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07/11/2012

Les statistiques de Monsieur le curé

Sur le registre des baptêmes, mariages et sépultures de la petite ville Euroise de Condé-sur-Iton, après l’année 1715,  le curé de la paroisse a relevé une  « Description et état présent de la France que Monsieur le Maréchal de Vauban, grand ingénieur de France, a présenté au Roy en l’an 1706 ». 

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Cet inventaire des "richesses" du royaume, mêlant géographie, démographie, finances, armement, patrimoine, ... se termine par une estimation des fortunes comparées du roi et de l'Eglise.

Rappelons que le roi Louis XIV est mort à Versailles le 1er septembre 1715 et que Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, nommé Maréchal de France en 1703, s’est éteint quant à lui le 30 mars 1707.

Voici ce qu'on peut lire :

 

« Il y a vingt millions d’hommes sans compter les femmes ni les enfants 

160 rivières grandes ou petites 

400 grandes villes

2500 petites villes ou bourg fermés

Trois millions cinq cents familles

Quatre mille familles d’ancienne noblesse

Sept cent mille hommes sous les armes par terre et par mer

30 galères sur la mer Méditerranée

70 vaisseaux de haut bord sur la mer océane

30 vaisseaux de même sur la mer Méditerranée

18 archevêchés ou primitives églises

114 évêchés suffragants

140 mille curés

140 mille paroisses fiefs et arrière fiefs

4500 abbayes de religieux

5400 prieurés

16 grandes abbayes royales

256 commanderies de Malte

152 mille chapelle et autant de chapelains

900 couvents de Cordeliers et le nombre de Récolés, Jacobins, Carmes, Augustins, Célestins, Minimes, Chartreux, Jésuites et autres religieux montant à 14 077 couvents

9000 chanoines, 600 enfants de chœur

9000 religieux rentés

33 500 religieux mendiants

21 mille de l’ordre de Saint-François, Cordeliers, Capucins et Piquepus

9000 Carmes, Augustins et Jacobins réformés

55 000 Minimes, 1800 religieuses

500 ermites de l’ordre de Saint-Augustin

12 parlements

Le Roy a 180 millions de rente tous les ans

Les ecclésiastiques possèdent 9000 places, châteaux et maisons ayant haute basse et moyenne justice

L’état ecclésiastique de France a de revenu annuel 312 millions de livres, c'est-à-dire 132 millions plus que le Roy. »  

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Biblio. Article de B. Ollivier, Revue Généalogique Normande – n° 100 – 4ème trimestre 2006

29/07/2012

Ça s’est passé un 29 juillet…

Le 29 juillet 1890, mais l’histoire commence 2 jours plus tôt, le 27, à Auvers-sur-Oise, village situé aujourd’hui dans le département du Val d’Oise à une quarantaine de kilomètres au nord de Paris. 

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 Van Gogh – Autoportrait  

 

Vincent Van Gogh, l’artiste à l’oreille coupée, quitte le café Ravoux situé sur la grand-place du village. C’est une pension modeste où il loge depuis deux mois et où il prend ses repas. A son habitude ce jour-là, vêtu de sa veste de tâcheron, son feutre cabossé et avec au bras le grand cabas où il met tout son matériel de peintre, il prend la route du village voisin. Sur sa route, il entre dans la cour d’une ferme et, en plein champ, se tire une balle de pistolet dans la poitrine. Seulement blessé, il parvient à rentrer au soir à l’auberge et monte dans sa chambre sans alerter cependant les aubergistes qui se trouvent sur le pas de leur porte à prendre le frais et qui remarquent qu’il se tient le côté et semble souffrir. 

 

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L’auberge Ravoux à Auvers-sur-Oise

 

Un peu plus tard, le patron, entendant des gémissements, pousse la porte de la chambre de l’artiste et entre. Van Gogh est étendu sur son lit. Il lui confie, en montrant sa blessure, qu’il espère bien cette fois ne pas s’être raté. Epuisé nerveusement par son travail (il a peint avec frénésie plus de 70 toiles durant ces deux derniers mois), se sentant sûrement coupable d’être à la charge financière de son frère Théo, il refuse toute aide et meurt le surlendemain, 29 juillet 1890.  

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Acte de décès

 

Né au Pays-Bas 37 ans plus tôt, le 30 mars 1853, au presbytère parental de Groot-Zundert, village du Brabant septentrional, l’artiste commence seulement à peindre en 1880. Cette année-là, il s’installe à Bruxelles et s’inscrit aux Beaux-Arts. Il rompt tout lien avec sa famille, à l’exception de son frère Théo dont le soutien matériel et psychologique sera sans faille. Six ans plus tard, il le rejoint à Paris alors que les Impressionnistes tiennent leur dernière exposition et commencent enfin à être acceptés. A sa mort, il laisse plus de deux mille toiles et dessins d'une oeuvre empreinte de naturalisme, inspirée par l'impressionnisme et le néo-impressionnisme. Il est aujourd'hui l'un des peintres les plus connus au monde.

 

 

 

Biblio. Merci au site http://www.van-gogh.fr

 

25/04/2012

Le mariage d'une enfant : A Meulers, au début du XVIIIe siècle

Meulers est une petite cité normande située dans le département de la Seine-Maritime et le canton d’Envermeu, au cœur de la vallée de la Béthune, à mi-chemin entre Dieppe et  Neufchâtel-en-Bray.

Au XIIe siècle, le village portait le nom de "Mouliers", signifiant "sables qui viennent de l'amont" (du Pays de Bray). Sa dénomination actuelle de « Meulers » date du XVIe siècle. L’église du village, édifiée au XIIIe siècle, a été partiellement reconstruite au XVIe siècle. 

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Comme certains de mes aïeux vivaient au début du XVIIIe siècle dans ce petit coin de notre belle province, c’est en recherchant leurs traces dans les registres paroissiaux mis en ligne dernièrement par les Archives départementales de Seine-Maritime, que mon attention a été retenue par un acte de mariage dressé le mardi 28 février 1702 par le curé du lieu à cette époque, Maître René Chartier.  

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Ce jour-là, le père a uni un lointain cousin, Charles Lefevre, âgé de 22 ans, originaire de Bures en Bray, à une très jeune fille, Catherine le Prestre, tout juste âgée de 12 ans. Le prêtre a pris la peine de préciser « âgée de douze ans accomplis suivant l’extrait de son baptême de la dite paroisse de Meulers ». 

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De tout temps, la puberté a été une condition au mariage imposée par la nature et reprise tant par le droit canon que la loi civile.

Chez les Romains déjà, l’homme était pubère à 14 ans et la femme à 12 ans. Et jusqu’à la promulgation de la loi du 29 septembre 1792, c’était également l’âge minimum requis pour se marier dans notre pays.

Si la période révolutionnaire le portera respectivement à 15 et 13 ans, depuis le 30 ventôse an XII, l’âge nubile ou l’âge de la « puberté légale » n’a pas changé en France : il est de 18 ans pour les garçons et de 15 ans pour les filles. Cependant, l’Eglise comme l’Etat plus tard s’accorderont le droit d’accorder des dispenses pour circonstances exceptionnelles.

Paradoxalement, l’âge de la « majorité  matrimoniale », c’est-à-dire l’âge au-delà duquel le consentement des parents n’est plus exigé par la loi pour se marier, fixé à l’origine par le droit canonique à 14 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles, a été augmenté puis diminué à plusieurs reprises. L’Ordonnance de Blois le fixa en 1579 à 30 ans pour les garçons et 25 pour les filles puis la loi du 20 septembre 1792 le ramènera pour les deux à 21 ans. Plus tard, le Code Civil l’augmentera dans un premier temps à 25 pour les garçons uniquement, puis, en vertu de la loi du 21 juin 1907 à 21 ans pour les deux. Enfin la loi du 5 juillet 1974 le fixera à 18 ans pour les deux.

Quant à la « majorité civile », c’est-à-dire l’âge à atteindre pour être considéré juridiquement comme civilement capable et responsable de ses actes, fixée à 21 ans pour les garçons comme pour les filles sous la Révolution, elle a été ramenée à 18 ans pour les deux par la loi de 1974.

  

 

Merci aux sites http//genea30.free.fr et http://meulers.com