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27/07/2011

L'assassinat du Président Carnot

25 juin 1894 : la France est en émoi. En cette fin du XIXe siècle, les attentats anarchiques frappent de plein fouet toute l’Europe. En France, entre 1892 et 1894, plus de 400 anarchistes protestant contre la politique répressive du gouvernement et notamment le vote des « lois scélérates » visant à réprimer les nombreux crimes et délits commis , sont arrêtés par la police.

Se rendant à l’exposition de Lyon, le Président Sadi Carnot est mortellement poignardé, place des Cordeliers, par un anarchiste italien, Santo Geronimo Caserio, probablement en représailles de la grâce refusée par Carnot à Auguste Vaillant, autre anarchiste qui avait lancé une bombe dans la Chambre des députés en 1893.

 

 

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 Assassinat du Président Carnot, le 25 juin 1894

 

Marie François Sadi Carnot était né à Limoges le 11 août 1837. Et, le saviez-vous, après avoir occupé les fonctions de haut fonctionnaire, de député de la Côte d’Or, et avant celle de sous-secrétaire d’Etat aux Travaux, de ministre des Travaux publics, de Ministre des Finances et de 5ème Président de la République française, il avait été, après la chute du Second Empire, en 1871, Préfet de la Seine-Inférieure, c'est-à-dire de l’actuel département de Seine-Maritime. 

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Sadi Carnot (1837-1894)

Petit-fils du « Grand Carnot » l’humaniste « organisateur de la victoire » en 1793, fils d’Hippolyte Carnot, Ministre de l’Instruction Publique en 1848, l’aventure politique de Sadi Carnot, polytechnicien (l’Ecole polytechnique a d’ailleurs été créée par son grand-père), diplômé de l’Ecole des Ponts et Chaussées débute en 1871 comme député de la Côte d’Or.

D’apparence austère, la barbe noire coupée au carré, un air très digne, il est peu connu du public quand, à la suite de la démission de Jules Grévy, il est élu Président de la République le 3 décembre 1887. « Il n’est pas très fort, déclare alors Clemenceau, mais il porte un nom républicain ». Carnot, désireux de mieux comprendre les problèmes locaux de ses concitoyens,  prend l’habitude de multiplier les voyages dans les départements et c’est ainsi que le 24 juin 1894, il visite à Lyon l’Exposition Internationale qui se tient au Parc de la Tête d’Or et sur le « Quai des Enfoirés ». Le soir, après un banquet à la Bourse de Commerce qu’il préside, la foule, massée entre la place des Cordeliers et la place de la Bourse, attend sa sortie. Précédée par les cavaliers de la Garde Républicaine, la calèche découverte présidentielle se dirige vers le Grand Théâtre, quand un homme, un italien du nom de Santo Caserio, commis boulanger à Sète, bousculant la foule, se dirige vivement vers elle, saute sur le marche-pieds et porte un coup de poignard dans la poitrine du Président en criant « Vive la Révolution ! » avant de prendre la fuite. 

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   Santo Geronomo Caserio (1873-1894)

Touché au foie, rapidement transporté à la Préfecture, le blessé succombe trois heures plus tard. Ramené à Paris pour des funérailles solennelles à Notre-Dame, c’est au Panthéon, à côté de son grand-père, qu’il est inhumé le 1er juillet 1894. Dans tout le pays, l’émotion est profonde et le chagrin sincère. 

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  Acte de décès du Président Carnot

 

 

Quant à Caserio, il est guillotiné le 16 août 1894.  

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 Exécution de Caserio

L’assassinat du Président Carnot fera adopter par la Chambre la dernière mais la plus marquante des « lois scélérates ». Celle-ci ne visera que les anarchistes en leur interdisant tout type de propagande. Elle sera abrogée en 1992.

 

Biblio. « Les lieux de l’histoire de France » - Manufacture française des Pneumatiques Michelin - Folio-Histoire Gallimard 2011.

Merci aux sites wikipedia.org et  rebellyon.info.

 

 

30/03/2011

L'enfant du miracle

Dimanche 5 septembre 1638, au Château neuf de Saint-Germain en Laye, c’est l’effervescence !

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La reine Anne (portrait ci-dessus) accouche de son premier enfant. C’est un fils ! Prénommé Louis-Dieudonné, il est, jusqu’au XVIIe siècle inclus, Louis Quatorzième puis Louis XIV surnommé le « Roi Soleil » ou « Louis le Grand ».

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                     Naissance de Louis XIV -  5 septembre 1638 - Registre paroissial deSaint-Germain en Laye

La généalogie du nouveau-né est prestigieuse : son demi millier d’ascendants par remontée jusqu’à la dixième génération, se compose essentiellement de personnages français et plus généralement latins, principalement italiens et accessoirement d’aïeux germaniques. Par ses père et mère, Louis est à la fois Bourbon et Habsbourg. Ses grands-parents paternels, Henri IV et Marie de Médicis, étaient respectivement Franco-Navarais et Florentin. Ses grands-parents maternels, Philippe III et Marguerite d’Autriche-Styrie étaient espagnol et autrichien, tous deux Habsbourg et proches parents l’un de l’autre.

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                                                                           Portrait de Louis XIV enfant

Au traditionnel titre de Dauphin de Viennois est ajouté à sa naissance celui de Premier fils de France. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut son second prénom « Dieudonné », car, après presque vingt-trois de mariage sans enfant (le couple royal s’est uni en 1615), deux fausses couches de la reine en 1622 et 1625, un roi à la sexualité mal définie, peu porté sur les femmes et l’amour à l’inverse de son père, le « Vert-Galant », et une mésentente affichée du couple royal (le roi se dit « très dégouté d’elle » et la reine « très peu satisfaite de lui », la naissance de l’héritier du trône est pour le moins inattendue, considérée comme un don du Ciel, voire un miracle !

Lors de la naissance du dauphin, le roi est à table. Il n’arrivera auprès de sa femme qu’après la délivrance. Ravi d’avoir un fils, il regarde pourtant bien tristement cet enfant… Si bien que la cour commence à jaser… L’enfant ne serait-il pas du roi ? Aujourd’hui encore le doute subsiste.

Quoi qu’il en soit, la naissance du dauphin, héritier des Bourbons, provoque une explosion de joie populaire, avec tirs au canon, feux de joie et Te Deum. Plusieurs astrologues lui prédisent un avenir glorieux.

L’enfant, ondoyé à sa naissance, reçoit le baptême peu de temps avant la mort de son père le 14 mai 1643. Sa marraine est la Princesse de Condé, et son parrain, le Cardinal Mazarin. « L’enfant du miracle » devient roi à cinq ans. Son règne sera l’un des plus longs de l’histoire de France !

Biblio. 1661, Louis XIV "par E. Le Roy Ladurie - Historia n° 539 - Nov. 1991.

 

05/02/2011

Le fabuleux destin de Françoise d'Aubigné

Mesdames, souriez afin que plus tard vos rides soient bien placées." 

                                           Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon

Quel destin hors du commun que celui de cette femme née en prison d'un père assassin, qui, devenue veuve d'un cul-de-jatte, épousera secrètement le plus grand de nos rois !

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C’est le 27 novembre 1635 que naît à la prison de Niort (Deux-Sèvres) (acte de baptême ci-dessous), Françoise d’Aubigné, petite-fille du poète calviniste Agrippa d’Aubigné et fille de Constant d’Aubigné, qui, non content d’avoir assassiné sa première femme et son amant dans un accès de jalousie, purge alors une peine de prison pour faux monnayage. Françoise est le troisième et dernier enfant du couple qu’il forme avec Jeanne de Cardhilhac. MME MAINTENON.JPG

Baptisée selon le culte catholique, elle reçoit tout d'abord une éducation protestante par sa tante paternelle, Madame de Villette, qu’elle retrouve en 1647 après un séjour de 6 ans à la Martinique où son père, après des années de cachot, a entraîné toute la famille. Plus tard, sa marraine, Madame de Neuillant, l'ayant récupérée, la place dans un couvent de Niort puis à Paris afin de lui faire redonner une éduction catholique.

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                                    Paul Scarron (1610-1660)

En avril 1652, 4 ans seulement après son retour en France, âgée de 16 ans, « sans le sou mais jolie et sage », elle épouse l’écrivain humoriste gravement handicapé Paul Scarron de 25 ans son aîné. Le salon de cet homme très cultivé est fréquenté par les plus beaux esprits. En leur compagnie, la jeune femme s'instruit et se tisse aussi un solide réseau de relations. A la mort de son époux en 1660, elle n’a encore que 25 ans. Sans ressources, elle obtient d’Anne d’Autriche une pension de 2000 livres.

Madame de Montespan, qui apprécie la femme discrète qu'elle est devenue, lui confie alors l’éducation des bâtards du roi dont elle devient la gouvernante de 1669 à 1673. Françoise s’installe  à Vaugirard, y vit dans la plus grande discrétion et y rencontre quelquefois le roi lorsqu’il s’y aventure pour voir ses enfants. Constatant l’attention maternelle dont la veuve Scarron entoure ses petits protégés, il confie à un proche « Comme elle sait bien aimer, il y aurait du plaisir à être aimé d’elle ».

En 1675, en récompense de ses services, Louis XIV lui attribue le domaine de Maintenon qu’il érige pour elle en marquisat. Huit ans plus tard, il va l'épouser ! 

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C'est dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683 qu'est célébré secrètement ce mariage morganatique qui ne restera insoupçonné que pour le peuple. A la cour, l’on sait bien ce qu’il en est : le roi passe une grande partie de son temps dans les appartements de sa femme et, lorsque Madame de Maintenon se déplace en chaise à porteurs, les princesses doivent suivre immédiatement derrière.

C’est pour elle encore que le roi crée en 1686 la Maison royale de Saint-Louis de Saint-cyr-l’école, maison d’éducation des jeunes filles nobles pauvres, où la Marquise se retire après la mort de son mari en 1715.

Elle y décède le 15 avril 1719. Enterrée dans l’allée centrale de l’Eglise, sa tombe est profanée en 1794 et sa dépouille traînée dehors et offerte aux insultes. C’est lors des travaux de reconstruction de l’Ecole, après la seconde guerre mondiale, qu’on découvre, dans les greniers, une simple caisse marquée « Ossements de Madame de Maintenon ». Placés dans la chapelle royale du château de Versailles, ils ont été enterrés en 1969 devant l’autel de la chapelle restaurée du nouveau collège militaire de Saint-Cyr.

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