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18/04/2012

Ça s’est passé un 18 avril...

Le 18 avril 1909, dimanche de Quasimodo, à Saint-Pierre de Rome, Jeanne d’Arc, la guerrière lorraine venue mourir à Rouen en 1431, est béatifiée par le pape Pie X. 

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 Jeanne d’Arc (1429) – dessin de Clément de Fauqembergue,

Greffier du parlement de Paris de 1417-1435

 

Le processus de canonisation avait été initié en 1869 par Monseigneur Dupanloup (1802-1878), évêque d’Orléans. Le 8 mai de cette année là, le prélat libéral prononce au nom de l’Eglise un panégyrique où, pour la première fois, est évoquée la sainteté de la Pucelle.   

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 Monseigneur Dupanloup, évêque d’Orléans

 

Le dossier de canonisation sera accepté ¼ de siècle plus tard, le 27 janvier 1894 par Léon XIII, pape du ralliement de l’Eglise de France à la République, qui, en attribuant à la servante de Dieu le titre de Vénérable, aura eu cette parole « Jeanne est nôtre. »

Le procès qui s’ouvre en 1897 aboutira le 18 avril 1909 à la béatification de Jeanne. Ce jour-là, dans la ville de Rome, une foule énorme s’est rassemblée au pied de la Basilique Saint-Pierre. 30 000 français ont fait le déplacement et parmi eux les cardinaux, les archevêques et les évêques et de nombreux prêtres de France, les descendants de la famille de Jeanne, les représentants de la maison de France et des membres du Parlement. Sur la porte principale de l’édifice religieux flotte un portrait de Jeanne couvert d’un voile qui sera ôté dès la lecture du décret de béatification. 

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A 9h30, les cardinaux de la Congrégation des Rites prennent place dans l’abside. Monseigneur Touchet (1848-1926), évêque d’Orléans, célèbre l’office au maître-autel. Au cours de celui-ci, solennellement, devant sa sainteté, Monseigneur Pamici, en sa qualité de secrétaire de la Congrégation des Rites, fait lecture du décret approuvant la béatification de Jeanne d’Arc.  

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 Cérémonie de Canonisation de Jeanne d’Arc

 

C’est le 16 mai 1920 que se tiendra, en présence de l’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, la cérémonie de canonisation. Devant l’assemblée, le pape Benoît XV, coiffé de sa mitre, prononce la solennelle sentence « Nous décrétons et définissons sainte et Nous inscrivons au catalogue des saints la bienheureuse Jeanne d’Arc, statuant que sa mémoire devra être célébrée tous les ans le 30 mai dans l’Eglise universelle. »

Son successeur, le pape Pie XI publiera le 2 mars 1922 un Bref adressé à la France dans lequel il proclame « Sainte Jeanne d’Arc seconde patronne de France ».

 

  

Merci aux sites www.stejeannedarc.net et cpascans.canalblog.com et aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

31/03/2012

Un parfum de soleil : l'histoire du mimosa

Quand Napoléon, alors Premier Consul, décide d’envoyer par mer une grande expédition afin de prendre pied sur la côte sud encore inoccupée de l’Australie, continent que l’on appelait alors Nouvelle Hollande, il ignorait le trésor qu’allait lui ramener ses marins !

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La Nouvelle Hollande

 

Nous sommes le 19 octobre 1800. La mission est confiée au Capitaine Nicolas Baudin (1754-1803) qui rentre d’un grand voyage aux Antilles.

 

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Nicolas Baudin

 

Lui et son équipe, composée de 24 savants (astronomes, géographes, minéralogistes, botanistes et zoologistes), assisté de dessinateurs et de jardiniers, s’embarquent du Port normand du Havre à bord de 2 navires, le « Géographe » et le « Naturaliste ».

 

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Le « Géographe » et le « Naturaliste »

 

Le voyage va durer plus de 3 ans. Il sera des plus meurtriers : le scorbut, la dysenterie, la fatigue et les privations déciment l’équipage à commencer par son commandant, Nicolas Baudin, qui meurt de tuberculose le 16 septembre 1803 sur le chemin du retour à l’Ile de France, aujourd’hui l’Ile Maurice.

 

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Le Port du Havre au XVIIIe siècle

 

Seuls 6 scientifiques vont finalement rentrer au port de Lorient le 21 mars 1804. La mission est cependant une éclatante réussite scientifique. Dans les cales des navires, une centaine d’animaux vivants, presque tous inconnus, une foule de quadrupèdes et d’oiseaux empaillés, des milliers d’échantillons de minéraux, douze cartons de notes, d’observations et de carnets de voyages, plus de 1500 esquisses et peintures et 70 grandes caisses contenant des dizaines de milliers de spécimens de plantes inconnues, parmi lesquels… les premiers Mimosas qui furent plantés dans le parc de la Malmaison, où ils fleurirent pour la première fois en 1811.

 

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Mimosa argenté

 

Jusqu’au XIXe siècle, on « la » nomma « mime » au féminin, tant sa sensibilité était grande !

Puis le masculin s'imposa pour définir cet arbrisseau odorant, duveteux, mais si fragile.

Pendant longtemps, le Mimosa ne quittera pas les serres et les orangeries où, bien abrité, il demeurait une  curiosité rare. Ce n’est que sous le Second Empire (1852-1870) qu’on va le cultiver en pleine terre sur les côtes de Provence où il s’épanouit depuis, de décembre à mars.

  

 

Biblio. « Le mimosa, la douceur du bout du monde » de J. Brosse – Historia n°436

 

10/03/2012

La triste fin des coeurs de nos rois

Dès le XIIIe siècle, il est d’usage de prélever sur les dépouilles royales préalablement embaumées un ou plusieurs organes qui sont ensuite déposés en un lieu particulier ou autre communauté religieuse que le souverain défunt a lui-même désigné pour l’honorer. Ainsi, le coeur du Roi Henri IV, assassiné le 14 mai 1610, est remis, sur son ordre, au Collège Royal de la Flèche qu’il a fondé en 1603. Celui du roi Louis XIV, décédé le 1er septembre 1715 et inhumé à la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, a quant à lui été déposé à l’Eglise Saint-Louis Saint-Paul située dans la capitale, quartier du marais.  

 

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 Urne-Reliquaire

 

La chapelle Sainte-Anne de l’Eglise Royale de l’Abbaye du Val de Grâce à Paris conservait, dans un caveau spécial, les cœurs embaumés et enfermés dans une double enveloppe de plomb et de vermeil de pas moins de 36 princes et princesses de la famille royale de France. 

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Abbaye du Val de Grâce – Gravure du XVIIIe siècle

 

Lors de la profanation de cette chapelle en 1793, alors qu’on venait de guillotiner le roi Louis XVI, Louis François Petit-Radel (1739-1818), architecte et dessinateur, est chargé par le Comité de Salut Public de récupérer l’ensemble de ces reliquaires, de les envoyer à la fonte à l’Hôtel des monnaies après avoir jeté aux quatre vents les restes royaux. Ce qu’il ne fait qu’en partie, connaissant la valeur pour des peintres du contenu des ces urnes.

En effet, macérés dans l’alcool puis broyés avec certaines huiles, ces viscères momifiés se transforment en une matière première indispensable et réputée, très rare et hors de prix, la « mumie » qui donne aux toiles, après mélange à de la couleur, un glacis incomparable.

La véritable « mumie », faite de matières organiques macérées dans des aromates et de l’alcool, provient habituellement d’Orient, mais la guerre empêchant les peintres de se la procurer, Petit-Radel subtilise plusieurs de ces urnes et les propose à ses amis peintres Martin Drolling et Alexandre Pau de Saint-Martin. Ce dernier achète les cœurs de Louis XIII et de Louis XIV. Il ne va utiliser qu’une partie du cœur du Roi-Soleil sur une de ses toiles « Vue de Caen », aujourd’hui propriété du Musée Tavet Delacour de Pontoise. Il rendra les restes au roi Louis XVIII (1755-1824) qui le « dédommagera » d’ailleurs d’une tabatière en or.  

 

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 L’intérieur d’une cuisine – M. Drolling - 1815

 

Martin Drolling, quant à lui, s’était rendu acquéreur d’une douzaine de cœurs. Ce spécialiste du clair-obscur les utilisera en totalité. On sait que l’une de ses toiles, « L’intérieur d’une cuisine », a ainsi « bénéficié » du cœur du Régent, Philippe d’Orléans (1674-1723).

 

 

Biblio. « Le grand quiz des histoires de France » - L. Boyer et C. Portier-Kaltenbach – Ed Lattès 2011.

Merci aux pages Wikipedia sur le sujet.