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08/01/2011

Charles Michel de l'Epée, Instructeur des sourds-muets

Il est né à Versailles où son père était architecte le 24 novembre 1712. Charles Michel de l’Epée étudia le droit, la philosophie, les langues et la théologie avant de prononcer ses vœux en 1738, choisissant de se dévouer pour les pauvres et les indigents.

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Durant l'été 1760, le frère Vanin, de la congrégation de la doctrine du Christ, lui présente deux jeunes sœurs sourdes et muettes. Cette rencontre fortuite va changer le cours de sa destinée.

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S’appuyant sur l’ouvrage « Réduction des lettres à leurs éléments primitifs et art d’enseigner à parler aux muets » du prêtre espagnol Juan de Pablo Bonet, il va dès lors entièrement se consacrer à l’instruction de ce public handicapé et au moyen de le sortir de son isolement Pour cela, il va imaginer une langue de signes gestuels naturels, ordonnés selon la syntaxe française. Il ouvre à Paris près du Louvre un institut qui leur est destiné. Sa notoriété va très vite traverser l'Europe : Joseph II visita son école et Catherine II de Russie voulut se l’attacher.

Aidé financièrement par le roi Louis XVI et le duc de Penthièvre, il publie en 1784 son traité intitulé « Véritable manière d’instruire des sourds-muets ». Le principe consistait à « faire entrer par les yeux dans leur esprit ce qui est entré dans le nôtre par la bouche et les oreilles ». 

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Il est décédé à Paris le 23 décembre 1789 et est enterré dans l’Eglise Saint-Roch.

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Deux ans après sa disparition, la Constituante le plaça au rang des bienfaiteurs de l’humanité.  Sa philanthropie fut reconnue dans tous les pays du monde et la langue universelle qu’il avait inventée devint un instrument indispensable de progrès social pour les sourds.

15/12/2010

Le drame de Villequier

Le lundi 4 septembre 1843, Léopoldine Hugo et son mari Charles Vacquerie, fils d’un armateur Havrais, font, en compagnie d’un oncle et d’un cousin de Charles, une promenade en barque sur la Seine entre Caudebec-en-Caux et Villequier. Il est 13 heures quand soudain, au lieu dit « dos d’âne », un brusque et fort coup de vent fait chavirer l’embarcation. Les quatre passagers tombent à l’eau.

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              Léopoldine Hugo peinte par Auguste de Châtillon en 1836, le jour de sa première communion.

Le « Journal de Rouen » du mercredi  suivant va relater le drame « M. Charles Vacquerie, habile et vigoureux nageur, plein de courage et de sang-froid, a plongé et replongé pendant plus de cinq minutes, et a été vu plusieurs fois ramenant à la surface sa jeune femme. Mais, hélas, ils ont fini par disparaître touts deux comme entrelacés ».

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Léopoldine n’a que 20 ans, son mari, 26. Ils s’étaient mariés en février de la même année. Leurs corps seront ensevelis dans un même cercueil. Ils reposent au petit cimetière de Villequier. Un monument, dressé sur le lieu du naufrage, en amont du village, rappelle le drame.

 

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Quant à Victor Hugo, Il rentre d’un voyage qui l’a emmené en Espagne. Il ne va apprendre la terrible nouvelle que cinq jours plus tard, en lisant à Rochefort le journal « Le siècle ».  Le 10 septembre, il écrit à Louise Bertin « j’ai lu. C’est ainsi que j’ai appris que la moitié de ma vie et de mon cœur était morte (…) O mon Dieu, que vous ai-je fait ! (…) Dieu ne veut pas qu’on ait le paradis sur la terre. Il l’a reprise. Oh ! Mon pauvre ange, dire que je ne la reverrai plus. » Il ne se rendra sur sa tombe qu’en septembre 1846. Il écrira pour elle  l’un de ses plus beaux poèmes « Demain, dès l’aube… »

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La légende a attribué l’accident des jeunes époux au mascaret, ce phénomène récurrent, impressionnant et dangereux qui se produit dans les estuaires, quand une forte marée montante rencontre le flot avalant du fleuve, au point de lui passer dessus en formant une énorme vague. Mais voilà, le drame a eu lieu en début d’après-midi alors que la période propice aux mascarets se situe entre 10 et 11 heures ou tard le soir. En outre, Charles, issu d’une famille de marins, connaissait suffisamment ce phénomène pour ne pas s’être laissé prendre au piège.  L’embarcation, trop chargée, mal lestée surtout, n’a tout simplement pas résisté à ce violent coup de vent.

 

17/11/2010

L’enterrement mouvementé de Gustave Flaubert

Gustave Flaubert s’est éteint à son domicile de Canteleu près de Rouen, au Hameau de Croisset, le 8 mai 1880, victime d’une hémorragie cérébrale. Il avait 59 ans.

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                                Portrait de Flaubert par E. Giraud - 1867

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Le 11 eut lieu son inhumation au cimetière monumental de Rouen en présence des plus grands hommes de lettres du moment : Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, Edmond de Goncourt ou encore Emile Zola à qui l’on doit le récit de cet enterrement dont voici quelques extraits :

« Notre bon et grand Flaubert semblait venir à nous, couché dans son cercueil… Daudet et moi, nous nous étions rangés au bord du chemin, sans une parole, et très pâles. Nous n’avions pas besoin de parler, notre pensée fut la même, quand les roues du corbillard nous frôlèrent : c’était le « vieux » qui passait ; et nous mettions dans ce mot toute notre tendresse pour lui, tout ce que nous devions à l’ami et au maître… La sortie de l’Eglise… Le cortège a redescendu la côte de Canteleu. La tombe de Louis Bouilhet se trouve à côté du tombeau de la famille de Gustave Flaubert, et le corps du romancier a du passer devant le poète, son ami d’enfance, qui dort là depuis dix ans… Et, alors, s’est passé un fait qui nous a tous bouleversés. Quand on a descendu le cercueil dans le caveau, ce cercueil trop grand, un cercueil de géant, n’a jamais pu entrer. Pendant plusieurs minutes, les fossoyeurs, commandés par un homme maigre, à large chapeau noir, un figure sortie de Han d’Islande, ont travaillé avec de lourds efforts ; mais le cercueil, la tête en bas, ne voulait ni remonter ni descendre davantage, et l’on entendait les cordes crier et le bois se plaindre. C’était atroce ; la nièce que Flaubert a tant aimée sanglotait au bord du caveau. Enfin, des voix ont murmuré : « Assez, assez, attendez plus tard. » Nous sommes partis, abandonnant là notre « vieux » entré de biais dans la terre. Mon cœur éclatait. »

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Edmond de Goncourt écrira le 14 mai suivant « Oh ! Le triste et navrant enterrement qu’au eu mardi Flaubert ! » Il rapportera également ce détail qui peint Daudet « Ce matin (11 mai), il venait à peine de s’asseoir en chemin de fer, quand Heredia le voit mettant gravement ses gants noirs. Se voyant regardé, Daudet de rire : « Déjà ? Ça vous étonne, hein ? Mais voilà, pour moi, le chemin de fer, c’est la partie de plaisir, la joie des vacances… et ces gants noirs sont chargés de me rappeler où je vais. »