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06/06/2012

Les plages du débarquement

Sword Beach, Juno Beach, Gold Beach, Omaha Beach et Utah Beach : cinq noms de code pour cinq plages de Normandie situées sur plus d’une cinquantaine de kilomètres entre l’estuaire de l’Orne et la côte est du Cotentin. Cinq noms qui, ce jour du 6 juin 1944, sont synonymes d’enfer !  

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1213 bateaux de guerre, 736 navires de soutien, 864 cargos, 4000 barges de débarquement et 156 000 hommes soutenus par 12 000 avirons et 5 000 tonnes de bombes s’apprêtent à traverser la Manche et à débarquer sur nos côtes normandes.

Dès zéro heure cinq, les alliés bombardent les positions ennemies entre Le Havre et Cherbourg. 15 minutes plus tard, 13 000 parachutistes, chargés notamment de la destruction des voies ferrées en liaison avec la Résistance, sont largués sur les sites à investir. A 6 heures précises débute le bombardement naval. Enfin, à l’heure prévue, l’heure « H », l’heure du débarquement, à 6h30 précises,les américains débarquent sur Omaha Beach et d’Utah Beach, suivis à « H+1 » des canadiens sur Juno Beach et des britanniques sur Sword et à Gold Beach.

Le mauvais temps, la résistance allemande : on prévoyait la journée difficile, elle sera terrible.  

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Au soir de ce « jour le plus long », si environ 156 000 soldats alliés ont pris pied sur le sol normand,  plus de 3 000 d’entre-eux y ont laissé leur vie.

Pour les autres, commence alors la bataille de Normandie, l’une des plus grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale. Progressivement, les villes normandes de Bayeux, Cherbourg, Le Mans, Alençon et Rouen vont être libérées. Enfin, c’est au tour du Havre, le 12 septembre 1944. Libres, oui, mais à quel prix ! Après ces 100 jours de conflit, on dénombre 37 000 militaires tués du côté allié, 50 000 du côté allemand et plus de 13 000 victimes civiles dans les seuls départements bas-normands !  

 

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 La ville de Falaise au lendemain de sa libération

 

Des villes comme Caen, bombardée durant 72 jours, Saint-Lô ou Le Havre sont transformées en véritables champs de ruines et de nombreux villages sont rasés. Autant de familles brisées, d'orphelins et de gens sans-abri...

 

 

Biblio. « La Normandie, du Mont-Saint-Michel à la Seine » de A. Guérin – Ed. Ouest-France 2012

Merci aux sites http://secondeguerre.net, http://www.normandie44lamemoire.com et http://www.crhq.cnrs.fr/1944/Basse-Normandie.php et aux pages Wikipédia sur le sujet.

23/05/2012

Le paléophone, ancêtre du phonographe

Son nom nous est connu aujourd’hui par l’académie à laquelle il a donné son nom, l’Académie Charles Cros, qui décerne chaque année ses Grands Prix du disque récompensant des œuvres musicales enregistrées originales de qualité.

Mais saviez-vous que ce poète et savant décrivit le premier, avant Edison, le principe du phonographe ?

Charles Hortensius Emile Cros est né à Fabrezan dans le département de l’Aude, le 1er octobre 1842. Il est ce qu’on appelle un enfant prodige. Autodidacte, curieux de tout, il obtient son Baccalauréat à 14 ans. Passionné de musique, de littérature, de poésie, de mathématiques et de sciences, il exerce quelques mois comme professeur de chimie avant de se consacrer pleinement à la recherche scientifique. 

 

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Charles Cros (1842-1888)

 

En 1867, il présente un prototype de télégraphe automatique. Deux ans plus tard, il met au point un procédé de photographie en couleurs qui est à l’origine du procédé actuel de trichromie.

Et le 30 avril 1877, l’Académie des Sciences enregistre son rapport intitulé «  Procédé d’enregistrement et de reproduction des phénomènes perçus par l’ouie ». Suivant les mots mêmes de l’inventeur, ce procédé consiste « à obtenir le tracé du va-et-vient d’une membrane vibrante et à se servir de ce tracé pour reproduire le même va-et-vient. »

Cros propose d’appeler sa découverte le « Paléophone », du grec « Palaios », ancien, et « phonè » la voix, c’est-à-dire « la voie du passé ».

Avant lui, Edouard Léon Scott de Martinville (1817-1879) avait mis au point le « phonautographe » avec lequel il avait réalisé sur papier le 9 avril 1860 le premier enregistrement audible d’une voix humaine. 

 

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 Le phonautographe de Scott de Martinville

 

Le 10 octobre 1877 parait dans « La semaine du clergé » un article consacré à l’invention de Charles Cros. C’est son auteur qui propose d’appeler l’invention présentée « le phonographe ».

Début décembre, le savant français apprend qu’outre-atlantique, un américain du nom de Thomas Alva Edison (1847-1931) fait des recherches semblables aux siennes. Sans plus attendre, il demande à l’Académie de prendre officiellement connaissance de son rapport, ce qu’elle n’avait pas encore fait et qu’elle fait donc le 8 décembre.  

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 Thomas Edison en 1878

 

Hélas, deux jours plus tôt, le 6 décembre, Edison a, à l’aide de son appareil baptisé le « phonographe », mot dérivé du grec ancien « phoné », la voix et « graphein »,  écrire, enregistré sa propre voix. Le brevet qu’il dépose le 19 décembre 1877 sera agréé par le Patent Office de Washington le 19 février suivant.

 

Charles Cros revendiquera sans succès la priorité de l’invention du phonographe. Il s’est éteint à Paris le 9 août 1888 laissant derrière lui un œuvre poétique de qualité qui n’aura pourtant pas su non plus émouvoir ses contemporains :  

« J’ai tout touché : le feu, les femmes et les pommes ;

J’ai tout senti : l’hiver, le printemps et l’été ;

J’ai tout trouvé, nul mur ne m’ayant arrêté.

Mais chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ? »

Charles Cros

 

Biblio ; « Le calendrier de l’histoire » d’A.Castelot – Lib. Académique Perrin - 1970

Merci au site www.universalis.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

16/05/2012

Ça s’est passé un 16 mai...

... Le 16 mai 1364, en Normandie, à Cocherel, petit village situé à moins de 10 km de Vernon dans le département de l’Eure. Nous sommes au cœur de la guerre de Cent Ans (1337-1453) durant laquelle s’affrontent sur le sol français deux dynasties, les Plantagenêts et la Maison capétienne de Valois.   

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 Bertrand du Guesclin, en luminure XVe siècle (détail)

 

Ce jour-là, l’armée du roi de France Charles V (1338-1380), commandée par le Connétable Bertrand du Guesclin (1320-1380) affronte celle de Charles II de Navarre (1332-1387), dit Charles le Mauvais, roi de Navarre et comte d’Evreux.  

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La bataille de Cocherel selon une enluminure du XVème siècle

 

Le « Mauvais » a délégué son commandement au captal de Buch, Jean de Grailly (1330-1376). Dès le matin du 14 mai 1364, ses troupes, composées d’environ 6 000 hommes (Normands, Gascons et Anglais) formant trois bataillons, ont pris position sur une hauteur. Ils sont persuadés que les français, agiront comme toujours, c’est-à-dire qu’ils vont se ruer en chevaliers intrépides et maladroits, sur les lignes des archers aux carquois pleins de flèches de frêne !

C’était sans compter sur le stratège de Du Guesclin, petit noble breton doté d’un courage et d’une bravoure hors du commun. Parti le 11 mai de Rouen avec une troupe de taille équivalente à celle de son ennemi, il va tout d’abord, afin de simuler une armée plus importante, faire placer de nombreux étendards supplémentaires.  Ensuite, il prend soin de faire raccourcir les lances de ses chevaliers afin que, descendus de leur monture, ils puissent s’en servir au combat à pied. Puis, il attend deux jours et fait tout simplement semblant de partir.  Au son des trompettes, à la tête de son propre bataillon, il commence à se retirer. Bien entendu, ses deux autres bataillons restent face aux Anglo-Navarrais.

Les hommes du Captal de Buch, impatients d’en découdre, vont rompre leurs lignes et se mettent à leur poursuite. Ils dévalent à toute allure la colline où ils étaient postés quand du Guesclin fait faire volte-face à ses hommes. En peu de temps, les troupes du Mauvais sont submergées par les trois bataillons français qui, grâce à leurs lances courtes, font plier facilement les archers anglais, lesquels, avec leurs flèches, sont impuissants dans le combat rapproché. 

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Jean de Grailly (à droite) se rend à Du Guesclin lors de la bataille de Cocherel

 

 

Au soir de la bataille, Jean de Grailly rend son épée à du Guesclin : Charles le Mauvais est vaincu !  

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 Monument commémoratif dédié à Bertrand du Guesclin et situé à Cocherel

 

 

Biblio : L’histoire de France de J-J Julaud Ed . First-Gründ Paris 2006

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet