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03/02/2013

La descendance de Charlemagne

Au moins mathématiquement, neuf français sur dix descendraient de Charlemagne (né vers 742-814). Nombre de généalogistes amateurs ont d’ailleurs réussi à le vérifier.

48 générations nous séparent de la France de son époque qui ne comptait alors environ que 10 millions d’habitants. Pour ajouter un argument aux calculs savants des statisticiens, il faut se rappeler que ce fils de Pépin le Bref  eut, au total, pas moins de 17 enfants « officiels » !

 

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 Charlemagne et son fils Louis le Pieux

 

Faut dire que, d’après sa biographie, que l’on doit à Eginhard (770-840),  «  Il était fortement construit, robuste et de stature considérable, bien que non exceptionnelle, puisque sa hauteur était de sept fois la longueur de son pied (entre 1m84 et 1m90 alors que la moyenne des hommes de son temps état de 1m69)…. il jouissait d'une bonne santé…. Et…a obstinément fait ce qu'il voulait et a refusé d'écouter les médecins, en effet, il les détestait, parce qu'ils voulaient le convaincre d'arrêter de manger de la viande rôtie, comme à son habitude, et se contenter de viande bouillie.  »

L’aîné des enfants de Charlemagne, Pépin dit le Bossu (770-811) serait né d’Himiltrude, la fille d’un comte de Bourgogne, sa compagne du moment. A-t-elle été sa première épouse ? Rien n'est sûr.

Il aurait répudié vers l’an 770-771 son épouse officielle, Désirée, fille de Didier, roi de Lombardie, avec laquelle il n’a pas eu d’enfant.

D’Hildegarde de Vintzgau (758-783) qu’il épouse vers 772 alors qu’elle n’a que 13 ans, il aura 9 enfants, quatre fils et cinq filles  : Charles, Adélaïde, Rotrude, Pépin d’Italie, Louis Ier dit le Pieux (778-840), Lothaire, Berthe, Gisèle et Hildegarde.

Morte des suites de sa neuvième couche, il se remarie 5 mois plus tard avec Fastrade de Franconie (765-794), fille du Comte Rodolphe, une femme au caractère difficile, dont il aura 2 filles Théodrade et Hiltrude.

Sa dernière épouse, Luitgarde d’Alémanie (776-800), fille du comte d’Alsace, seulement âgée de 18 ans,  mourut sans lui donne de descendance.

 

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Le Couronnement de l'Empereur 

 

L’histoire n’a par ailleurs pas retenu le nom de toutes ses concubines, dont ont dit qu’elles étaient fort nombreuses…

Il y eut  Madelgarde, qui lui donna une fille, Rotilde, née en 784, Régina, dont il eut deux garçons Drogon (801) et Hugues (802), Adelinde, avec laquelle il eut un fils, Thierry (807) et Gerswinde de Saxe qui lui donna la dernière de ses enfants, une fille Adeltrude née en 814.

 

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

13/01/2013

Ce jour-là, 13 Janvier 1898...

... à la une de  «  l’Aurore »,  la lettre d’Emile Zola (1840-1902) au Président de la République Félix Faure (1841-1899). Le titre est sans équivoque,  un terrible et froid « J’accuse… !» C'est le véritable tournant de l’affaire Dreyfus, une affaire d’espionnage, dans un contexte de revanche contre l’Allemagne, qui va mettre en effervescence notre pays tout entier.   

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A l'automne 1894, le Capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935) est accusé d’avoir livré aux allemands des documents classés secrets. Après une enquête uniquement à charge, le militaire passe en conseil de guerre. Il est condamné à l’emprisonnement à perpétuité dans une enceinte fortifiée. Le 5 janvier 1895, dans la cour des Invalides, l’officier est dégradé, puis le 21, il est embarqué pour l’île du Diable, en Guyane française.  

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Alfred Dreyfus (1859-1935)

 

Aucun de ses proches, notamment son frère Mathieu et sa femme Lucie, ne croit en sa culpabilité. Ils vont donc se battre. Très vite, des détails troublants s'amoncèlent, des informations nouvelles s'accumulent, de graves irrégularités sont relevées dans l’instruction et le procès.

L’affaire devient nationale. Tout le monde s’interroge. Et si tout cela n’était qu’un coup monté ? Dreyfus, qui est juif, aurait-il été choisi par les antisémites pour discréditer toute la gauche ? On s’affronte, parfois même violemment. D'un côté les partisans de Dreyfus,  les "dreyfusards",  la gauche radicale et les socialistes, contre les anti-dreyfusards, la droite nationaliste soutenue par la presse catholique.

Au milieu de l’année 1895, le nouveau patron du Renseignement, le lieutenant-colonel Picquart, acquiert la conviction que le véritable coupable est en réalité  un commandant d’infanterie criblé de dettes, Ferdinand Esterhazy (1847-1923). En novembre 1896,  le journal « Le Matin » publie la preuve de sa culpabilité. Malgré cela, le 11 janvier 1898, le conseil de guerre l’acquitte.

Comme tout français, Emile Zola suit l’affaire. Il est convaincu de l’innocence de Dreyfus. Deux jours seulement après l’acquittement d’Esterhazy, il propose au tout nouveau journal « l’Aurore » une lettre ouverte au Président de la République dans laquelle il prend ouvertement position. C’est Georges Clemenceau (1841-1929), qui tient une rubrique dans ledit journal, qui trouve le titre choc : «  J’accuse ! »  

 

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 Première page du manuscrit d’Emile Zola

 

Les 300 000 exemplaires distribués le 13 janvier 1898 ont un retentissement immense.  Un mois plus tard, Zola, inculpé de diffamation publique, est condamné à un an de prison ferme. Il s’exile en Angleterre. Ses biens sont saisis et vendus aux enchères.

Le procès en réhabilitation du Capitaine Dreyfus se tient le 12 juillet 1906. A son issue, Dreyfus, décoré de la légion d’honneur, est  réintégré dans  l’armée avec le grade de Commandant.

 

Biblio. « L’histoire de France  en 2000 dates de Ph. Valode – Ed. Acropole 2011.

Historia Thématique – n°104 – Nov-Dec 2006

30/12/2012

Enfants, la vie entière pourrait être comparée à un voyage...

... où l'on rencontre sans cesse des difficultés nouvelles*.

Savez-vous qui est l’auteur du plus gros succès de littérature pédagogique de tous les temps ? Un best-seller publié pour la première fois en 1877, réédité des centaines de fois et encore de nos jours, qui s’est vendu à près de 9 millions d’exemplaires en 1913, qui a été étudié dans toutes les écoles de la République ?  

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Il s’agit du livre  « Le tour de la France par deux enfants » écrit par Augustine Tuillerie, une Mayennaise née à Laval le 31 juillet 1833, qui a signé son ouvrage sous le pseudonyme G. Bruno, nom du philosophe italien, Giordano Bruno (1548-1600) qui, accusé d’hérésie par l’Inquisition, a été brûlé vif sur un bûcher pour avoir défendu des thèses trop rationalistes pour son époque.   

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 G. Bruno (1833-1923)

 

« Le tour de la France par deux enfants » raconte l’histoire de deux orphelins, André et Julien, qui, à l’automne 1871, quittent clandestinement Phalsbourg en Lorraine annexée par les Prussiens pour se lancer à la recherche de leur oncle paternel. Pour le retrouver, ils font un long voyage,  traversant le pays tout entier. Au fur et à mesure des 121 chapitres du livre, ils découvrent leur patrie, sa géographie, ses monuments, son économie, son agriculture, les hommes qui l’habitent…

Destiné à l’apprentissage de la lecture du cours moyen des écoles de la IIIe République (1870-1940), il va être utilisé jusque dans les années 1950. Nos parents, nos grands-parents et arrière-grands-parents y ont appris à lire et en feuilletant ses pages aujourd’hui, on retrouve un peu de l’univers qui a été le leur. Chaque chapitre commence, comme la classe quotidienne, par une maxime, un précepte de conduite, et s'organise autour d'un thème  principal par lequel est présenté un territoire en détail. Le tout distille une morale patriotique et républicaine qui prône le travail, la famille, le sens du devoir, l’épargne et le respect de la justice et de l’ordre social.   

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 Escale en Normandie

 

Bien sûr, l’ouvrage subira des mises à jour comme dans l’édition 1905 où toute référence à  « Dieu » et à la religion est supprimée, y compris dans les expressions les plus courantes comme « Dieu merci ! » remplacée par le profane « heureusement ». Les garçons ne visitent plus Notre-Dame de Paris mais le Louvre et on ne parle plus ni de Saint-Vincent de Paul, ni de Fénelon, ni de Bossuet ! Politique oblige !

Après sa disparition des programmes scolaires, le public continuera à réclamer ce livre qui sera régulièrement réédité. La dernière et plus récente parution date de l’année 2012.

Quant à son auteur, femme du philosophe Alfred Fouillée elle s’est éteinte le 8 juillet 1923 à Menton.

 

 * Extrait du livre, chapitre X, La halte sous le sapin - Julien s'endort, André reprend courage.

 Biblio. « Le grand Bêtisier de l’Histoire de France «  d’Alain Dag’Naud – Larousse 2012.