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23/06/2013

Centième édition du tour de France !

Le Tour de France 2013, centième édition de la « grande boucle », prendra samedi prochain, 29 juin, son départ de Porto-Vecchio en Corse.  

Cette compétition cycliste par étapes, créée en 1903 par Henri Desgrange et le journal L'Auto est considérée comme la plus prestigieuse épreuve cycliste du monde voire, d'après son actuel organisateur, Christian Prudhomme,  la plus grande compétition sportive mondiale annuelle.

Comment à cette occasion ne pas évoquer la première édition de ce tour ?  Celle de 1903.  

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  Carte de la course de 1903

 

Tout a commencé par une belle journée d’été. Un 1er juillet. A 15h16, à Montgeron, petite commune située à 17 km au sud de la capitale, devant le café « Le réveil matin », 60 des 79 coureurs initialement engagés, sont alignés, attendant fébrilement le signal de départ. C'est qu'ils vont devoir parcourir 2 428 km en 6 longues étapes avec seulement deux à quatre jours de repos entre chaque étape ! Car l’arrivée est prévue à Paris le 19 juillet.

A  l’abaissement du drapeau, chacun s’élance sur son engin. Cette première étape doit les amener à Lyon, soit 467 km de routes peu carrossables et très poussiéreuses. Seuls les « cracks » sont habillés d’un collant noir et d’un veston blanc. Les autres sont vêtus de ce qu’ils ont, c'est à dire un peu n'importe comment... Et que dire des machines rudimentaires qu’ils ont enfourchées ? Non seulement, elles ne sont pas équipées de changements de vitesses, ça n’existe pas encore, mais elles pèsent jusqu’à 15 kilos pour certaines ! Au fil des kilomètres, des heures de courses, de la fatigue, des chutes,… les abandons vont se succéder. Seuls 21 concurrents franchiront au final  la ligne d’arrivée, c’est dire ! 

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Le tour de France de 1903

 

Mais revenons à notre première étape ! C’est Maurice Garin (1871-1957), porteur du brassard n°1, courant pour la marque de cycles « La Française-Diamant », qui la remporte en franchissant la ligne d’arrivée au bout de 17 heures 45 minutes et 44 secondes d’efforts.  

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                                                         Maurice Garin, vainqueur du tour 1903

 

Si l’homme est de petite taille, 1m62 pour 61 kilos, il a la réputation d’être à la fois courageux et des plus hargneux. Pouvant rouler deux cent kilomètres sans boire ni manger, surnommé « le bouledogue blanc », il est le grand favori de ce tour. Et c’est d'ailleurs lui qui remportera la victoire en arrivant à Paris, sur le vélodrome du Parc des Princes,  le 19  juillet,  avec 2h49 d’avance sur son second, Lucien Pothier, un record non égalé encore aujourd’hui !

 

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Et la Normandie dans tout cela me direz-vous ? La route du tour n'y passera qu’à partir de 1905. Et pendant 5 ans, jusqu’en 1910, la ville de Caen sera systématiquement la dernière ville étape avant Paris. Quant à la participation de coureurs normands, il faudra attendre le tour de 1906 ! Mais nous aurons un peu plus tard le plus grand des champions, Jacques Anquetil !

 

Biblio. Merci aux nombreux articles publiés sur ce thème et notamment sur Wikipédia.

29/05/2013

Choron, un normand à la cuisine inventive

Les normands ne manquent ni de pragmatisme, ni d’idées. Pour exemple (s’il en est besoin), ce cuisinier caennais, Alexandre Etienne Choron (1837-1924), qui est entré dans la postérité  non seulement en laissant une sauce à son nom, la sauce Choron, une béarnaise enrichie de tomates cuites à l’étouffée, mais surtout grâce à l’originalité du menu de réveillon de Noël de 1870 qu’il proposa à la carte du célèbre restaurant Voisin dont il était le chef de cuisine.   

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Sauce Choron

 

A cette époque, Paris grelotte de froid et de faim. La capitale est assiégée depuis le 19 septembre par les Prussiens qui veulent récupérer l’Alsace et la Lorraine. Le blocus voulu par l’ennemi est impitoyable. La ville est littéralement coupée du reste du monde. Une fois les réserves épuisées, il est quasiment impossible pour les parisiens de trouver à se chauffer et à se nourrir. Tout manque : bois, charbon, gaz, mais aussi légumes, laitages, viande... En l’espace de quelques semaines, les prix de certains produits alimentaires sont multipliés par dix !

Alors, on ose ! On ose s’en prendre aux chevaux de l’armée, y compris à ceux de l’Empereur, notamment les deux trotteurs qui lui ont été offerts par le tsar de Russie et qui sont sacrifiés. Quand il n’y en a plus, on tue les chiens et les chats, on mange les poissons des fontaines publiques et les moineaux et on finit même par s’intéresser aux rats.

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Le zoo est contraint de vendre ses animaux qu’il ne peut plus nourrir comme viande de boucherie. Sur les étals des bouchers parisiens, on trouve de l’ours, du yack, du python, du buffle, du zèbre, du lion et du rhinocéros.

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Fin décembre, c’est au tour de Castor et Pollux, les deux pachydermes de la ménagerie du Jardin des Plantes d’être abattus.

La maison « Voisin »,  installée rue Saint-Honoré, accueille une clientèle aisée, habituée à des mets fins et délicats. C’est l’un des meilleurs restaurant de la capitale. Alphonse Daudet, les frères Goncourt et Emile Zola sont des habitués du lieu. En ce jour de fête, notre chef normand et fin gastronome va improviser des plats exotiques dignes de satisfaire ses hôtes. Il leur sert les meilleurs morceaux des occupants du Jardin d’acclimatation.

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Son menu,  « Tête d’âne farcie », « Consommé d’éléphant », « Chameau rôti à l’anglaise », « Le Civet de kangourou », « Côtes d’ours rôties sauce poivrade », « Cuissot de loup, sauce chevreuil », « Le chat flanqué de rats », « La Terrine d’antilope aux truffes », le tout accompagné de Mouton Rothschild 1846, Romanée-Conti 1858 et Château Palmer 1864, est entré dans la légende.

Le siège de Paris prendra fin le 28 janvier 1871 par la capitulation des Français.

 

Biblio. « Ces animaux qui ont marqué la France » de P. Assemat – Le Papillon Rouge Editeur – Avril 2012

04/05/2013

Rois de France, Rois des Français

Si les historiens ont fixé la naissance de la France en l’an 481, date de l’avènement de Clovis, roi de tous les Francs, certains considèrent le traité de Verdun de 843, celui par lequel les petits-fils de Charlemagne se sont partagé son empire, comme véritablement « l’acte de naissance » de notre pays. 

Durant toutes ces années, combien de monarques ont régné sur notre pays ?  Le résultat varie selon qu’on prend en compte les rois de Neustrie ou ceux d’Austrasie, ces royaumes francs nés du partage qui suivit la mort de Clovis Ier en l’an 511. 

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Clovis Ier (465-511)

Si l’on suit la logique de l’historien Jean du Tillet (vers 1500-1570) pour lequel les rois de France tenaient les seuls rois de Neustrie, royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France et dont la capitale était Soisson,  pour leurs prédécesseurs, Louis XVI serait le 70ème roi de France. 

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Pour l’historien français Hervé Pinoteau (1927), qui lui recense les rois d’Austrasie, royaume couvrant le nord-est de la France ayant eu pour capitale Reims puis Metz, qui se titraient eux-mêmes de «  rois des Francs », Louis XVI (1754-1793), (portrait ci-dessus), serait le 82ème ou le 83ème roi de France.

Le titre des monarques français a évolué également au cours des âges. Le « roi des Francs » a cédé sa place en 1181 au « roi de France », qui, de 1285 à 1328 et de 1589 à 1789, est devenu « roi de France et de Navarre ».

Louis XVI est titré roi des Français le 10 octobre 1789. Ce titre est officialisé dans la constitution de 1791. Il sera ensuite porté par le prince Louis-Philippe d’Orléans, lieutenant général du Royaume, proclamé Louis-Philippe 1er, roi des Français le 9 août 1830. 

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Ainsi  Philippe II dit Philippe Auguste (1165-1223), (portrait ci-dessus),  fut le dernier « Roi des Francs » et le premier « Roi de France »,  Henri III (1551-1589) le dernier « Roi de France », Philippe IV le Bel (1268-1314) le premier « Roi de France et de Navarre »,  Charles X (1757-1836), le dernier « Roi de France et de Navarre » et Louis-Philippe Ier (1773-1850), le second et aussi le dernier « Roi des français ».

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.