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18/06/2014

Beaucoup d'or pour rien !

L’entrevue entre le Roi de France François Ier (1494-1547) et le roi Henri VIII d’Angleterre (1491-1547), le souverain aux six épouses, a lieu du 7 au 24 juin 1520 dans la plaine de Flandre. Deux rivalités, deux orgueils démesurés vont s’évaluer durant trois semaines de festivités, de repas somptueux, de tournois et autres combats à mains nues.

Le premier souhaite obtenir le soutien du second contre son rival de toujours, l’Empereur Charles Quint (1519-1558),  neveu du second.

Outre les deux souverains, seront présents trois reines, des princes et princesses, des ducs et des duchesses. Cette rencontre donne lieu à une telle débauche de luxe que le campement, établi près de Calais, entre le château d'Ardres, possession française, et celui de Guînes, possession anglaise, fut baptisé « le Camp du Drap d’Or ». 

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Les rois Henri VIII d'Angleterre et François Ier de France 

 

Cinq mille ouvriers vont participer aux travaux d’aménagement, deux villages sont construits, 2 800 tentes installées, toutes recouvertes de velours ou de drap d’or, parées aux armes des futurs occupants et surmontées à leur sommet d’une pomme d’or.

Face au « Palais de cristal » de 10 000 m2 du roi d’Angleterre, la tente de François Ier « est aussi haute que la plus haute tour connue. »  

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 Le Camp du drap d’or - Huile sur toile de 1545

 

Le 7 juin, François Ier porte un manteau de drap d’or sur un justaucorps orné de diamants, rubis et émeraude et son bonnet de velours rouge est garni de brillants et de plumes blanches. De son côté, Henri VIII est vêtu de damas argents à côtes, parsemé de pierres précieuses.

Les récits de Martin Du Bellay (1495-1559), l’historien français, lieutenant général en Normandie, et prince d' Yvetôt sur la description du camp ou celui de Robert III de la Marck dit Fleuranges (1491-1536) sur les habits d’apparat témoignent du déploiement des richesses.

 

 « Le Roy et le roy d’Angleterre, montez sur chacun un cheval d’Espagne, s’entre-abordèrent, (…) et estimez les deux plus beaux princes du monde. (…) Je n’ay que faire de dire la magnificence de leurs accoustremens. Ce faicts, le roy d’Angleterre festoya le Roy, (…) en un logis de bois où y avoit quatre corps de maison, qu’il avoit faict charpenter en Angleterre, et amener par mer toute faicte ; et estoit couverte de toille peinte en forme de pierre de taille, puis tendue par dedans des plus riches tapisseries qui se peurent trouver, (…) Le lendemain, le Roy devoit festoyer le roy d’Angleterre (…), où il avoit faict dresser un pavillon ayant soixante pieds en quarté le dessus de drap d’or’ frizé, et le dedans doublé de velours bleu, tout semé de fleurs de lis de broderie d’or de Chypre, et quatre autres pavillons aux quatre coings, de pareille despense et estoir le cordage de fil d’or de Chypre et de soye bleue turquine, chose fort riche. » 

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Au final, c’est un cuisant échec pour le roi de France qui a fait preuve, et c’est le moins qu’on puisse dire, d’une très grande maladresse en affichant sa supériorité, sa puissance et ses largesses devant celui qui n’a pas le tiers de ce qu’il possède, ni en argent, ni en armée ! Blessé, vexé et frustré, Henri VIII choisira finalement de rallier le camp de son neveu…sans signer aucun traité ! Ces festivités inutiles auront tout de même coûté cents mille livres à l’État français !

 

Biblio. « Brèves de l’Histoire de France et autres raccourcis » de M. et H. Deveaux – Tallandier 2012

 

01/06/2014

Le mois de Juin...

 « Quand il fait du rouille en juin cela fait mal au grain. »

Dicton du département de l'Orne

A qui le beau mois de Juin doit-il son nom ? Aux « Juniores » ou jeunes gens ? Ou, selon le poète latin Ovide, à la déesse « Junon », femme de « Jupiter », mère de « Vulcain », d' « Hébé » et de « Mars », à qui les Romains consacraient justement ce mois ?

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 Junon, Déesse romaine, Reine des Dieux

Ou bien encore à « Lucius Junius Brutus », Premier consul fondateur légendaire de la République Romaine ? On ne sait pas exactement, mais chez nous, en Gaule, juin était le grand mois de « Zonna », la déesse soleil, ou « mois du long jour » même si, quelques siècles plus tard, notre empereur à la Barbe fleurie, Charlemagne, appelait le mois de « juing » le « mois des friches ». Et si, pour les livres d'heures, juin est le temps des travaux paysans, sur le calendrier républicain, il correspond à « Prairial ».

 

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Les Romains représentaient juin sous la forme d'un homme nu montrant du doigt une horloge solaire pour signifier que le soleil commence à descendre. Et c'est parce que, du 17 au 25 juin, la durée du jour reste sensiblement la même « sol stat » c'est-à-dire « le soleil s'arrête », qu'on appelle ce temps « solstice ». D'ailleurs, le signe zodiacal du Cancer exprime qu'on va marcher à reculons, comme les jours vont raccourcir.

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Dans la tradition chrétienne, juin est le mois du Saint-Esprit.

Traditionnellement, le temps qu'il fera en juin est donné par le temps qu'il a fait le 30 décembre passé. Ce jour-là en Normandie, il était perturbé avec des pluies et des vents forts près de la Manche.

Biblio. « Almanach de la mémoire et des coutumes 1980 » - Hachette 1979.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

05:48 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juin, mois de juin, junon

18/05/2014

« Dieu et mon droit », en français dans le texte…

Comme chacun le sait, « Dieu et mon droit" est la devise de l’Angleterre et de la monarchie britannique et ce depuis l'époque du roi Henri V qui régna sur leur pays de 1413 à1422.  

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Armoiries royales du Royaume-Uni

 

Mais savez-vous pourquoi cette devise est exprimée dans la langue de Corneille et non dans celle de Shakespeare ?

Tout simplement parce qu’après la conquête de l’Angleterre par les normands, le français devient la langue officielle des souverains du royaume uni !

Ça s’est passé en l’an 1066 quand William the Conqueror, c’est à dire Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie (1028-1087), s’est emparé de la couronne d'Angleterre en remportant la bataille d'Hasting contre le Roi Harold.  

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 La mort d'Harold sur le champ de bataille d'Hastings

 

A partir de ce moment, dans l'Angleterre médiévale, seul le peuple parlera l’anglais. La famille royale emploiera quant à elle le français. Le vieil anglais n`est plus la langue de l`élite anglaise et fait place dans un premier temps au franco- normand, puis à l`anglo-normand sous les règnes des Plantagenêt, cette langue mélangeant malgré son nom, le normand et ses langues d`oïl avoisinantes. Nombre de mots et d`expressions d`origine française et normande se retrouvent encore aujourd’hui abondamment dans la langue anglaise. Et notamment certaines devises d'ordres de chevalerie comme le "Honni soit qui mal y pense" de celui de la Jarretière. 

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Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de Lion (1157-1199)

 

Quant à la paternité de la devise « Dieu et mon droit »,  qui fait référence au droit divin des rois, elle revient à Richard Ier dit Cœur de Lion, roi d’Angleterre de 1189 à 1199 mais aussi duc de Normandie, duc d'Aquitaine, comte de Poitiers, comte du Maine et comte d'Anjou. Ses successeurs vont la conserver sans interruption, et c’est le roi Edouard III (1312-1377) qui, vers l'an 1340, voulant faire valoir ses prétentions sur le royaume de France, va apposer au bas de son écu, sous les armes de France et d'Angleterre écartelées, « ce cri que l'on y voit encore, pour exprimer sa confiance en Dieu et dans la justice de sa cause." (Saint-Allais)

Même Guillaume III, prince d’Orange (1650-1702), qui avait choisi comme devise « Je maintiendrai », ordonna qu’on se servit toujours de « Dieu et mon droit » sur le grand sceau.

C’est durant le règne du roi Henri V, au XVème siècle,  que l’usage de l’anglais par l’élite va reprendre son essor.

 

Biblio. Merci notamment aux pages Wikipédia sur le sujet.