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11/08/2013

C’était il y a un peu moins de trois siècles…

… le 12 janvier 1741 : Un couple est honteusement chassé de la paroisse de Bosville, petit village normand situé dans l’arrondissement de Dieppe.  

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Quel est leur crime ? Ont-ils tué ? Ont-ils volé ? Que nenni ! Ils se sont simplement aimés ! Mais nous sommes sous le règne du roi Louis XV (1710-1774) : le divorce n’existe pas, ni les moyens modernes de contraception… Et en ce temps là, on ne badine par avec le sacrement de mariage !  

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« Depuis le baptesme de Louis Ortie mentionné dans le présent Registre, fils de Louis et de Clotilde Canu, nous avons apris que ledit Louis Ortie et Clotilde Canu n’étaient point mariés, comme il nous a paru par une lettre de discrette personne maistre aussi curé de Saint Gervais de Rouen en date du dix janvier mil sept cent quarante et un de la paroisse du quel sont ledit Louis Ortie et ladite Clotilde Canu lectrue de la ditte Le Hue tante audit Ortie et laditte Canu en présent de discrette personne maistre Jean Baptiste Hullin curé de Bosville, dont il est porteur, de Jean Baptiste Cherfils, de Pierre Deschamps et plusieurs autre ; Nous attestons que ledit Ortie et laditte Canu nétant point mariés, ledit Louis ortie leur enfan est batard, et que la femme véritable dudit Ortie demeure à présent à la paroisse de Saint Gervais comme le marque la lettre dudit sain son curé, Laquelle ledit Ortie a quittée pour aller avec Clotilde Canu, lesquels nous avons fait sortir honteusement de cette paroisse le douze janvier de la présente année et que nous avons-nous dit Curé et autres témoins / Signé le douze janvier mil sept cent quarante et un et attaché au présent Registre pour le voir en temps et lieu.* »

 

Signatures : B. Hullin, curé de Bosville, B. Cherfis, Langlois Prestre, Lequen Prestre.

 

* Registre paroissial de Bosville (Seine-Maritime)

21/07/2013

Ce jour-là, 20 juillet 1757...,

... le petit village du Vrétot, situé sur la route qui mène de Bricquebec à Barneville-Carteret, au cœur du département de la Manche, vécut  une véritable journée d’enfer.  

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Le curé de la paroisse, l’abbé Mortain, rapporta l’évènement sur le registre paroissial des baptêmes, mariages et sépultures.

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« Remarque - Le vingtième juillet feste Ste Marguerite de la présente année (1757) sur les quatre heures du soir il se monta un orage du costé de Sortosville en Beaumont qui répandit dans tout ce canton plusieurs lieuës à la ronde une gresle si extraordinaire que de mémoire d’homme l’on ne souvenoit pas d’en avoir vu de pareille, il y eut à Bricquebec et en d’autres parRoisses des morceaux qui pesoient une livre et cinq quarterons, et mesme encore plus : en cette parroisse les morceaux étoient partie ronds comme des plus grosses noix, partie plats de largeur d’un écu de trois livres et épais comme le doigt. Cet orage ravagea tout le canton, il y eut des pièces de froment entièrement détruites, les orges et les avoines entièrement péries, la terre étoit toutte couverte de grain, il n’en resta presque point aux épies qui échapèrent du ravage, la pluspart de ces grains ainsi maltraittés repoussèrent par le pied, et les ayant laissés mourir, on les  a récoltés mais peu de profit ; en considération de ce désastre il y a eu quelque diminution sur les tailles en cette élection, mais trop peu considérable pour dédommager de la perte. Les vitres de tous les païs ont été totallement brisées, celle du chœur de cette paroisse ont été refaittes à neuf, il en a coûté trente six livres payées les deux tiers par les fermiers des Religieux de Beaumont, et l’autre par le curé ; celles de la nef ont été pareillement refaittes à neuf ; ce ravage a causé la continuation de la charté des grains, joint à la garde sur les costes que les habitants de cette parroisse sont obligés de faire à cause de la guerre avec l’anglois, ce qui a causé une grande misère dans cette parroisse, et tout le canton. » 

03/07/2013

Quand l'église de La Colombe est visitée dans la nuit...

La Colombe est une petite paroisse normande située dans l’actuel département la Manche au cœur du canton de Percy.  

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En ce début de l’an de grâce 1696, alors que le roi de France, Louis XIV (1638-1715), surveille l’achèvement des travaux de son palais de Versailles, quelle ne fut pas la stupeur des Colombais lorsqu’ils découvrent, au matin du 10 février 1696, que leur église, l’église Notre-Dame de la Colombe, a été pillée et vandalisée dans la nuit. 

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Sur le registre paroissial, le curé écrit :

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« La nuit d’entre le vendredy à samedy 10e février 1696, on a rompu la grande porte de l’église, avec vérières et siseaux au dessous de la barre transversante, défonsé celle du tambour et on a rompu le tronc du Rosaire fermant à deux clés et on a prins l’argent et emporté une des céreures, forcé le dessous dudit tronc ou bufet servant à mettre les cierges, deplus on a cassé et levé les cerures du tronc ordinaire et prins ce qu’il y avoit d’argent. L’on a entré dans la sacristie enlevé toutes les serviettes et quelques nappes sans pouvoir dire combien, beu et renversé une bouteille de vin, prins la moityé d’un cierge servant au grans autel aton (sic) resorty par la mesme trou de la grande porte après avoir remué et foulé tous les bufets et ornements.* »

* Biblio. Registre paroissial 1674-1742