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19/08/2018

L'Arbre de Jessé, ancêtre de notre arbre généalogique

L'arbre de Jessé, dans son décor végétal et sans son caractère ascendant, a souvent été vu comme l'ancêtre des arbres généalogiques. Il représente la généalogie présumée de Jésus de Nazareth à partir de Jessé, père du roi David.

Ces iconographies font référence à deux prophéties d'Isaïe tirées de l'Ancien Testament sur la descendance de Jessé, père du roi David. "Voici, la vierge (virgo) est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel" et "Une verge (virga) sortira de la racine de Jessé, une fleur poussera de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit de Yahvé". Les chrétiens voient dans ces versets une annonce de l'Incarnation,  reconnaissant la Vierge dans la verge et le Christ dans la fleur.

La mise en image de ces textes commence à la fin du XIe siècle. La plus ancienne représentation connue d'un arbre de Jessé date de 1086. Elle apparaît dans le "Codex Vyssegradensis", évangile du couronnement de Vratislav II de Bohême.

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Première représentation connue d'un arbre de Jessé issue du Codex Vyssegradensis.

On doit ce magnifique arbre de Jessé ci-dessous à Herrade de Landsberg, abbesse du Mont-Saint-Odile, mais aussi poète et enlumineuse du XIIe siècle. 

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Autoportrait d'Herrade de Landsberg tenant un parchemin où est écrit un de ses poèmes, vers 1180

Issu de son encyclopédie du savoir médiéval intitulée "Le Jardin des délices", il reprend la prophétie d'Isaïe en plaçant la Vierge et le Christ à la cime, dans un décor floral. Dieu, assis sur une montagne, tient en main, selon un geste appelé à un long avenir, l'arbre des descendants promis à Abraham.

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Herrade de Landsberg, "Hortus Deliciarum", vers 1180 - Bibliothèque Municipale d'Angers.

Celui-ci occupe le tronc et regarde les étoiles que montre l'ange qui lui annonce une postérité aussi nombreuse qu'elles. Au cœur de l'arbre apparaissent les quarante ancêtres du Christ énumérés par Saint-Matthieu. Dans la galerie des portraits, on peut reconnaître les quatorze rois de Juda ancêtres du Christ. Enfin, tout en haut de la page, de part et d'autre du Christ, apôtres, papes, évêques et martyrs représentent L’église.

 

 

 

Biblio et image n°3 : "Mille ans d'histoire de l'Arbre Généalogique en France" de M.-E. Gautier - Ed. Ouest-France, 2008.

24/06/2018

Tableau de consanguinité, les débuts de la généalogie

"Plus ancien mode d'écriture de l'histoire, aujourd'hui science auxiliaire de l'histoire et porte d'entrée à la recherche pour les amateurs, la généalogie, une passion "si largement partagée de nos jours n'est pas nouvelle. A la fin du XIe siècle déjà, le comte d'Anjou Foulques le Réchin s'inquiétait de ne pas connaître l'histoire de sa famille au-delà de son arrière-grand-père. C'est en ses terres, en 1068, que des moines de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers ont dessiné les plus anciennes généalogies conservées en France, les premières a être ornées de rameaux et de feuillage. Près de 1000 ans plus tard, cette figure de l'arbre généalogique est profondément ancrée dans notre imaginaire.

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Abbaye Saint-Aubin d'Angers

 

Aux environs de l'an Mil, alors que se met en place la société féodale et que se structure la famille, la généalogie va se diffuser et se diversifier dans ses usages. Elle se fait l'habile support de toutes sortes de discours d'ordre religieux, politique, juridique et social. Querelles successorales, réforme des pratiques matrimoniales, ambitions sociales nécessitent de véritables argumentaires généalogiques. A cette fin, didactique ou démonstrative, elle suscite l'image, la réclame même, pour faire passer plus subtilement son propos.

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Les Carolingiens font l'objet dans l'Empire germanique des premiers dessins généalogiques de familles non bibliques. Les saints ancêtres, Arnoul et sa tante Gertrude, dominent l'ensemble de la lignée qui se déploie à partir d'un livre en rouleau tenu par les fondateurs. (Ekkehard, abbé d'Aura, "Chronica" - Biblio. Municipale d'Angers.)

La généalogie, sous sa forme graphique, a d'abord été, entre les mains du clergé, un outil de travail dans le cadre de la mise en œuvre de la doctrine du mariage chrétien entreprise par l’Église depuis l'époque Carolingienne. Le XIe siècle est marqué par d'importants efforts pour réguler les unions, limiter l'endogamie et éviter tout inceste alors défini comme union de parents séparés par moins de sept degrés de parenté.

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Isidore de Séville, Étymologies, copie du XIIe siècle - Biblio. Municipale d'Aix-en-Provence.

 

Pour juger de la proximité de parenté, les clercs avaient recours aux tableaux de consanguinité. Certains d'entre-eux étaient ornés de rinceaux et rameaux végétaux, avec au-dessus des cases des plus lointains ancêtres, parfois la représentation d'un couple identifiable à Adam et Eve."

 

Texte et photographies : "Mille ans d'histoire de l'Arbre Généalogique en France" de M.-E. Gautier - Ed. Ouest-France, 2008.

22/04/2018

L'arbre généalogique de Guillaume le Conquérant

Amis généalogistes, pour vous, cet arbre datant du XIVe siècle*. Il indique les descendants mâles de Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie et roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume Ier, né à Falaise en 1027 ou 1028 et mort à Rouen le 9 septembre 1087.

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Vers 1050, Guillaume à épousé à Eu (Seine-Maritime) Mathilde de Flandre, fille de Baudouin V, comte de Flandre. Ils auront au moins dix enfants dont quatre fils. Trois d'entre-eux survivront à leur père.

C'est sur son lit de mort que Guillaume va leur annoncer ses dispositions testamentaires. Son fils aîné Robert Courteheuse recevra le duché de Normandie, le second, Guillaume le Roux, le royaume d'Angleterre, tandis qu'Henri n'obtiendra aucune terre mais une forte somme d'argent. Dès lors, ses fils vont se déchirer et rien ne se passera comme prévu...

L'aîné, Robert dit Courteheuse (v. 1050/52-1134), qui doit son surnom à sa petite taille, est fait Comte du Maine, puis duc de Normandie. L'historiographie anglo-normande le dépeint comme un prince faible et turbulent, incapable de gouverner le duché, mais cependant brave au combat. Héritier du duché de Normandie, il se heurte aux ambitions de ses deux frères cadets qui vont le combattre et le détruire. Il va terminer sa vie prisonnier et décède en février 1134, à plus de 80 ans. Il est inhumé dans l'église abbatiale Saint-Pierre à Gloucester

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Représentation de Guillaume le Roux dans une œuvre de Matthieu Paris (XIIIe siècle).

 

C'est Guillaume II dit Guillaume le Roux (v. 1060-1100), qui succède donc à son père comme roi d’Angleterre de 1087 à 1100. Les historiens du XIIe siècle ont donné de lui une image négative, le décrivant comme brutal, doté d'une morale douteuse et sans culture. Ceux d'aujourd'hui ont un avis plus nuancé. Ils reconnaissent que Guillaume a réussi à maintenir l'ordre en Angleterre et a restauré la paix en Normandie. Mort à seulement quarante ans, il n'a pas été en mesure de montrer l'étendue de ses capacités. Le jeudi 2 août 1100, il participe à une partie de chasse au cerf dans la New Forest (comté d’Hampshire en Angleterre) avec ses compagnons quand, en fin d'après-midi, il est tué par une flèche reçue en plein cœur.

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Représentation de Henri Ier Beauclerc

 

Contre toute attente, c'est enfin le cadet, Henri Ier Beauclerc (1068/69-1135), qui succède à son frère Guillaume II le Roux sur le trône d'Angleterre, en s'emparant au passage du duché de Normandie. Surnommé « Lion de Justice » pour son amélioration des rouages rudimentaires de l'administration et de l'appareil législatif du pays, il est considéré comme « un grand roi et un grand duc ». En qualité de benjamin de la famille, il était destiné à la prêtrise et avait reçu une éducation scolaire importante pour un jeune noble de cette époque. Il était probablement le premier chef normand à savoir parler en anglais. Il meurt à l'âge de 67 ans d'une intoxication alimentaire après avoir mangé des lamproies avariées en décembre 1135 à Saint-Denis Le Ferment (Saint-Denis-en-Lyons) en Normandie et est enterré à l'abbaye de Reading.

 

*Image publiée dans la reuve "L'histoire des Normands" - Les grandes civilisations de l'histoire -N° Hors-Série 08 - 2018.

Biblio. "La véritable histoire des Ducs de Normandie" de A. Davy - Ed. P. Galodé, 2011.