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23/06/2012

Ça s’est passé un 23 juin…

… le 23 juin 1894 : ce jour-là est fondé, dans l’amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, le Comité International Olympique (CIO).  

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 Premier Comité Olympique réuni en 1894 (Coubertin est le deuxième en partant de la gauche)

 

Ce projet, c’est celui d’un jeune aristocrate, Pierre de Fredy, baron de Coubertin. Né à Paris le 1er janvier 1863, c’est chez nous, en Normandie, que Pierre de Coubertin a passé sa jeunesse, au château familial de Mirville, propriété appartenant à la famille de sa mère, Marie-Marcelle Gigault de Crisenoy, et située près de Bolbec dans la région havraise. Amateur de sport, le jeune homme pratique l’équitation, la natation, l’aviron, le tennis et le cyclisme. 

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Le Château de Mirville en Normandie

 

A 20 ans, fasciné par les jeux antiques, il part vérifier les écrits d’Hyppolyte Taine (1828-1893) sur la place privilégiée accordée à l’exercice physique dans le système éducatif d’Outre-Manche. A son retour, il décide de se consacrer au développement de l’enseignement de l’exercice physique dans les écoles françaises. En 1891, il prend la direction de l’Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques (U.S.F.S.A.), l’ancêtre de nos fédérations sportives. 

 

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 Pierre de Coubertin (1863-1937)

 

Pour populariser le sport, il sait qu’il faut l’internationaliser et donc restaurer l’Olympisme. Quelques tentatives en ce sens ont bien déjà été menées mais ce qui va faire la différence cette fois, c’est l’esprit de modernité dans lequel le baron va inscrire son action. Il profite de la célébration du cinquième anniversaire de l’U.S.F.S.A., le 25 novembre 1892, pour dévoiler à l’assistance particulièrement nombreuse réunie dans l’amphithéâtre de la Sorbonne son souhait  «  que la renaissance de l’athlétisme dans le monde ait pour conclusion nécessaire le rétablissement des jeux Olympiques. »

 

Si une première pierre est bien posée ce jour-là, beaucoup de travail reste à faire. Le baron, qui est un homme obstiné, le sait bien. Deux ans plus tard, le 16 juin 1894, il organise au même endroit un Congrès International d’éducation physique qu’il baptise le jour de l’ouverture « Congrès pour le rétablissement des jeux Olympiques ». Clou du spectacle, dans l’amphithéâtre, une soliste de l’Opéra de Paris accompagnée de chœurs et de harpes,  entame « l’hymne à Apollon » dont on venait de retrouver le texte à Delphes. Cette fois, c’est gagné ! Le 23 juin, jour de la clôture du congrès, la proposition de Coubertin est adoptée à l’unanimité par les 2 000 représentants des 12 délégations française et étrangères.

 

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Jeux Olympiques d'Athènes de 1896

 

Un Comité International, qui deviendra plus tard le C.I.O., autorité suprême du mouvement olympique, est aussitôt constitué. Coubertin en assure le secrétariat général. Il n'en prendra la présidence qu'à partir de 1896 et jusqu’en 1925.

Les premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne auront lieu à Athènes en 1896. Ils  rassembleront 241 athlètes de 14 nations différentes.

 

Biblio : « Jeux Olympiques – La flamme de l’exploit » de F. Hache – découverte Gallimard 1992 - Merci aux pages Wikipédia sur le sujet

 

10/06/2012

Des députés « p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non ! »

En 1951, dans un contexte de crise politique, à la veille des élections législatives, le chef du gouvernement de la France présidée alors par Monsieur Vincent Auriol (1947-1954), Monsieur Henri Queuille  (1884-1970) fait voter la « loi des apparentements » destinée à freiner l’essor du R.P.F., le Rassemblement du peuple Français, mouvement politique du Général De Gaulle, et à réduire l’influence des communistes.  

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 Henri Queuille en 1929

 

Le principe de cette loi, bâtie sans doute possible par des « forts en maths et autres virtuoses de la règle à calcul », est d’introduire dans le mode de scrutin en vigueur, celui de la représentation proportionnelle plurinominale, une dose de « majoritaire » en permettant aux différentes listes de passer des accords entre elles « avant » les élections, donc de « s’apparenter ». Comme chacune des listes électorales doit comporter autant de candidats qu’il y a de sièges à pourvoir dans le département, si l’addition des voix obtenues par ces listes apparentées est égale ou supérieure à 50% des suffrages exprimés, elles obtiennent la totalité des sièges à pourvoir dans la circonscription.

Dans le cas contraire, les sièges sont répartis entre les différentes listes selon la méthode de la plus forte moyenne. Pour cela, on définit le quotient électoral (nombre de votants divisé par le nombre de sièges à pourvoir), puis on attribue fictivement le ou les sièges à pourvoir à chaque liste. Enfin, on divise le nombre de voix obtenues par le nombre de sièges obtenu plus 1.  

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Le 17 juin 1951, à la clôture des scrutins, dans chaque bureau de vote du département de la Seine-Inférieure, comme partout ailleurs sur le territoire français, c’est l’émoi ! On compte, on additionne, on multiplie, on divise, on recommence, on soustrait, … Tout le monde s’en mêle : les élus, les secrétaires de mairie, les représentants des candidats… C'est que "l'art est difficile" d'autant qu'on ne dispose pas de calculette électronique et que le résultat doit être à la hauteur de l'enjeu ! Enfin, aux douze coups de minuit, dans ses locaux de Rouen, le Préfet est en mesure de présenter la liste de la demi-douzaine de députés, « pas tous de la même couleur mais avec cependant un air de parenté »,  résultat d'un véritable "ragoût électoral" arrangé "tant bien que mal" à la mode de "cheu nous".  

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Ancienne urne électorale en bois

 

Mais voilà, trois parlementaires malheureux vont dénoncer un savoir-faire des plus aléatoires dans le compte des bulletins de vote et la répartition des suffrages dont ils n’entendent pas faire les frais ! Et c’est pourquoi, pendant deux bons mois, notre bonne ville de Rouen a eu des parlementaires « p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non », des députés qui ne savaient pas s’ils étaient élus ou pas, et qui ont dû attendre pour en être certains que la Chambre règle définitivement la question en refaisant scrupuleusement les comptes !

 

 

Biblio. et image centrale : « Deux mille ans d’histoire à la Rouennaise » de P. Mansire – Ed ; Maugard-Rouen 1954.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

06/06/2012

Les plages du débarquement

Sword Beach, Juno Beach, Gold Beach, Omaha Beach et Utah Beach : cinq noms de code pour cinq plages de Normandie situées sur plus d’une cinquantaine de kilomètres entre l’estuaire de l’Orne et la côte est du Cotentin. Cinq noms qui, ce jour du 6 juin 1944, sont synonymes d’enfer !  

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1213 bateaux de guerre, 736 navires de soutien, 864 cargos, 4000 barges de débarquement et 156 000 hommes soutenus par 12 000 avirons et 5 000 tonnes de bombes s’apprêtent à traverser la Manche et à débarquer sur nos côtes normandes.

Dès zéro heure cinq, les alliés bombardent les positions ennemies entre Le Havre et Cherbourg. 15 minutes plus tard, 13 000 parachutistes, chargés notamment de la destruction des voies ferrées en liaison avec la Résistance, sont largués sur les sites à investir. A 6 heures précises débute le bombardement naval. Enfin, à l’heure prévue, l’heure « H », l’heure du débarquement, à 6h30 précises,les américains débarquent sur Omaha Beach et d’Utah Beach, suivis à « H+1 » des canadiens sur Juno Beach et des britanniques sur Sword et à Gold Beach.

Le mauvais temps, la résistance allemande : on prévoyait la journée difficile, elle sera terrible.  

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Au soir de ce « jour le plus long », si environ 156 000 soldats alliés ont pris pied sur le sol normand,  plus de 3 000 d’entre-eux y ont laissé leur vie.

Pour les autres, commence alors la bataille de Normandie, l’une des plus grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale. Progressivement, les villes normandes de Bayeux, Cherbourg, Le Mans, Alençon et Rouen vont être libérées. Enfin, c’est au tour du Havre, le 12 septembre 1944. Libres, oui, mais à quel prix ! Après ces 100 jours de conflit, on dénombre 37 000 militaires tués du côté allié, 50 000 du côté allemand et plus de 13 000 victimes civiles dans les seuls départements bas-normands !  

 

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 La ville de Falaise au lendemain de sa libération

 

Des villes comme Caen, bombardée durant 72 jours, Saint-Lô ou Le Havre sont transformées en véritables champs de ruines et de nombreux villages sont rasés. Autant de familles brisées, d'orphelins et de gens sans-abri...

 

 

Biblio. « La Normandie, du Mont-Saint-Michel à la Seine » de A. Guérin – Ed. Ouest-France 2012

Merci aux sites http://secondeguerre.net, http://www.normandie44lamemoire.com et http://www.crhq.cnrs.fr/1944/Basse-Normandie.php et aux pages Wikipédia sur le sujet.