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05/02/2014

Le mois de février...

 « A la chandeleur,

l'hiver se passe ou prend vigueur. »

Février vient du latin « februare » qui signifie purifier.

A Rome, le mois de février était consacré à Neptune, dieu des eaux, sans doute parce qu’il y pleut beaucoup ! Il était néanmoins marqué par des fêtes publiques expiatoires. Cette tradition a été maintenue par l’Eglise avec la Présentation du Seigneur au Temple et la Purification de la Vierge le jour de la Chandeleur célébrée le 2 février, soit 40 jours après la Nativité.

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C’est en référence à une fête d’origine païenne du retour des lumières au cours de laquelle était organisée une procession aux flambeaux, qu’on appelle cette célébration « Chandeleur », du latin « festa candelarum » qui signifie « fête des chandelles ». C’est la première fête du Christ « lumière du monde ». Ce jour-là, la messe débute par la bénédiction des cierges, rappelant cette lumière du messie.

Au Ve siècle, le pape Gélase Ier, qui institua cette « fête des chandelles » aurait offert aux pèlerins des galettes rondes dont la forme et la couleur évoquaient le soleil et la lumière, ce qui expliquerait dit-on la tradition des crêpes de la Chandeleur.

Chez les Gaulois, le mois de Spurkel était aussi un temps de purification, et de deuxième jour, Chandeleur, avait lieu la fête de la lumière.

Si Charlemagne (742-814) appelait février le « mois des boues », dans le calendrier républicain, il correspondant à « pluviôse ».

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Dans le livre d’heures « Les Très Riches Heures du Duc de Berry (1410), le mois de Février est représenté comme le mois où l’on coupe le bois.

Et comment oublier que le 14 février, on fête Saint Valentin, un moine du IIIème siècle devenu le saint patron des amoureux !

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Pour terminer mon propos, le temps qu’il fera en février serait donné par le temps qu’il a fait le lendemain de Noël. En Normandie, le 26 décembre dernier, le ciel se partageait entre nuages, vent et soleil, le tout accompagné de quelques averses… et une température plutôt douce (8 à 10 degrés). Nous allons vérifier...

Biblio. Almanach de la mémoire et des coutumes  – Hachette 1979

22/01/2014

"Qui vive !", témoin d'une guerre oubliée

La Normandie a été le théâtre de nombreuses batailles au cours de la Guerre de 1870, ce conflit qui a opposé un million de Prussiens, supérieurement encadrés, mobiles, à l’artillerie puissante, à 500 000 Français n’ayant que leur courage et quelquefois un fusil  « Chassepot », il est vrai le meilleur de l’époque, dans leurs mains !

Le pays ne dispose plus vraiment d’armée constituée mais seulement de forces disparates : territoriaux, réservistes, jeunes recrues, soldats de la Garde Nationale et de la Garde Nationale mobile, les « moblots », levés, en même temps que les Francs-tireurs et les Corps Francs, par le gouvernement de Défense Nationale mis en place après la chute de l’Empire et la proclamation de la République. 

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En ce terrible hiver 1870-1871, notre belle province est le théâtre de combats meurtriers et sa mémoire restera durablement marquée par l’occupation ennemie. Aux durs affrontements, aux escarmouches meurtrières, aux embuscades sanglantes, s’ajoute une répression féroce où l’ennemi n’hésite pas à incendier des villages entiers, effrayant une population déjà accablée par un hiver exceptionnellement rigoureux, au cours duquel on verra la Seine charrier des glaçons.

Du 30 décembre 1870 au 4 janvier 1871, une terrible offensive française est lancée. Conduite par le Général Roy, commandant les forces de la rive gauche de la Seine, il s’agit, alors qu’ils sont très inférieurs en nombre, de tenir tête aux 20 000 Prussiens du baron Hans Edwin von Manteuffel et de libérer Rouen.   

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 Prise d'armes sur une place de Rouen

 

D’âpres combats meurtriers vont se dérouler au pied des ruines du château de Robert le Diable, dans les villages de Moulineaux et de la Maison Brûlée, près de Grand-Couronne.

C’est en mémoire de ceux-ci, préfigurant ce que seront les nombreux monuments funéraires qui commémoreront la guerre de 1914-1918, que sera érigé en 1901 à proximité du château de Robert le Diable, dominant la Seine, le « Qui Vive » de la ville de Moulineaux.

 

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A la fois original et rare, ce monument est dû au sculpteur Auguste Foucher (1865-1952) et présente un « Mobile », un des soldats de la Garde nationale mobile qui participaient comme auxiliaires de l’armée active à la défense des frontières de l’Empire, à côté d’une tour en ruine évoquant le château, criant « Qui vive ? ».

Ce monument a été inauguré par l’écrivain normand Jean Revel (1848-1925), qui avait pris part auxdits affrontements en qualité de Sergent.

 

Biblio. « Normandie insolite et secrète » de J-C. Collet et A. Joubert – Jonglez – 2013

« Histoire de la Normandie des origines à nos jours » de R. Jouet et C. Quétel – Orep 2009.

 

18/12/2013

La buse de l'abbé Fontaine

Parmi l’important courrier reçu pour servir son colossal projet, une « Histoire naturelle » en 36 volumes édités entre 1749 à 1789, une lettre attire particulièrement l’attention du scientifique Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788). Elle émane du curé de Saint-Pierre de Bellême, cette jolie cité normande du département de l'Orne. 

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L’histoire que cet homme de Dieu lui narre est celle d’une buse prise dans un piège, qu’on lui confia blessée, qu’il va soigner et réussir à apprivoiser. Mise en confiance, l’abbé attache un grelot autour du cou de l’animal de proie et lui rend sa liberté… 

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« Et elle ne fut pas longtemps à en abuser (…) mais  m'a toujours gardé fidélité, venant tous les soirs coucher sur ma fenêtre. Familière avec moi, elle paraissait prendre un singulier plaisir en ma compagnie : elle assistait à tous mes dîners sans y manquer, se mettait sur un coin de la table, et me caressait très souvent de la tête et du bec, en jetant un petit cri qu'elle savait quelquefois adoucir (…) Cette buse avait une singulière aversion : elle n'a jamais voulu souffrir de bonnet rouge sur la tête d'aucun paysan. Elle avait l'art de le leur enlever si adroitement, qu'ils se trouvaient tête nue sans savoir qui leur avait enlevé leur bonnet. Elle enlevait aussi les perruques sans faire aucun mal, et portait ces bonnets et ces perruques sur l'arbre le plus élevé du parc voisin, qui était le dépôt ordinaire de tous ses larcins. (…) Elle ne faisait aucun mal dans ma basse-cour ; les volailles, qui au commencement la redoutaient, s'accoutumèrent insensiblement avec elle ; les poulets et les petits canards n'ont jamais éprouvé de sa part la moindre insulte ; elle se baignait au milieu de ces derniers. Mais ce qu'il y a de singulier, c'est qu'elle n'avait pas cette même modération chez les voisins (…) 

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Un jour il arriva que, planant dès le grand matin au bord de la forêt, elle osa attaquer un renard. Le garde de ce bois, la voyant sur les épaules de la bête fauve, leur tira deux coups de fusil : le renard fut tué, et ma buse eut le gros de l'aile cassé. Malgré cette fracture, elle s'échappa (…) J'avais coutume de l'appeler tous les soirs par un coup de sifflet, auquel la buse ne répondit point durant six jours ; mais le septième, j'entendis un petit cri dans le lointain, que je crus reconnaître. Je répétai l'appel et distinguai faiblement le même cri. J'allai du côté où je l'avais entendu, et je trouvai enfin ma pauvre buse, l'aile cassée, et qui avait fait plus d'une demi lieue à pied pour regagner son asile, dont elle n'était pour lors éloignée que de cent vingt pas. Quoique tout à fait exténuée, elle me fit beaucoup de caresses.

Il lui fallut près de six semaines pour se refaire et se guérir de ses blessures ; après quoi elle recommença à voler comme auparavant et à suivre ses anciennes allures. Cela dura environ un an, après quoi elle disparut pour toujours. Je suis très persuadée qu'elle fut tuée par méprise : elle ne m'aurait pas abandonné de sa propre volonté. »

 

Merci au site bistrobarblog.blogspot.fr

Biblio. « Ces animaux qui ont marqué la France » de P . Assemat – Le papillon rouge Editeur – 2012.