Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/03/2014

La Dame de Brassempouy

Regardez bien cette femme : c’est non seulement la plus ancienne représentation détaillée d’un visage féminin connue à ce jour mais c’est aussi et de loin la plus émouvante !

dame de brassempouy,grotte du pape,edouard piette

La « Dame de Brassempouy »

Elle a été découverte en 1894 par Edouard Piette, archéologue et historien français, au milieu des merveilles de la Grotte du Pape. Celle-ci, explorée à partir de 1881, est située à flanc de coteau non loin de Brassempouy, un petit village landais proche des Pyrénées qui compte sur son le territoire les deux plus anciens gisements explorés en France, la Grotte du Pape et la Galerie des Hyènes.

Edouard_PIETTE_.jpg

Edouard Piette (1827-1906)

Haute de 3,65 cm, longue de 2,2 cm et large de 1,9 cm, la tête de  « Dame de Brassempouy » a été sculptée à l’aide d’un burin de pierre dans de l’ivoire de mammouth au cours du paléolithique supérieur, époque du « Gravettien », c’est-à-dire entre 35 000, l’arrivée en Europe de l’Homme moderne ou Homo sapiens, et 10 000 ans avant notre ère.

 Dame de Brassempouy 2.jpeg

Le quadrillage d’incisions perpendiculaires sur sa tête a tout d’abord fait penser à une perruque ou à une capuche. Mais plus tard, les scientifiques se sont accordés à n’y voir que de simples tresses.

Le plus frappant reste son visage ! Triangulaire et équilibré, il est stylisé d’une manière inattendue pour un objet aussi ancien. Il porte des stries ou des scarifications évoquant des tatouages ou un maquillage. L’ovale est harmonieux, quoiqu’un peu pointu au niveau du menton, et le cou particulièrement long et fin. Creusée avec délicatesse, l’arcade sourcilière court jusqu’à la tempe, l’œil est gravé avec finesse et le nez est presque géométrique. Quant à  la bouche, elle est… introuvable ! Cette omission est caractéristique des statuettes de corps féminins communément appelées « Vénus », remontant à la même période du paléolithique et que l’on a pu mettre au jour dans toute l’Europe.

Pour le reste, la «  Dame de Brassempouy », aujourd’hui conservée au Musée des Antiquités nationale de Saint-Germain-en-Laye, a gardé tout son mystère : on ne connaît ni son nom ni celui de l’artiste qui l’a façonnée de ses mains...  

 

Biblio. « 365 histoires pour épater la Galerie » de M. Marozeau et M. de Sainte-Croix – Ed. La Martinière 2012

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

02/03/2014

Le mois de mars...

 « Si mars commence en courroux,

il finira tout doux.»

Mars, c’est le premier mois du printemps dans l’hémisphère nord ! Il doit son nom au dieu de la guerre des Romains, Mars, fils de Jupiter et de Junon.

mars,dieu de la guerre,mois de rheda,ventôse,fête de l'annonciation,carême

A Rome, le dieu Mars était représenté sous la forme d’un guerrier terrible. On sacrifiait des loups sur ses autels et le poète Ausone (309/310-394/395) place auprès de lui « un bouc pétulant, une hirondelle qui gazouille, un vase plein de lait qui, avec l’herbe verdoyante, annoncent le retour du printemps ». Les dames romaines lui sacrifiaient quant à elles un coq, symbole de vigilance, le premier jour du mois qui porte son nom. Et c’est par ce mois que l’année romaine commençait et ce, jusqu’au temps de Jules César (100 av. J-C – 44 av. J-C.).  

 

dieu mars.jpeg

Dans le calendrier gaulois, mars était le « mois de Rheda », déesse de la fortune. Et si Charlemagne (742-814) l’appelait « mois de printemps », le calendrier républicain l’a nommé Ventôse, pour rappeler les vents qu’on observe généralement à l’équinoxe.

Pour le livres d’heures « les Très Riches Heures du Duc de Berry » (1410-1411), c’est le temps des travaux agricoles : on laboure et on taille.

200px-Les_Très_Riches_Heures_du_duc_de_Berry_mars.jpg

C’est le pape Léon XIII (1810-1903), dans son encyclique « Ouamquam Pluries »,  qui a exhorté l’Eglise catholique à consacrer le mois de mars à Saint Joseph. Le Carême, qui s’ouvre le mercredi des Cendres, conduit en 40 jours les chrétiens à la Semaine sainte. En outre, depuis le VIIe siècle, la fête de l’Annonciation est célébrée le 25 Mars. Elle commémore l’annonce faite par l’archange Gabriel à Marie qu’elle sera la mère du Sauveur, le Messie attendu par Israël.

Enfin, le temps qu’il fera en mars serait donné par le temps qu’il a fait le 27 décembre dernier. Ce jour là, pluie et vents se sont partagés le ciel normand. La température oscillait entre 8 et 12 degrés.

 

Biblio. Almanach de la mémoire et des coutumes  – Hachette 1979

26/02/2014

Terrible destinée que celle des miroitiers vénitiens au XVIIe siècle !

 

A la fin de l’année 1684, pour son inauguration, la plupart des miroitiers vénitiens qui y avaient consacrés tout leur talent, n’étaient plus là pour admirer leur chef d’œuvre : la galerie des Glaces du Château de Versailles brillant de mille feux !  

GALERIE DES GLACES 2.jpg

Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) était allé chercher ces maîtres de la miroiterie sur l’île de Murano en Italie. A cette époque en effet, seule Venise détenait le secret de cet art. Pour faire venir ces artistes en France, pour qu'ils acceptent de fuir leur patrie, pour qu’ils en prennent le risque, il leur avait accordé des privilèges exceptionnels dont des rémunérations très attractives. L'homme responsable des deniers du royaume n'ignorait pas que l'espérance de vie des ces artisans soumis aux vapeurs nocives du mercure ne dépassait pas en moyenne 30 ans ! 

GALERIE DES GLACES 1.jpg

Arrivés en 1680, quatre ans plus tard, ils ne sont déjà plus là : beaucoup sont morts intoxiqués, d’autres ont été victimes des tueurs à gage vénitiens : la police de la Sérénissime réservant ce sort à ceux qui osaient divulguer les secrets de fabrication de ses miroirs.

Les 357 miroirs qu'ils vont fabriquer durant ces quatre années sont destinés à être placés au dessus des 17 arcades de la paroi orientale face aux baies ouvrant sur les jardins de cette grande galerie de 73 mètres de long voulue par le Louis XIV (1638-1715) et imaginée par l’architecte Jules Hardouin-Mansart (1646-1708). Et ce sont eux qui vont, mais seulement au
XIXe siècle, lui donner son nom : la galerie des Glaces.

 GALERIE DES GLACES 3.jpg

 

Ces glaces, elles vont être réalisées selon les techniques vénitiennes du XVe siècle que sont le soufflage et l’étamage. Les supports sont réalisés à partir de cylindres de verre soufflé que l’on fend et que l’on aplatit sur une pierre. Puis, on applique sur chacun d’eux un mélange d’étain et de mercure appelé « vif argent ». Pour ce faire, on recouvre les plaques de verre de feuilles de papier d’étain qui sont ensuite poncées, lissées et enfin recouvertes de mercure. Pendant environ une journée, on maintient, à l’aide d’une masse en fer, un chiffon de laine fermement appliqué sur toute la surface. Une fois l’excès de mercure enlevé, on obtient une surface parfaitement lustrée, des miroirs à dimension réduite certes mais à grand pouvoir de réflexion et surtout d’une pureté exceptionnelle.

A la fin du chantier, les artisans de Murano sont disparus : la majorité sont morts intoxiqués au mercure, les autres victimes des tueurs à gage vénitiens : la police de la Sérénissime réservant ce sort à ceux qui trahissaient les secrets de fabrication de ses précieux miroirs.

Quant au procédé d’étamage, il faudra attendre la découverte de la technique moderne de l’argenture pour qu’il soit interdit à partir de 1850.



Biblio. « Histoires insolites du Château de Versailles » de C. d’Astres – City Edition 2012.
Merci au site http://regardantiquaire.canalblog.com/