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25/04/2012

Le mariage d'une enfant : A Meulers, au début du XVIIIe siècle

Meulers est une petite cité normande située dans le département de la Seine-Maritime et le canton d’Envermeu, au cœur de la vallée de la Béthune, à mi-chemin entre Dieppe et  Neufchâtel-en-Bray.

Au XIIe siècle, le village portait le nom de "Mouliers", signifiant "sables qui viennent de l'amont" (du Pays de Bray). Sa dénomination actuelle de « Meulers » date du XVIe siècle. L’église du village, édifiée au XIIIe siècle, a été partiellement reconstruite au XVIe siècle. 

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Comme certains de mes aïeux vivaient au début du XVIIIe siècle dans ce petit coin de notre belle province, c’est en recherchant leurs traces dans les registres paroissiaux mis en ligne dernièrement par les Archives départementales de Seine-Maritime, que mon attention a été retenue par un acte de mariage dressé le mardi 28 février 1702 par le curé du lieu à cette époque, Maître René Chartier.  

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Ce jour-là, le père a uni un lointain cousin, Charles Lefevre, âgé de 22 ans, originaire de Bures en Bray, à une très jeune fille, Catherine le Prestre, tout juste âgée de 12 ans. Le prêtre a pris la peine de préciser « âgée de douze ans accomplis suivant l’extrait de son baptême de la dite paroisse de Meulers ». 

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De tout temps, la puberté a été une condition au mariage imposée par la nature et reprise tant par le droit canon que la loi civile.

Chez les Romains déjà, l’homme était pubère à 14 ans et la femme à 12 ans. Et jusqu’à la promulgation de la loi du 29 septembre 1792, c’était également l’âge minimum requis pour se marier dans notre pays.

Si la période révolutionnaire le portera respectivement à 15 et 13 ans, depuis le 30 ventôse an XII, l’âge nubile ou l’âge de la « puberté légale » n’a pas changé en France : il est de 18 ans pour les garçons et de 15 ans pour les filles. Cependant, l’Eglise comme l’Etat plus tard s’accorderont le droit d’accorder des dispenses pour circonstances exceptionnelles.

Paradoxalement, l’âge de la « majorité  matrimoniale », c’est-à-dire l’âge au-delà duquel le consentement des parents n’est plus exigé par la loi pour se marier, fixé à l’origine par le droit canonique à 14 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles, a été augmenté puis diminué à plusieurs reprises. L’Ordonnance de Blois le fixa en 1579 à 30 ans pour les garçons et 25 pour les filles puis la loi du 20 septembre 1792 le ramènera pour les deux à 21 ans. Plus tard, le Code Civil l’augmentera dans un premier temps à 25 pour les garçons uniquement, puis, en vertu de la loi du 21 juin 1907 à 21 ans pour les deux. Enfin la loi du 5 juillet 1974 le fixera à 18 ans pour les deux.

Quant à la « majorité civile », c’est-à-dire l’âge à atteindre pour être considéré juridiquement comme civilement capable et responsable de ses actes, fixée à 21 ans pour les garçons comme pour les filles sous la Révolution, elle a été ramenée à 18 ans pour les deux par la loi de 1974.

  

 

Merci aux sites http//genea30.free.fr et http://meulers.com

07/03/2012

Ça s’est passé un 7 mars...

C’est en effet le 7 mars 1765, sous le règne du roi Louis XV, que naquit à Châlon-sur-Saône (Saône et Loire), Joseph Niépce, pionnier de la photographie et auteur du tout premier cliché, qui n’adoptera le surnom de Nicéphore qu’à partir de 1788.

 

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 Acte de baptême de Joseph Niépce

 

C’est lors d’un voyage en Sardaigne, en compagnie de son frère Claude, qu’ensemble ils vont avoir l’idée de la photographie.

Dès 1812, Niépce parvient à obtenir en lithographie des négatifs (grâce au chlorure d'argent) et des positifs (avec du bitume de Judée), mais ces images ne sont pas stables.

 

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 Nicéphore Niépce vers 1795

 

Il lui faudra 10 années de recherches et d’essais pour réaliser la copie d’un dessin par la seule action de la lumière sur une plaque de verre enduite de bitume de Judée.  

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Le « point de vue du Gras » ci-dessus est la toute première photographie permanente réussie connue comme effectuée par Niépce en 1826 ou 1827 à  St-Loup-de-Varennes. 

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Chambres noires utilisées par Niépce

 

En 1829, voulant affiner sa méthode, il s’allie avec Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851), spécialiste de la chambre obscure. Les associés, utilisant comme produit photosensible le résidé de la distillation de l’essence de lavande, vont obtenir en juin 1832 des images en moins de 8 heures de temps de pose ! Niépce nomme leur nouveau procédé le Physautotype.

Hélas, le 5 juillet 1833, il meurt subitement sans qu’aucune de ses inventions n’ait été reconnue.

La date conventionnelle de l'invention de la photographie est 1839. C'est celle de la  présentation officielle à l’Académie des sciences de l’invention de Daguerre, le daguerréotype, par François Arago (1786-1853). Il s’agit en fait d’une amélioration de l'invention de Niépce.

Grâce au daguerréotype, on obtient des images après « seulement » une demi-heure de pose (lorsque le ciel est parfaitement dégagé). Cette lenteur est quelque peu problématique. La première photographie représentant des êtres humains sera réalisée un peu plus tard : un passant se fait cirer les chaussures par un cireur des rues, les deux personnages sont restés immobiles pendant de longues minutes !  

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  Daguerréotype de 1841- Musée de Mulhouse

 

André Castelot dans son Calendrier de l’Histoire* raconte que « tout le monde voulut se « faire faire son portrait ». Mais les séances étaient parfois assez pénibles : l’opérateur se trouvait obligé d’exposer son modèle face à la lumière du soleil pendant vingt minutes. Et, ainsi que le disait Gaudin, « on attrapait toujours un coup de soleil… »

Des gens intrépides risquèrent volontiers l’insolation, mais leurs paupières et les pupilles ne pouvaient supporter ce supplice et il fallut se résigner à les faire poser les yeux fermés…

Certains opérateurs placèrent alors leurs victimes, comme l’avait conseillé Arago, à l’abri d’un verre bleu ; les yeux purent demeurer ouverts mais l’image n’offrait que des têtes crispées à regard féroce. Pour aider le patient à supporter l’interminable pose,  on adapta des appuis-tête aux fauteuils… mais, on le devine, ce n’est pas ce procédé qui ajouta du naturel au « point de vue ». Le premier portrait ainsi obtenu fut exposé. La contraction des traits et la grimace disaient suffisamment les souffrances endurées par le supplicié… Néanmoins, les yeux demeuraient ouverts, presque écarquillés : le patient avait tenu bon ! »

 

Biblio : Le calendrier de l’Histoire d’A. Castelot – Lib. Académique Perrin – 1970.

Merci au site www.niepce.com et aux pages Wikipédia sur le sujet.

21/01/2012

L'horoscope funeste de Madame la Dauphine !

Un savant astrologue de Turin* le lui avait prédit : elle mourrait dans sa vingt-septième année. Elle en parlait souvent, comme d’une chose inéluctable. Marie Adélaïde de Savoie était une princesse gracieuse, vive, aimable, fraîche et d’un naturel enjoué. Elle disait « Il faut bien que je me réjouisse, puisque je ne me réjouirai pas longtemps ! » Bien que de santé fragile, elle aimait la fête, la chasse et tous les plaisirs de la cour.

 

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Marie Adélaïde de Savoie (1685-1712)

 

Son mari, Louis, Duc de Bourgogne (1682-1712), petit-fils de Louis XIV, lui vouait un amour infini. Ils eurent trois fils, trois « Louis », le premier décéda avant son premier anniversaire, le second mourut moins d’un mois après ses parents, le troisième devint roi.

 

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Le mariage de Louis de France, Duc de Bourgogne et de Marie Adélaïde de Savoie, le 7 décembre 1697 – A. Dieu)

 

Approchant de l’age fatidique, elle avait dit à son mari « Voici le temps qui approche où je dois mourir. Vous ne pouvez pas rester sans femme, à cause de votre rang et de votre dévotion : dites-moi, je vous prie, qui épouserez-vous ? »

« J’espère, lui avait-il répondu, que Dieu ne me punira jamais assez pour vous voir mourir ; et si ce malheur devait arriver, je ne me remarierai jamais ; car dans les huit jours, je vous suivrais au tombeau. » Et c’est ce qui arriva !

Quand la jeune dauphine tomba malade, en février 1712, elle savait qu’elle n’allait pas en réchapper ! Cela commença par une forte fièvre, des plaques rouges et une grande faiblesse… Elle reçu l’extrême onction le 11 et mourut le lendemain, 12 février 1712. Son mari présentait déjà les mêmes plaques rouges que sa femme. Il décéda le 18 février, soit 6 jours plus tard que son épouse. 

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Extrait du registre paroissial de Versailles

 

On saura plus tard que tous deux ont été victimes d’une fièvre infectieuse, éruptive, à marche rapide, sorte sans doute de rougeole épidémique ou de scarlatine.

Les deux enfants du couple, malades également, furent livrés aux mains des médecins. Ils « soignèrent » d’abord l’aîné et le tuèrent en peu de jours. Le second fut sauvé grâce au bon sens de sa gouvernante qui s’enferma avec lui dans une pièce du château et le tint ainsi bien au chaud. L’enfant se remit. Il avait deux ans. C’était le dernier survivant de la branche aînée des Bourbons. Il sera couronné sous le nom de Louis XV !

 

* On doit la connaissance de cette histoire à la Princesse Palatine, Madame, mère du Régent, qui l'a relatée dans ses mémoires.

 

Biblio. Historia N° spécial 356 bis – 12.1997

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.