Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/04/2013

Une âme, un nom, une histoire...

Elles ont pour nom  « Durandal », « Courtoise » ou « Joyeuse ». Armes des officiers, comme les lances sont celles des soldats, elles sont entrées dans l’arsenal français dès le haut Moyen-âge.

Symbole de pouvoir auquel on confère souvent une âme et on donne un nom, l’épée fait partie du rituel lors du sacre des rois de France et ce, depuis celui de Philippe Auguste en 1179.

« Durandal », « Courtoise » ou « Joyeuse » sont des épées uniques et prestigieuses, de celles qui ont une histoire...

 Epee Durandal.jpg

 

 Durandal à Rocamadour

 

« Durandal », c’est l’épée mythique du chevalier Roland (736-778). La légende raconte qu’alors qu’il est  blessé à mort à Roncevaux, il tente de la casser sur un rocher afin qu’elle ne tombe pas dans les mains de l'ennemi, les Sarrasins. Mais c’est le rocher qui se brise, ouvrant providentiellement une importante trouée naturelle, la « brèche de Roland ». Une autre version veut que le chevalier, après avoir appelé à l’aide l’archange Saint-Michel, ait lancé son épée vers la vallée. Elle a traversé miraculeusement plusieurs centaines de kilomètres avant d'aller se planter dans le rocher de Notre-Dame de Rocamadour, où on peut encore l’admirer aujourd’hui.  

Epee de Guillaume.jpg

 "Courtoise", l'épée de Guillaume II

 

Avec « Courtoise »,  Guillaume II, comte d’Angoulême de 929 à 956 aurait pourfendu d’un coup unique, le corps de Stonius, un chef viking pourtant armé d’une cuirasse. Cela  lui valut le surnom mérité de Taillefer !

Quant à « Joyeuse », l’épée de Charlemagne (742-814) dans la chanson de Roland, elle porte dans son pommeau la relique de la Sainte-Lance, celle qui aurait percé le flanc du Christ sur la croix :

 

« Nous avons fort à dire sur la lance

Dont Notre Seigneur fut blessé sur la croix.

Charles, grâce à Dieu, en a la pointe.

Il l’a fait enchâsser dans un pommeau d’or.

En raison de cet honneur et de cette grâce,

Le nom de Joyeuse fut donnée à l’épée.* »

 

Joyeuse.jpg

 

        "Joyeuse", l'épée de nos rois

 

« Joyeuse », c’est aussi le nom de l’épée utilisée lors du sacre des rois de France. Elle est aujourd’hui en sécurité au Musée du Louvre. Mais s’agit-il de l'épée de Charlemagne ? Elle semble avoir été fabriquée plus tardivement à partir d’éléments d’époques diverses…

 

 

* Extrait de La Chanson de Roland.

 

Biblio. Merci aux nombreuses pages Wikipédia sur le sujet.

 

06/03/2013

Ce jour-là, 6 mars 1980...

… Marguerite Yourcenar (1903-1987), est la première femme a être élue à l’Académie française, la première des 7 « immortelles » à siéger au temple fondé par Richelieu en 1635.   

marguerite yourcenar,académie française,première immortelle

6 mars 1980, Marguerite Yourcenar, première femme élue à l'Académie française

 

C’est dire que la présence des femmes à l'Académie française n'est qu'un événement récent ! Pendant  345 années, ces messieurs ont tenté d’expliquer leur absence en s'abritant derrière des raisons politiques, morales ou religieuses, pour cacher celle beaucoup moins avouable de simple misogynie.

Sous l'Ancien régime, les femmes ne peuvent entrer dans des assemblées élues que si le règlement l'y autorise. En 1760, Jean le Rond D'Alembert (1717-1783), mathématicien, philosophe et encyclopédiste français, académicien depuis 1754, célèbre pour avoir dirigé l’Encyclopédie avec Denis Diderot jusqu’en 1757, proposera, sans succès, afin de promouvoir la candidature de Julie de Lespinasse (1732-1776), de laisser 10% des sièges aux femmes soit 4 sièges.

En  janvier 1893, lors de la candidature de la féministe et romancière Pauline Savari, l'Académie n'accepte même pas sa candidature. Le duc d'Aumale déclarera que « les femmes ne sont pas éligibles, puisqu’on n’est citoyen français que lorsqu’on a satisfait à la conscription ! » 

 Académie française.jpg

L’Académie française se compose, comme à sa création, de 40 membres élus par leurs pairs. Poètes ou romanciers, hommes de théâtre, de science, philosophes, médecins, militaires, hommes d’Etat ou d’Eglise… ils se réunissent chaque jeudi sous la coupole pour travailler, dans leur habit vert, à la mise à jour de leur dictionnaire.

 Dictionnaire.jpg

C’est le 22 janvier 1981, que Marguerite Yourcenar y sera reçue par Jean d’Ormesson, lui-même élu en 1973.

 Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et au site de l'Académie française. 

27/02/2013

Ce jour-là, 27 février 1594...

... Henri IV est sacré à Chartres. Pourquoi Chartres ? Parce que Reims est encore aux mains des ligueurs catholiques extrémistes qui ne veulent toujours pas admettre pour roi ce Béarnais, désigné héritier légitime par le roi Henri III sur son lit du mort cinq ans plus tôt et qui s’est pourtant converti dernièrement à leur religion !  Il faut dire que c'est tout de même la sixième  fois que l'homme en change ! Enfant, il avait dû se convertir selon qu’il passait sous la tutelle de son père catholique ou de sa mère protestante.

L’événement a  lieu  le 25 juillet 1593. Dans l’église de l’abbaye de Saint-Denis, la ville des rois de France, le futur roi de France est reçu par Monseigneur de Beaune, archevêque de Bourges, en grand apparat.  Henri de Navarre (1553-1610) s’agenouille devant lui,  abjure solennellement le protestantisme et rejoint dès lors le giron de l’Eglise catholique, apostolique et romaine. L’archevêque lui donne l’absolution et le roi baise son anneau. 

L'annonce de cette conversion produit l'effet recherché. Il faut dire que les français sont  particulièrment las de ces guerres entre catholiques et protestants qui ensanglantent le pays. Les défections des villes ligueuses, comme la ville de Rouen,  se multiplient.  Cependant, Paris et Reims résistent toujours ! 

Conversion d'Henri IV.jpg

 L’adjuration d’ Henri IV à Sa int-Denis – Anonyme – Musée de Pau

  

Et comme pour monter sur le trône de France, il faut être sacré roi  ! ça sera donc Chartres ! En l'absence de tous les objets rituels habituels comme l’épée, le sceptre ou la main de justice, le sacre est bel et bien célébré, dans la cathédrale de Chartres, le 27 février 1594. Henri, roi de Navarre, devient ce jour-là roi de France sous le nom d’Henri IV.  

sacre.jpg

Le sacre d'Henri IV - Gravure Desmarets -  Paris BNF

 

Mais pour régner véritablement, le roi doit s’emparer de la capitale. Dans la nuit  du 22 mars 1594, il entre triomphalement dans la ville de Paris à laquelle il a juré de conserver toutes les prérogatives. Le 17 septembre suivant, le pape Clément VIII accorde son absolution au nouveau roi.   

entree_paris.jpg

Entrée d’Henri IV dans Paris - François Gérard - Musée du château de Versailles

 

 

Biblio. "Ils ont changé l'Histoire de France",  Larousse 2011 et "Histoire de France en 2000 dates " de Ph. Valode, Acropole  2011.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.