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28/07/2013

Le haricot de Pont-Audemer

C’est au XVIIe siècle que le haricot s’est réellement implanté en Europe. Originaire d’Amérique, on doit à Christophe Colomb (1451-1506) d’avoir rapporter les premières graines de cette plante herbacée de l’Ile de Cuba. Quelles années plus tard, l’italienne Catherine de Médicis (1519-1589),  future épouse du roi Henri II (1519-1559), introduit en France ce légume « exotique » qui prend place dans ses bagages de future mariée. C’est ainsi qu’il débarque à Marseille, en octobre 1533, pour être cultivé dans le potager de Blois et que la « fève de Rome » du latin « faselus » deviendra notre « fayot » du langage populaire !  

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Le Haricot de Pont-Audemer

 

Du fait de leur ressemblance, les normands ont longtemps confondu « pois » et « fèves ». C’est donc tout naturellement qu’ils désignent par l’un ou l’autre de ces termes le nouvel hôte de leur table qui prend progressivement la place de leurs légumineuses habituelles.

En 1752, Combles note dans son ouvrage « L’école du jardin potager » que « cette plante est universellement connue et il s’en fait une grande consommation en tout pays. »

A noter que ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que les bourgeois européens, friands de primeurs et soucieux de leur ligne, vont faire du « haricot vert », un légume recherché, préférant dès lors consommer la gousse (le fruit) du haricot vert que les graines du haricot sec.

De nouvelles variétés vont naître. C’est le cas du « Haricot de Pont-Audemer » cultivé par les jardiniers normands jusqu’en 1960 et qu’on redécouvre aujourd’hui. Son originalité tient dans ses grains mouchetés rouge rosés.  

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Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici aujourd’hui la recette simple et délicieuse des Haricots blancs nouveaux au gratin*.

 

Pour 4 personnes, il vous faut 800 g de haricots frais, 2 poireaux, 2 dl de crème, persil haché, 80 g de chapelure, 50 g de gruyère râpé, beurre.

 

Cuire les haricots à l’eau bouillante salée. Quand ils seront à point, fondre au beurre le blanc des poireaux émincés ; puis mouillés de la cuisson des haricots ; cuire 20 minutes ; Mélanger les poireaux aux haricots ; ajouter la crème et le persil haché ; verser dans un plat creux ; recouvrir de râpé, de chapelure, par-ci par-là des noisettes de beurre ; faire gratiner doucement à four moyen, de belle couleur.

Bon appétit !  

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* Recette extraite de « Le grand livre de la cuisine normande » de R. Compas – Ed ; J-P. Delage Paris 1976.

Biblio. « La fabuleuse histoire des légumes » d’E. Bloch-Dano – Ed. Grasset – 2008.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

30/06/2013

La Verte-Bonne, une délicieuse prune normande

En aval de Rouen, les deux rives de la Seine offrent à l’arboriculture qui s’y est développée un terrain idéal repéré dès le VIIe siècle par les religieux de l’Abbaye de Jumièges qui y ont développé les premières plantations fruitières.

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Abbaye de Jumièges

 

Grâce à la nature des sols et surtout au microclimat qui règne dans ce Val de Seine, des températures douces dues aux falaises de craie blanche réfléchissant la chaleur, protégeant du vent et limitant les précipitations, les hommes ont produit ici de la vigne puis des pommes et des poires et plus tard des cerisiers, bigarreautiers et des pruniers. 

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Aujourd’hui, des quarante variétés de prunes qui étaient produites au début du siècle dernier, une majorité d’entre-elles a malheureusement disparu des étals. Heureusement, la Verte-Bonne, cette jolie prune exclusivement normande, à la chair fine et délicate, cousine de la Reine-Claude, régale toujours nos papilles.

 

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 La Verte-Bonne, prune normande

 

Comme d’habitude, pour tous les gourmands aux papilles alléchées, voici la recette de la tarte aux Vertes-Bonnes du Val de Seine, en réalité un gâteau aussi beau que délicieux.*

Pour 6 personnes, il vous faut :

pour la pâte : 200 g de farine 1 œuf, 75 g de sucre semoule, 3 cuillerées à soupe de laite, 2 cuillérées à soupe d’huile, 1 cuillerée à café de levure, 1 pincée de sel ;

pour la garniture : 400 g de Vertes-Bonnes, 125 g de beurre, 60 g de sucre semoule et 1 œuf.

Mettre la farine dans un saladier et faire une fontaine. Y verser le sel, le sucre, l’huile, l’œuf et délayer avec le lait. Incorporer la levure et bien mélanger le tout. Verser à mi-hauteur dans un moule beurré. Cuire à feu moyen (th6) pendant 15 minutes.

Pendant ce temps, laver et sécher les prunes, les couper en deux et retirer les noyaux.

Dans une jatte, battre le sucre avec le beurre fondu et l’œuf. Sortir le gâteau, le napper de cette crème. Disposer ensuite les fruits ouverture en l’air sur toute la surface ; remettre au four pendant 10 minutes.

A déguster tiède accompagné d'un verre de cidre frais !

Bon appétit !

 

*Recette extraite de « La bonne cuisine normande » de J-Boudou – Ed. Libris – Mai 2008.

09/06/2013

Le navet de Martot, normand et fameux !

Situé sur la plaine alluviale de la Seine, entre Elbeuf et Val-de-Reuil, c’est à Martot que l’Eure conflue avec la Seine. Et c’est grâce à ce sol sableux que, de tous les navets cultivés en Normandie, celui de Martot est le plus anciennement réputé. L’historien français Le Grand d’Aussy (1737-1800) mentionne, dès 1782,  les navets de « Martot près de Rouen » ! Plus tard, en, dans son « Petit traité pratique de culture potagère » publié en 1854, N.-J.Prévost insiste sur l’importance du terroir. « Aucune plante potagère ne change plus complètement de qualité, en changeant de terrain, que le navet ; ainsi les navets de Martot, si justement réputés (…) Rien n’égale en bonté les navets récoltés sur le sol arénaire compris entre Elbeuf et Pont-de-l’Arche. »  

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Le navet de Martot se distingue de ses cousins par sa belle forme obtuse et arrondie à l’extrémité. Il est aussi très légèrement sucré. Est-il né d’un vieux navet normand, le navet Maltot apparu dans le Calvados ? Est-ce le renflement de la partie inférieure qui lui a valu ce nom orthographié également en « Marteau » ? Peut-être.  

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Quoi qu’il en soit, alors qu’à Martot, la production de navets a perdu son ancienne importance, c’est aujourd’hui, la Basse-Normandie, et plus particulièrement le département de la Manche, qui se trouve en tête des régions françaises productrices de navets.

Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette des navets au cidre*.

Pour 4 personnes, il vous faut 4 gros navets ronds, 250 g de chair à saucisse, 1 œuf, 1 belle noix de beurre, 1 dl de cidre, 1 échalote, 3 cuillers à potage de jus de veau, 1 brindille de thym, 1 feuille de laurier, quatre-épices, fines herbes.  

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Commencer par éplucher les navets ; les évider ; avec les fines herbes, l’échalote hachée finement, l’œuf et 2 pincées de quatre-épices, la chair à saucisse, faire la farce en mélangeant le tout. Remplir les navets ; bien tasser ; beurrer grassement un plat allant au four. Placer les navets ; mouiller avec le citre, le jus de viande, sel, poivre ; Passer au four chaud 15 minutes.

Bon appétit !

 

* « Le grand livre de la cuisine normande » de R. Compas – Ed. Delarge – 1976.

Biblio ; « Normandie, produits du terroir et recettes traditionnelles » - Inventaire du patrimoine culinaire de la France – Ed. Albin Michel 2003.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.