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18/07/2012

Colleville-sur-Mer, haut lieu de mémoire

Savez-vous quel est le site normand aujourd’hui le plus visité ? Devançant la basilique de Lisieux (1 200 000 visiteurs) et l’abbaye du Mont-Saint-Michel (1 000 000 de visiteurs), il s’agit du cimetière militaire américain de Colleville qui, en 2011, a accueilli  1 300 000 visiteurs*.

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Ce cimetière, l’un des 14 cimetières américains de la seconde guerre construits en terre étrangère, est le plus important en terre normande. Il se situe sur la petite commune de Colleville-sur-Mer, dans le département du Calvados, et est installé au sommet de la falaise dominant la place d’Omaha Beach dite la Sanglante, l’une des plages du débarquement allié du 6 juin 1944 qui fut le théâtre de la plus grande opération amphibie de débarquement de troupes de l’histoire. Il s’étend sur 70 hectares et a nécessité 4 ans de travaux.

Inauguré le 18 juillet 1956, il abrite les corps de 9386 soldats américains morts pendant la bataille de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale, dont 307 inconnus et 4 femmes, ainsi qu’une liste de 1557 noms de soldats disparus. Tous sont tombés durant le débarquement ou lors des combats des semaines qui ont suivi, comme le Général Théodore Roosevelt Junior (1887-12 juillet 1944), fils aîné du Président des Etats-Unis.  Deux des quatre frères Niland, Preston et Robert y sont enterrés côte à côte. Leur histoire a inspiré au réalisateur Steven Spielberg son film « Il faut sauver le soldat Ryan » (1998). 

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A noter que les dépouilles d’environ 14 000 soldats initialement inhumés dans la région ont été rapatriées aux Etats-Unis à la demande de leurs familles.

Conçu de telle sorte que, de n’importe quel angle, le visiteur voit une rangée de croix, le cimetière de Colleville regroupe dix carrés de tombes dotées de stèles de marbre blanc. Au centre, le Mémorial se compose d’une colonnade formant un demi-cercle entourant une statue en bronze de 7 mètres de haut.  

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Parmi les nombreux visiteurs de ce lieu de mémoire, il faut citer les présidents américains en exercice dont le dernier, Barack Obama, venu se recueillir le 6 juin 2009 à l’occasion du 65ème anniversaire du débarquement.

 

* Miscellanées de Normandie – A. Gérard – C.L.C. Editions – 2011.

Merci au site www.lesfleursdelamemoire.com, http://normandie44 et aux pages Wikipédia sur le sujet.

23/06/2012

Ça s’est passé un 23 juin…

… le 23 juin 1894 : ce jour-là est fondé, dans l’amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, le Comité International Olympique (CIO).  

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 Premier Comité Olympique réuni en 1894 (Coubertin est le deuxième en partant de la gauche)

 

Ce projet, c’est celui d’un jeune aristocrate, Pierre de Fredy, baron de Coubertin. Né à Paris le 1er janvier 1863, c’est chez nous, en Normandie, que Pierre de Coubertin a passé sa jeunesse, au château familial de Mirville, propriété appartenant à la famille de sa mère, Marie-Marcelle Gigault de Crisenoy, et située près de Bolbec dans la région havraise. Amateur de sport, le jeune homme pratique l’équitation, la natation, l’aviron, le tennis et le cyclisme. 

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Le Château de Mirville en Normandie

 

A 20 ans, fasciné par les jeux antiques, il part vérifier les écrits d’Hyppolyte Taine (1828-1893) sur la place privilégiée accordée à l’exercice physique dans le système éducatif d’Outre-Manche. A son retour, il décide de se consacrer au développement de l’enseignement de l’exercice physique dans les écoles françaises. En 1891, il prend la direction de l’Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques (U.S.F.S.A.), l’ancêtre de nos fédérations sportives. 

 

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 Pierre de Coubertin (1863-1937)

 

Pour populariser le sport, il sait qu’il faut l’internationaliser et donc restaurer l’Olympisme. Quelques tentatives en ce sens ont bien déjà été menées mais ce qui va faire la différence cette fois, c’est l’esprit de modernité dans lequel le baron va inscrire son action. Il profite de la célébration du cinquième anniversaire de l’U.S.F.S.A., le 25 novembre 1892, pour dévoiler à l’assistance particulièrement nombreuse réunie dans l’amphithéâtre de la Sorbonne son souhait  «  que la renaissance de l’athlétisme dans le monde ait pour conclusion nécessaire le rétablissement des jeux Olympiques. »

 

Si une première pierre est bien posée ce jour-là, beaucoup de travail reste à faire. Le baron, qui est un homme obstiné, le sait bien. Deux ans plus tard, le 16 juin 1894, il organise au même endroit un Congrès International d’éducation physique qu’il baptise le jour de l’ouverture « Congrès pour le rétablissement des jeux Olympiques ». Clou du spectacle, dans l’amphithéâtre, une soliste de l’Opéra de Paris accompagnée de chœurs et de harpes,  entame « l’hymne à Apollon » dont on venait de retrouver le texte à Delphes. Cette fois, c’est gagné ! Le 23 juin, jour de la clôture du congrès, la proposition de Coubertin est adoptée à l’unanimité par les 2 000 représentants des 12 délégations française et étrangères.

 

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Jeux Olympiques d'Athènes de 1896

 

Un Comité International, qui deviendra plus tard le C.I.O., autorité suprême du mouvement olympique, est aussitôt constitué. Coubertin en assure le secrétariat général. Il n'en prendra la présidence qu'à partir de 1896 et jusqu’en 1925.

Les premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne auront lieu à Athènes en 1896. Ils  rassembleront 241 athlètes de 14 nations différentes.

 

Biblio : « Jeux Olympiques – La flamme de l’exploit » de F. Hache – découverte Gallimard 1992 - Merci aux pages Wikipédia sur le sujet

 

10/06/2012

Des députés « p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non ! »

En 1951, dans un contexte de crise politique, à la veille des élections législatives, le chef du gouvernement de la France présidée alors par Monsieur Vincent Auriol (1947-1954), Monsieur Henri Queuille  (1884-1970) fait voter la « loi des apparentements » destinée à freiner l’essor du R.P.F., le Rassemblement du peuple Français, mouvement politique du Général De Gaulle, et à réduire l’influence des communistes.  

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 Henri Queuille en 1929

 

Le principe de cette loi, bâtie sans doute possible par des « forts en maths et autres virtuoses de la règle à calcul », est d’introduire dans le mode de scrutin en vigueur, celui de la représentation proportionnelle plurinominale, une dose de « majoritaire » en permettant aux différentes listes de passer des accords entre elles « avant » les élections, donc de « s’apparenter ». Comme chacune des listes électorales doit comporter autant de candidats qu’il y a de sièges à pourvoir dans le département, si l’addition des voix obtenues par ces listes apparentées est égale ou supérieure à 50% des suffrages exprimés, elles obtiennent la totalité des sièges à pourvoir dans la circonscription.

Dans le cas contraire, les sièges sont répartis entre les différentes listes selon la méthode de la plus forte moyenne. Pour cela, on définit le quotient électoral (nombre de votants divisé par le nombre de sièges à pourvoir), puis on attribue fictivement le ou les sièges à pourvoir à chaque liste. Enfin, on divise le nombre de voix obtenues par le nombre de sièges obtenu plus 1.  

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Le 17 juin 1951, à la clôture des scrutins, dans chaque bureau de vote du département de la Seine-Inférieure, comme partout ailleurs sur le territoire français, c’est l’émoi ! On compte, on additionne, on multiplie, on divise, on recommence, on soustrait, … Tout le monde s’en mêle : les élus, les secrétaires de mairie, les représentants des candidats… C'est que "l'art est difficile" d'autant qu'on ne dispose pas de calculette électronique et que le résultat doit être à la hauteur de l'enjeu ! Enfin, aux douze coups de minuit, dans ses locaux de Rouen, le Préfet est en mesure de présenter la liste de la demi-douzaine de députés, « pas tous de la même couleur mais avec cependant un air de parenté »,  résultat d'un véritable "ragoût électoral" arrangé "tant bien que mal" à la mode de "cheu nous".  

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Ancienne urne électorale en bois

 

Mais voilà, trois parlementaires malheureux vont dénoncer un savoir-faire des plus aléatoires dans le compte des bulletins de vote et la répartition des suffrages dont ils n’entendent pas faire les frais ! Et c’est pourquoi, pendant deux bons mois, notre bonne ville de Rouen a eu des parlementaires « p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non », des députés qui ne savaient pas s’ils étaient élus ou pas, et qui ont dû attendre pour en être certains que la Chambre règle définitivement la question en refaisant scrupuleusement les comptes !

 

 

Biblio. et image centrale : « Deux mille ans d’histoire à la Rouennaise » de P. Mansire – Ed ; Maugard-Rouen 1954.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.