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14/01/2012

Le 600ème anniversaire de Jeanne

1412-2012 : la France entière célèbre cette année la naissance de Jeanne d’Arc, née à Domrémy, petit village lorrain du département des Vosges, le 6 janvier 1412, qui est venue mourir en Normandie, à Rouen, dans les flammes d’un bûcher, le 30 janvier 1431.

Mais nous sommes le 14 janvier ? Pourquoi publier cette note aujourd’hui seulement ? Tout simplement parce qu’aucune source ne permet de déterminer avec exactitude la date de la naissance de la Pucelle d’Orléans.

Dans son interrogatoire du 21 février 1431, Jeanne dit elle-même qu’elle a « environ 19 ans », ce qui effectivement la fait naître en 1412.

Mais en ce qui concerne la date du 6 janvier, jour de l’Epiphanie, on l’a doit à Perceval de Boulainvilliers, Chambellan du roi Charles VII (1470-1498) qui en fait mention dans la lettre qu’il adresse au Duc de Milan le 21 juin 1429. Pour Henri Wallon (1812-1904)*, « les traditions fabuleuses qu’il a recueillies sur la naissance de la Pucelle peuvent rendre suspecte la désignation du jour. »  

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« Jeanne d’Arc bergère » par J-E Lenepveu - 1889

 

Jeanne est la quatrième enfant du couple formé par Jacques d’Arc, laboureur aisé, et par sa femme Isabelle Romée. La petite fille voit le jour dans un pays dévasté par la guerre. Quelques années plus tôt, en 1392, le roi de France Charles VI (1368-1422) a perdu la raison. Il avait certes confié le pouvoir à son jeune frère Louis d’Orléans, mais le duc de Bourgogne, jaloux, l’a fait assassiner en 1407. Et depuis, Armagnacs et Bourguignons s’entretuent.   

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Les vigiles du roi Charles VII

 

A Domrémy, « tout le monde tient pour le roi ». Cependant, la paroisse des parents de Jeanne, située à la frontière entre le royaume de France et la Lorraine, est divisée en deux parties : l’une relève du Comté de Champagne et l’autre, sur la rive gauche de la Meuse, où se trouve la maison familiale, dépend du Barrois mouvant, partie occidentale du Barrois. Le Duc de Lorraine soutient le Duc de Bourgogne quand Robert Ier de Bar est Armagnac !   

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Le village est un lieu de passage très fréquenté. Marchands, soldats, pèlerins empruntent l’ancienne voie romaine. Alors, l’enfant vive qu’on surnomme Jeannette n’a qu’à tendre l’oreille pour entendre son père discuter avec les colporteurs de passage des maux qui frappent le pays…

  

 

* « Jeanne d’Arc » d’Henri Wallon – 5ème ed. 1879

Biblio. « Jeanne d’Arc , le mythe, la légende, l’histoire » HS Le Figaro 2012 et merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

07:26 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

31/12/2011

Ça s'est passé un 31 décembre !

Le 31 décembre 1882, l’une des personnalités politiques les plus importantes de cette IIIème République présidée par Jules Grévy se meurt. Celui qui a joué un rôle clé dans la pérennité du régime républicain dans notre pays après la chute du Second Empire expire. Celui qui fut Président de la Chambre des députés de 1879 à 1881 et Président du Conseil et Ministre des Affaires Etrangères de 1881 au 30 janvier 1882 a rendu l’âme. 

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Extrait de l'acte de naissance de Léon Gambetta

 

Cet homme, c’est Léon Gambetta. Né à Cahors (Lot), le 2 avril 1838, de parents d’origine italienne, il est naturalisé français en 1859. Après des études de droit, devenu avocat, il entame sa carrière politique en 1869.

Son rôle dans la déchéance de l’empire et la proclamation de la IIIème République va être essentiel.  

 

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Léon Gambetta (1838-1882)

 

Le 14 novembre 1881, il devient à 43ans Président du Conseil. Tout juste a-t-il le temps de créer le premier Ministère des Arts destiné à promouvoir la culture et les arts dans les classes populaires, que son autoritarisme excessif entraîne la chute de son gouvernement le 30 janvier  1882.

 

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Léonie Léon (1838-1906)

 

Et c’est là que le destin se montre cruel. Alors que sa maîtresse, Léonie Léon, après dix années de liaison passionnée, plus de 6000 lettres échangées, consent enfin à l’épouser, Léon Gambetta se blesse le 27 novembre 1882 à la main droite en voulant décharger son pistolet. La blessure par balle n’est pas grave, mais ses médecins, craignant qu’une artère soit bouchée, le contraignent à garder le lit. La plaie cicatrise mais le convalescent se plaint alors de douleurs abdominales violentes. Les nombreux spécialistes appelés à son chevet diagnostiquent une appendicite infectée qu’ils n’opèrent pourtant pas.

Et c’est ainsi que le 31 décembre 1882, l’un des pères fondateurs de la IIIème République s’éteint dans sa maison des Jardies à Ville d’Avray près de Sèvres (Hauts-de-Seine) des suites d’une pérityphlite, inflammation du péritoine du caecum, découlant probablement d’un cancer de l’intestin ou de l’estomac, diagnostiquée dès le 23 décembre par le Professeur Charcot et jugée par lui inopérable. On saura plus tard que le défunt souffrait depuis longtemps de sévères troubles gastriques et intestinaux.  

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Après des obsèques nationales, Léon Gambetta est inhumé à Nice où sa famille s’est installée et son cœur transféré  le 11 novembre 1920 au Panthéon.

On doit à ses ennemis l’épitaphe suivante, cruelle allusion à un affreux accident dont il avait été victime dans sa jeunesse et qui le rendit borgne :

 

Amis respectons le cercueil

De ce patriote farouche

Qui prit bien soin de perdre un œil

Pour ne jamais paraître louche.

 

Biblio. Le Calendrier de l’Histoire d’A. Castelot – Lib. Académique Perrin – 1970

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

07:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (3)

07/12/2011

Big Apple et la Normandie

Savez-vous ce qu’ont en commune nos bonnes villes normandes du Havre et de Dieppe et celle de New York ?

C’est du nouveau port normand du Havre de Grâce, qu’un matin de la mi-juin 1523, sur ordre du Roi François Ier (1494-1547), un explorateur florentin, Giovanni Verrazano (1485-1528), en route pour la Chine, c’est-à-dire les « Indes de Cathay », comme on l’appelait à l’époque, afin d’y faire provision de soie, laquelle, produite de façon insuffisante à Lyon, fait cruellement défaut, va en réalité découvrir la ville de New York ! 

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 Portrait de Giovanni da Verrazzano (1485-1528)

Quatre navires dont « La Normande » et « La Dauphine » sont affrétés par le richissime armateur dieppois Jehan Ango (1480-1551). L’ordre de départ est officiellement signé par le roi le 16 mars 1523 à Bray-sur-Seine et adressé aussi vite à Guyon Le Roy sieur du Chillou et d’Orcher, vice-amiral de France et  gouverneur du Havre.

La route maritime habituelle de l’Océan Indien, contrôlée par les portugais, est si longue et surtout si peu sûre, que Verrazano imagine tout d’abord un passage par le Nord-Est, via la mer de Norvège. 

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 Le Havre de Grâce au XVIe siècle – Détail du dessin de J. de Vaulx

Après une courte escale à Dieppe, une redoutable tempête met fin provisoirement à l’expédition. Le temps de réparer et le 1er janvier 1524, à bord de la « Dauphine », trois mâts seul rescapé de la première tentative, Verrazano accompagné de 50 hommes d’équipage, repart du port de La Rochelle. La nef est lourdement pourvue de vivres, d’armes et de munitions. Oubliant la route du Nord, le navigateur opte cette fois pour un passage par la route de l’Ouest. Il traverse l’océan Atlantique, puis s’oriente  Nord-Ouest.  

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 La Dauphine

Le 7 mars, il aborde une terre nouvelle, celle de l’actuelle Caroline du Nord. Alors qu’il longeait la côte atlantique des futurs Etats-Unis en direction du Nord, toujours à la recherche d’un détroit qui le conduirait dans l’Océan  Pacifique et en Chine, il arrive à la mi-avril à l’embouchure d’un fleuve qui sera connu plus tard sous le nom de fleuve Hubson. Il jette l’ancre, probablement sur le rivage de l’actuel Brooklyn. Une chaloupe avec une vingtaine d’hommes d’équipage est mise à l’eau pour remonter le chenal.  Verrazano découvre alors ce qui deviendra plus tard "Big Apple", la ville de New York, qu’il baptise alors « Nouvelle Angoulême » en hommage à la famille du roi de France, les Comtes d’Angoulême. Voici ce qu’il écrit : « Nous pénétrâmes dans le pays. Nous le trouvâmes fort peuplé. Les gens étaient vêtus de plumes d’oiseaux de couleurs variées. Ils venaient à nous gaiement, en poussant de grands cris d’admiration et en nous montrant l’endroit le plus sûr pour aborder. Nous remontâmes la rivière (le chenal) jusqu’à une demie lieue à l’intérieur des terres. Là nous vîmes qu’elle formait un très beau lac d’environ trois lieues de tour. Sur ce lac allaient et venaient sans cesse de tous côtés une trentaine de petites barques montées par une foule de gens passant des deux rives pour nous voir.». 

 

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 Carte de la découverte de la côte atlantique des Etats Unis en 1524

Après avoir reconnu près de 4000 kilomètres de côtes américaines, Verrazano décide le 28 mai 1524 de rentrer en France par la route habituelle des Terre-Neuvas normands. Et c’est à Dieppe qu’il accoste le 8 juillet suivant.

Bien qu’ayant parcouru 7000 lieues marines d’une terre inconnue baptisée « Francescane », sans avoir trouvé ce fameux détroit débouchant sur l’océan Pacifique qu’il recherchait, il affirmait qu’il avait découvert « un autre monde, plus grand que notre Europe, que l’Afrique et presque l’Asie ». 

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En souvenir de l’exploit de ce premier navigateur européen, le pont suspendu situé à l’entrée de la ville de New York porte aujourd’hui le nom de Pont Verrazano.

Biblio et photos : Merci au site premiumorange.com et aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

06:24 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)