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23/05/2012

Le paléophone, ancêtre du phonographe

Son nom nous est connu aujourd’hui par l’académie à laquelle il a donné son nom, l’Académie Charles Cros, qui décerne chaque année ses Grands Prix du disque récompensant des œuvres musicales enregistrées originales de qualité.

Mais saviez-vous que ce poète et savant décrivit le premier, avant Edison, le principe du phonographe ?

Charles Hortensius Emile Cros est né à Fabrezan dans le département de l’Aude, le 1er octobre 1842. Il est ce qu’on appelle un enfant prodige. Autodidacte, curieux de tout, il obtient son Baccalauréat à 14 ans. Passionné de musique, de littérature, de poésie, de mathématiques et de sciences, il exerce quelques mois comme professeur de chimie avant de se consacrer pleinement à la recherche scientifique. 

 

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Charles Cros (1842-1888)

 

En 1867, il présente un prototype de télégraphe automatique. Deux ans plus tard, il met au point un procédé de photographie en couleurs qui est à l’origine du procédé actuel de trichromie.

Et le 30 avril 1877, l’Académie des Sciences enregistre son rapport intitulé «  Procédé d’enregistrement et de reproduction des phénomènes perçus par l’ouie ». Suivant les mots mêmes de l’inventeur, ce procédé consiste « à obtenir le tracé du va-et-vient d’une membrane vibrante et à se servir de ce tracé pour reproduire le même va-et-vient. »

Cros propose d’appeler sa découverte le « Paléophone », du grec « Palaios », ancien, et « phonè » la voix, c’est-à-dire « la voie du passé ».

Avant lui, Edouard Léon Scott de Martinville (1817-1879) avait mis au point le « phonautographe » avec lequel il avait réalisé sur papier le 9 avril 1860 le premier enregistrement audible d’une voix humaine. 

 

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 Le phonautographe de Scott de Martinville

 

Le 10 octobre 1877 parait dans « La semaine du clergé » un article consacré à l’invention de Charles Cros. C’est son auteur qui propose d’appeler l’invention présentée « le phonographe ».

Début décembre, le savant français apprend qu’outre-atlantique, un américain du nom de Thomas Alva Edison (1847-1931) fait des recherches semblables aux siennes. Sans plus attendre, il demande à l’Académie de prendre officiellement connaissance de son rapport, ce qu’elle n’avait pas encore fait et qu’elle fait donc le 8 décembre.  

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 Thomas Edison en 1878

 

Hélas, deux jours plus tôt, le 6 décembre, Edison a, à l’aide de son appareil baptisé le « phonographe », mot dérivé du grec ancien « phoné », la voix et « graphein »,  écrire, enregistré sa propre voix. Le brevet qu’il dépose le 19 décembre 1877 sera agréé par le Patent Office de Washington le 19 février suivant.

 

Charles Cros revendiquera sans succès la priorité de l’invention du phonographe. Il s’est éteint à Paris le 9 août 1888 laissant derrière lui un œuvre poétique de qualité qui n’aura pourtant pas su non plus émouvoir ses contemporains :  

« J’ai tout touché : le feu, les femmes et les pommes ;

J’ai tout senti : l’hiver, le printemps et l’été ;

J’ai tout trouvé, nul mur ne m’ayant arrêté.

Mais chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ? »

Charles Cros

 

Biblio ; « Le calendrier de l’histoire » d’A.Castelot – Lib. Académique Perrin - 1970

Merci au site www.universalis.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

16/05/2012

Ça s’est passé un 16 mai...

... Le 16 mai 1364, en Normandie, à Cocherel, petit village situé à moins de 10 km de Vernon dans le département de l’Eure. Nous sommes au cœur de la guerre de Cent Ans (1337-1453) durant laquelle s’affrontent sur le sol français deux dynasties, les Plantagenêts et la Maison capétienne de Valois.   

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 Bertrand du Guesclin, en luminure XVe siècle (détail)

 

Ce jour-là, l’armée du roi de France Charles V (1338-1380), commandée par le Connétable Bertrand du Guesclin (1320-1380) affronte celle de Charles II de Navarre (1332-1387), dit Charles le Mauvais, roi de Navarre et comte d’Evreux.  

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La bataille de Cocherel selon une enluminure du XVème siècle

 

Le « Mauvais » a délégué son commandement au captal de Buch, Jean de Grailly (1330-1376). Dès le matin du 14 mai 1364, ses troupes, composées d’environ 6 000 hommes (Normands, Gascons et Anglais) formant trois bataillons, ont pris position sur une hauteur. Ils sont persuadés que les français, agiront comme toujours, c’est-à-dire qu’ils vont se ruer en chevaliers intrépides et maladroits, sur les lignes des archers aux carquois pleins de flèches de frêne !

C’était sans compter sur le stratège de Du Guesclin, petit noble breton doté d’un courage et d’une bravoure hors du commun. Parti le 11 mai de Rouen avec une troupe de taille équivalente à celle de son ennemi, il va tout d’abord, afin de simuler une armée plus importante, faire placer de nombreux étendards supplémentaires.  Ensuite, il prend soin de faire raccourcir les lances de ses chevaliers afin que, descendus de leur monture, ils puissent s’en servir au combat à pied. Puis, il attend deux jours et fait tout simplement semblant de partir.  Au son des trompettes, à la tête de son propre bataillon, il commence à se retirer. Bien entendu, ses deux autres bataillons restent face aux Anglo-Navarrais.

Les hommes du Captal de Buch, impatients d’en découdre, vont rompre leurs lignes et se mettent à leur poursuite. Ils dévalent à toute allure la colline où ils étaient postés quand du Guesclin fait faire volte-face à ses hommes. En peu de temps, les troupes du Mauvais sont submergées par les trois bataillons français qui, grâce à leurs lances courtes, font plier facilement les archers anglais, lesquels, avec leurs flèches, sont impuissants dans le combat rapproché. 

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Jean de Grailly (à droite) se rend à Du Guesclin lors de la bataille de Cocherel

 

 

Au soir de la bataille, Jean de Grailly rend son épée à du Guesclin : Charles le Mauvais est vaincu !  

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 Monument commémoratif dédié à Bertrand du Guesclin et situé à Cocherel

 

 

Biblio : L’histoire de France de J-J Julaud Ed . First-Gründ Paris 2006

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet

21/04/2012

Le "candidat perpétuel" ou l'histoire d'un original qui repose en Normandie

En cette veille d’élections présidentielles, une petite devinette : savez-vous à qui l’on doit le garde-fou des 500 signatures d’élus instauré par le Général de Gaulle préalablement à tout dépôt de candidature à l’élection suprême ? Et bien, c’est à un fantaisiste, Ferdinand Lop, qui, dès 1946, avait annoncé sa « candidature perpétuelle » aux élections législatives et présidentielles avec le slogan « Tout pour le front lopulaire ». Marseillais d’origine, où il était né le 10 octobre 1891, c’est  chez nous, en Normandie, qu’il repose, au cimetière de Saint-Sébastien de Morsent, petite citée située dans l’arrondissement d’Evreux et dans le département de l’Eure.

 

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Ferdinand Lop (1891-1974)

 

Ferdinand Lop, c’était un  petit homme sec aux lunettes rondes et à la mine distinguée. Agrégé d’histoire, enseignant,  journaliste, dessinateur de talent, poète et auteur d’ouvrages très sérieux, ce « licencié ès canulars » avait commencé sérieusement une carrière de fonctionnaire au palais Bourbon en qualité de secrétaire d'un député de la Meuse. Mais son goût immodéré pour les mauvaises blagues et surtout son caractère imprévisible lui vaut d’être rapidement limogé de ses fonctions. Il prend alors dans la Capitale la direction d’une petite maison d’édition et se met à fréquenter assidûment le quartier latin où il est accueilli à bras ouverts par des étudiants toujours à la recherche de plaisanteries loufoques. Comme durant toute l’occupation, il se moque, au risque de sa vie, autant des allemands que du régime de Vichy, le farfelu qu’il est devient après la Libération la coqueluche d’une rive gauche qui le suit sans retenue dans ses délires. Entre « lopistes » et « anti-Lop », Ferdinand Lop trouve là un public à sa mesure ! Dès lors, il va se présenter systématiquement à toutes les élections, avec un programme qui « reste vague de peur de se le faire voler » mais où l’on trouve pêle-mêle  la suppression des wagons de queue dans le métro, l’extinction du paupérisme à partir de 10 heures du soir et la construction d’un pont de 300 mètres de large pour abriter les clochards ! Il demande aussi l’octroi d’une pension à la femme du soldat inconnu et clame à qui veut l’entendre « Le char de l’Etat a besoin de la roue d’un Lop ! »

 

Eternel malchanceux, celui qui se rêvait Chef de l’Etat se présentera en vain 18 fois à l’Académie française. Il se rendra aussi à Londres pour épouser la princesse Margaret, ce qui lui vaut d’être arrêté manu-militari par la police de sa très gracieuse majesté.

 

Sur la fin de sa vie, un peu passé de mode, pour améliorer ses maigres ressources, il se met à vendre ses livres et ses propres brochures aux terrasses des cafés.

 

 

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 L'église de Saint-Sébastien de Morsent (Eure)

 

Il s’est éteint dans la campagne euroise où il s’était retiré,  le 29 octobre 1974 à l’âge de 83 ans.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et au site laprovence.com.