort en usant systématiquement ou presque de son droit de grâce. On lui doit aussi d’avoir créer en 1912 l'isoloir qui permet d'organiser les votes secrets.

 

Non dénué d'humour, il savait se montrer un peu goguenard, tout en restant gentil. Ainsi au cours d’une exposition d’Auguste Rodin (1840-1917),  il s’arrêta devant une ébauche du grand sculpteur et lui dit : « Alors, mon pauvre Rodin, on a encore eu un accident de transport ? ».

 

Au terme de son mandat de7 ans, il choisit de ne pas se représenter et justifia sa décision par cette phrase : « la place n'est pas mauvaise, mais il n'y a pas d'avancement ». C’est Raymond Poincaré qui lui succèdera le 17 janvier 1913.

 

Armand Fallières décèdera 15 ans plus tard, le 22 juin 1931, dans sa 90ème année.

  

 

* Extrait du Dictionnaire des parlementaires français de M. Jean Jolly (1889-1940)

** Jules HURET dans l’Illustration du 27 janvier 1906

 

Biblio. « Le calendrier de l’Histoire » d’A. Castelot – Librairie Académique Perrin – 1970,

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et au site «  ilyaunsiecle.blog.lemonde.fr/ »

 

07:41 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2)

14/01/2012

Le 600ème anniversaire de Jeanne

1412-2012 : la France entière célèbre cette année la naissance de Jeanne d’Arc, née à Domrémy, petit village lorrain du département des Vosges, le 6 janvier 1412, qui est venue mourir en Normandie, à Rouen, dans les flammes d’un bûcher, le 30 janvier 1431.

Mais nous sommes le 14 janvier ? Pourquoi publier cette note aujourd’hui seulement ? Tout simplement parce qu’aucune source ne permet de déterminer avec exactitude la date de la naissance de la Pucelle d’Orléans.

Dans son interrogatoire du 21 février 1431, Jeanne dit elle-même qu’elle a « environ 19 ans », ce qui effectivement la fait naître en 1412.

Mais en ce qui concerne la date du 6 janvier, jour de l’Epiphanie, on l’a doit à Perceval de Boulainvilliers, Chambellan du roi Charles VII (1470-1498) qui en fait mention dans la lettre qu’il adresse au Duc de Milan le 21 juin 1429. Pour Henri Wallon (1812-1904)*, « les traditions fabuleuses qu’il a recueillies sur la naissance de la Pucelle peuvent rendre suspecte la désignation du jour. »  

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« Jeanne d’Arc bergère » par J-E Lenepveu - 1889

 

Jeanne est la quatrième enfant du couple formé par Jacques d’Arc, laboureur aisé, et par sa femme Isabelle Romée. La petite fille voit le jour dans un pays dévasté par la guerre. Quelques années plus tôt, en 1392, le roi de France Charles VI (1368-1422) a perdu la raison. Il avait certes confié le pouvoir à son jeune frère Louis d’Orléans, mais le duc de Bourgogne, jaloux, l’a fait assassiner en 1407. Et depuis, Armagnacs et Bourguignons s’entretuent.   

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Les vigiles du roi Charles VII

 

A Domrémy, « tout le monde tient pour le roi ». Cependant, la paroisse des parents de Jeanne, située à la frontière entre le royaume de France et la Lorraine, est divisée en deux parties : l’une relève du Comté de Champagne et l’autre, sur la rive gauche de la Meuse, où se trouve la maison familiale, dépend du Barrois mouvant, partie occidentale du Barrois. Le Duc de Lorraine soutient le Duc de Bourgogne quand Robert Ier de Bar est Armagnac !   

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Le village est un lieu de passage très fréquenté. Marchands, soldats, pèlerins empruntent l’ancienne voie romaine. Alors, l’enfant vive qu’on surnomme Jeannette n’a qu’à tendre l’oreille pour entendre son père discuter avec les colporteurs de passage des maux qui frappent le pays…

  

 

* « Jeanne d’Arc » d’Henri Wallon – 5ème ed. 1879

Biblio. « Jeanne d’Arc , le mythe, la légende, l’histoire » HS Le Figaro 2012 et merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

07:26 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

31/12/2011

Ça s'est passé un 31 décembre !

Le 31 décembre 1882, l’une des personnalités politiques les plus importantes de cette IIIème République présidée par Jules Grévy se meurt. Celui qui a joué un rôle clé dans la pérennité du régime républicain dans notre pays après la chute du Second Empire expire. Celui qui fut Président de la Chambre des députés de 1879 à 1881 et Président du Conseil et Ministre des Affaires Etrangères de 1881 au 30 janvier 1882 a rendu l’âme. 

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Extrait de l'acte de naissance de Léon Gambetta

 

Cet homme, c’est Léon Gambetta. Né à Cahors (Lot), le 2 avril 1838, de parents d’origine italienne, il est naturalisé français en 1859. Après des études de droit, devenu avocat, il entame sa carrière politique en 1869.

Son rôle dans la déchéance de l’empire et la proclamation de la IIIème République va être essentiel.  

 

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Léon Gambetta (1838-1882)

 

Le 14 novembre 1881, il devient à 43ans Président du Conseil. Tout juste a-t-il le temps de créer le premier Ministère des Arts destiné à promouvoir la culture et les arts dans les classes populaires, que son autoritarisme excessif entraîne la chute de son gouvernement le 30 janvier  1882.

 

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Léonie Léon (1838-1906)

 

Et c’est là que le destin se montre cruel. Alors que sa maîtresse, Léonie Léon, après dix années de liaison passionnée, plus de 6000 lettres échangées, consent enfin à l’épouser, Léon Gambetta se blesse le 27 novembre 1882 à la main droite en voulant décharger son pistolet. La blessure par balle n’est pas grave, mais ses médecins, craignant qu’une artère soit bouchée, le contraignent à garder le lit. La plaie cicatrise mais le convalescent se plaint alors de douleurs abdominales violentes. Les nombreux spécialistes appelés à son chevet diagnostiquent une appendicite infectée qu’ils n’opèrent pourtant pas.

Et c’est ainsi que le 31 décembre 1882, l’un des pères fondateurs de la IIIème République s’éteint dans sa maison des Jardies à Ville d’Avray près de Sèvres (Hauts-de-Seine) des suites d’une pérityphlite, inflammation du péritoine du caecum, découlant probablement d’un cancer de l’intestin ou de l’estomac, diagnostiquée dès le 23 décembre par le Professeur Charcot et jugée par lui inopérable. On saura plus tard que le défunt souffrait depuis longtemps de sévères troubles gastriques et intestinaux.  

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Après des obsèques nationales, Léon Gambetta est inhumé à Nice où sa famille s’est installée et son cœur transféré  le 11 novembre 1920 au Panthéon.

On doit à ses ennemis l’épitaphe suivante, cruelle allusion à un affreux accident dont il avait été victime dans sa jeunesse et qui le rendit borgne :

 

Amis respectons le cercueil

De ce patriote farouche

Qui prit bien soin de perdre un œil

Pour ne jamais paraître louche.

 

Biblio. Le Calendrier de l’Histoire d’A. Castelot – Lib. Académique Perrin – 1970

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

07:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (3)