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24/03/2012

Un bien bel oiseau que ce Pigeon Cauchois !

Beau, avec de la prestance, non seulement il sait se présenter avantageusement, mais, toujours gai et en action, il  n’est pas avare de roucoulements sonores et de joyeux claquements d’ailes. Je parle bien sûr du Pigeon Cauchois, un pigeon normand originaire du pays de Caux, l’une des plus anciennes races française.

 

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 Le Pigeon Cauchois

 

L’élevage du Pigeon Cauchois était déjà pratiqué au XVIIe siècle. Considéré comme un excellent pigeon de ferme, il était apprécié pour sa rusticité, sa productivité et sa taille, un peu supérieure à celle des autres. Il était alors appelé « Maillé de Caux » en raison du dessin de son plumage. Mais il existe cependant des Pigeons Cauchois à manteau unicolore noir, rouge ou jaune et à manteau barré.

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Pigeon Cauchois barré

 

La première domestication connue du pigeon, cet « oiseau de Vénus » dont il ornait autrefois le char, remonte à l’Egypte des pharaons, il y a plus de 5000 ans. Chez nous, à l’époque féodale, son élevage était essentiellement alimentaire : on consommait sa viande mais aussi ses œufs servis en omelette. Quant aux plus jeunes, ils étaient offerts aux faucons que l’on dressait pour la chasse au vol. De majestueux colombiers et autres pigeonniers, constituant la vitrine du château auquel ils appartenaient, les abritaient alors. Apanage de la Noblesse, leurs styles de construction et la diversité de leurs formes en font aujourd’hui un élément très particulier du décor de nos campagnes. 

 

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Le Pigeonnier de Boos (76)

 

Mais très vite, ses compétences de "grand voyageur retrouvant toujours son chemin" font de notre pigeon domestique un « pigeon voyageur ». Avec le temps, certains sont depuis retournés à l’état « sauvage », abandonnant leurs pigeonniers pour s’installer le plus souvent en zone urbaine. C’est ainsi que notre pigeon des villes est un descendant du pigeon domestique, lui-même issu du pigeon marron ou pigeon biset initialement sauvage.

Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette des Pigeons à la normande* :

Il vous faut 2 pigeons, 10 belles pommes normandes, 1dl de crème fraîche, 1 cuillerée à soupe de Calvados, 3 cuillerées à soupe d’huile, 80 g de beurre, 4 tranches de pain de mie, sel et poivre.

Eplucher les pommes, les épépiner et les couper en quartiers. Faire fondre 50 g de beurre dans une casserole, y mettre les pommes à cuire à feu doux durant 8/10 minutes en remuant de temps en temps pour qu’elles n’attachent pas. Pendant ce temps, faire chauffer l’huile dans une cocotte, y faire dorer les pigeons de tous les côtés, saler et poivrer, puis les sortir et les mettre de côté. Mettre les pommes dans la cocotte à la place des pigeons, poser ceux-ci sur le lit de pommes, couvrir et laisser cuire pendant 40 minutes à feu doux.

Couper en deux les tranches de pain de mie pour former des triangles.  Faire fondre le reste de beurre dans un poêle et y mettre les tranches de pain à dorer 2 minutes doucement de chaque côté.

 

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 Pigeons à la normande

 

Sortir les pigeons de la cocotte. Les poser sur une place à découper et les couper en deux dans le sens de la longueur. Verser la crème dans un bol, la délayer avec le Calvados et verser le mélange dans la cocotte. Remuer, rectifier l’assaisonnement et réduire au feu.

Mettre les pommes dans le plat de service chaud. Disposer dessus les demi pigeons. Entourer le plat avec les croûtons frits. Verser la sauce dans la saucière et servir immédiatement avec les pigeons.

Bon appétit !

 

Pour information, l'adresse du Club Français du Cauchois :  http://www.cauchois.org/

 

* Recette extraite de l'hebdomadaire "La cuisine de A à Z".

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

10/03/2012

La triste fin des coeurs de nos rois

Dès le XIIIe siècle, il est d’usage de prélever sur les dépouilles royales préalablement embaumées un ou plusieurs organes qui sont ensuite déposés en un lieu particulier ou autre communauté religieuse que le souverain défunt a lui-même désigné pour l’honorer. Ainsi, le coeur du Roi Henri IV, assassiné le 14 mai 1610, est remis, sur son ordre, au Collège Royal de la Flèche qu’il a fondé en 1603. Celui du roi Louis XIV, décédé le 1er septembre 1715 et inhumé à la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, a quant à lui été déposé à l’Eglise Saint-Louis Saint-Paul située dans la capitale, quartier du marais.  

 

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 Urne-Reliquaire

 

La chapelle Sainte-Anne de l’Eglise Royale de l’Abbaye du Val de Grâce à Paris conservait, dans un caveau spécial, les cœurs embaumés et enfermés dans une double enveloppe de plomb et de vermeil de pas moins de 36 princes et princesses de la famille royale de France. 

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Abbaye du Val de Grâce – Gravure du XVIIIe siècle

 

Lors de la profanation de cette chapelle en 1793, alors qu’on venait de guillotiner le roi Louis XVI, Louis François Petit-Radel (1739-1818), architecte et dessinateur, est chargé par le Comité de Salut Public de récupérer l’ensemble de ces reliquaires, de les envoyer à la fonte à l’Hôtel des monnaies après avoir jeté aux quatre vents les restes royaux. Ce qu’il ne fait qu’en partie, connaissant la valeur pour des peintres du contenu des ces urnes.

En effet, macérés dans l’alcool puis broyés avec certaines huiles, ces viscères momifiés se transforment en une matière première indispensable et réputée, très rare et hors de prix, la « mumie » qui donne aux toiles, après mélange à de la couleur, un glacis incomparable.

La véritable « mumie », faite de matières organiques macérées dans des aromates et de l’alcool, provient habituellement d’Orient, mais la guerre empêchant les peintres de se la procurer, Petit-Radel subtilise plusieurs de ces urnes et les propose à ses amis peintres Martin Drolling et Alexandre Pau de Saint-Martin. Ce dernier achète les cœurs de Louis XIII et de Louis XIV. Il ne va utiliser qu’une partie du cœur du Roi-Soleil sur une de ses toiles « Vue de Caen », aujourd’hui propriété du Musée Tavet Delacour de Pontoise. Il rendra les restes au roi Louis XVIII (1755-1824) qui le « dédommagera » d’ailleurs d’une tabatière en or.  

 

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 L’intérieur d’une cuisine – M. Drolling - 1815

 

Martin Drolling, quant à lui, s’était rendu acquéreur d’une douzaine de cœurs. Ce spécialiste du clair-obscur les utilisera en totalité. On sait que l’une de ses toiles, « L’intérieur d’une cuisine », a ainsi « bénéficié » du cœur du Régent, Philippe d’Orléans (1674-1723).

 

 

Biblio. « Le grand quiz des histoires de France » - L. Boyer et C. Portier-Kaltenbach – Ed Lattès 2011.

Merci aux pages Wikipedia sur le sujet.

24/02/2012

La Bénédictin, une pomme normande d'excellence !

Il existe des milliers de variétés de pommes. Et parmi elles, nombre de pommes traditionnelles issues de notre terroir normand comme la Bénédictin. C’est l’une des meilleures pommes au monde ! 

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On l’appelle aussi « œil de Nèfle », parce qu’elle possède la particularité physique d’avoir son œil au milieu d’une cuvette ou bien encore « reinette normande », la bénédictin est originaire de notre région où elle est  produite en abondance.

 

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C’est un beau fruit à stries rouges sur fond jaune-orangé. Sa peau est lisse et sa chair ferme, acidulée, sucrée et juteuse. Elle se récolte d’octobre à la fin février. On la déguste crue ou cuite et elle est excellente en accompagnement de chou rouge ou de boudin.

 

Alors, comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette normande du boudin aux pommes * :

 

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Pour 6 personnes, il vous faut 6 bouts de boudin, 6 pommes Bénédictin, 1 filet de vinaigre de cidre ou ½ verre de cidre, 50 g de beurre, du sel et du poivre.

Eplucher les pommes, les couper en grosses rondelles et les faire dorer au beurre dans une poêle. Laisser cuire 6 à 8 minutes : elles ne doivent pas se défaire à la cuisson. Pendant ce temps, piquer les morceaux de boudin avec une fourchette pour qu’ils n’éclatent pas et les faire sauter dans une autre poêle pendant quelques minutes. Saler, poivrer. Servir avec les pommes après avoir déglacé la poêle des boudins avec le vinaigre de cidre ou le cidre et verser le tout sur les pommes.

 

Bon appétit !

 

* Recette issue du carnet de recettes de Normandie de M. Nouet – Ed. Ouest-France 2011.