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11/12/2013

Ce jour-là, 11 décembre 1740...

... Les Bréolins sont privés d'offices ! Située en Normandie, au sein du département de l’Eure dans le pays de Verneuil, traversée par l’Avre, sous affluent de la Seine, la petite cité de Breux-sur-Avre tire son nom de « Bréolium », bois en romain, ce qui signifie qu’elle devait à l’origine en être entourée. 

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Eglise St-Germain de Breux

 

Son église, bâtie au XVIe siècle et dédiée à Saint-Germain, renferme une statue de Saint-Fiacre, patron des jardiniers. Il faut dire qu’au siècle dernier, nombreux encore étaient les   maraîchers de la commune.

 

L’hiver 1740 a été sans aucun doute l’un des plus longs, froids et humides qu'est connu notre pays depuis celui de 1709.

 

L’abbé Georges Voisin, curé de la paroisse de Breux, prend soin de consigner sur son registre paroissial des baptêmes, mariages et sépulture, au début de l’année 1740, le texte suivant : 

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« Les eaux ont été si grandes du dixième à l’onzième jour du mois de xbre (décembre) de l’an présent 1740, qu’elles ont monté dans l’Eglise et sacristie de ce lieu et dans le presbytère et tous autres bastiments qui en dépendent, à l’exception du seul cabinet proche la cuisine où il y a une petite cheminée à la mode, et cependant il s’en fallut peu puis qu’elles étoient à la hauteur du pavé, et que sans la feuillure du seuil, elles y auraient entré.  Le sus onzième jour du mois de xbre 1740 et 3e dimanche de l’avent, il n’y eut point de messe et de vespres dites dans la sus Eglise à cause des susdites grandes eaux. »

 

Biblio. Revue Généalogique Normande n° 83 - Juillet/septembre 2002

13/11/2013

Martin, curé de Gruchet Saint-Siméon en 1792

Le petit village normand de Gruchet-Saint-Siméon, le seul en France à porter ce nom, se situe au cœur de l’arrondissement de Dieppe dans l’actuel département de la Seine Maritime.

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 Gruchet-Saint-Siméon

 

En 1785, sur ordre du Roi Louis XVI (1754-1793), l’abbé Jacques Louis François Martin vient y exercer son ministère en qualité de curé de la paroisse. La première messe qu’il célèbre est celle de la fête de Noël. Tout commençait bien... Mais dehors, la révolution est en marche. Les difficultés financières ont fait monter les mécontentements, le marasme industriel à générer une grave crise sociale et les doléances vont vite faire place aux revendications…   

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C’est le 12 juillet 1790 que la Constitution civile du clergé est instituée. Elle fait obligation aux prêtres de prêter serment et de jurer fidélité à cette Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le Roi. La majorité d’entre-eux vont refuser de le faire et devront s’exiler. C’est le cas de l’abbé Martin, curé de la paroisse de Gruchet-Saint-Siméon.

Sur la dernière page du registre paroissial des baptêmes, mariages et sépultures de l’année 1799, il évoque de sa plume son aventure :   

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« Conformément au Décret de Déportation rendu contre les prêtres non assermentés, je m’embarquai à Dieppe le 6 septembre 1792, pour me rendre en Angleterre, où je suis resté jusqu’au 24 avril 1801, jour où je m’embarquai à Londres sur la Tamise pour me rendre en France. J’arrivai à Calais le 1er mai. J’y restai jusqu’au 11 en attendant mon passeport. J’arrivai à Rouen le 13, et je revins reprendre mes fonctions à Gruchet le 18 juin de la même année 1801. » 

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« Que doit-on penser de la Révolution française ? N’en doit-on pas accuser les Ambitieux, les Intrigants, les Ingrats et les traîtes dont l’audace, la lâcheté et les attentats réunis, ont amené et consommé cette Révolution la plus monstrueuse et la plus exécrable qui ait jamais existé ; cette Révolution si féroce que si on en lisait les horribles détails dans l’histoire des nations les plus barbares, on les croirait fabuleux ? L’humanité et la justice remontèrent au Ciel avec le vertueux Louis Seize. » 

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06/10/2013

Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

19 ventôse de l’an IV ou mercredi 9 mars 1796, 20 heures. En la mairie du 2ème arrondissement de la Ville de Paris, située au numéro 3 de la rue d’Antin, une jeune femme se présente au 1er étage. Depuis la loi du 20 septembre 1792,  le mariage civil est enregistré en mairie, la tenue des registres confiée à des officiers municipaux.

Sous sa redingote de drap gris, la future mariée porte une jolie robe de mousseline ornée de fleurs tricolores qui laisse deviner son léger corset à la mode que l’on appelle « le divorce ». Un nom malheureusement prémonitoire*…

Elle est accompagnée de ses deux témoins : Paul Barras (1755-1829), le Président du Directoire et Jean-Lambert Tallien (1767-1820), membre du Conseil des Cinq-Cents. Etienne Calmenet, son homme de confiance, sera quant à lui le premier témoin du marié. Ce dernier se présente, sabre au côté, avec deux heures trente de retard. Il est nerveux. Son aide de camp, le jeune Le Marois, âgé de 20 ans, est avec lui.  

 

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A peine arrivé, après avoir rapidement salué les personnes présentes, il adresse au commissaire du Directoire, seul présent, un froid « Mariez-nous vite ». Le maire, Charles Leclercq, un vieil homme fatigué par cette longue attente, est déjà parti se coucher…   

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Le fonctionnaire n’a d’autre choix que de s’exécuter. Il s’empare du registre et commence à lire un acte de mariage truffé de mensonges et d’irrégularités ! Jugez-en plutôt, n’étant pas élu, le commissaire Collin-Lacombe n’avait pas qualité pour unir légalement deux citoyens. De plus, un des témoins est encore mineur. Enfin, les futurs époux ont tous les deux triché sur leur âge : elle s’est donnée quatre ans de moins alors que lui s’est vieilli de 18 mois. Même les adresses des futurs époux sont fausses !

Le marié sera pourtant, quelques années plus tard, celui qui va donner son nom au rigoureux Code Civil, le Code Napoléon.

Car c’est bien  l’union de Napoléon Bonaparte, Général en chef de l'armée d’Italie et de Rose Tascher de La Pagerie (1763-1814), veuve d’Alexandre de Beauharnais (1760-1794),  la future impératrice Joséphine, qui vient d'être célébrée ! 

 

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Plus tard, l’Empereur tentera de se justifier : « Pour Joséphine, étant donné qu’en 1796 les Iles du Vent étaient occupées par les Anglais, on a utilisé le certificat de baptême de sa sœur cadette qui était morte. Pour moi, n’ayant pas mon acte de naissance, on a utilisé celui de mon frère aîné, Joseph, qui était alors à Paris pour affaires. »

 

* Les époux divorceront le 14 décembre 1809.

 

Biblio. « 12 corsets qui ont changé l’Histoire » de Michel De Decker – Pygmalion 2011.

Merci au site http://www.napoleon.org/