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16/11/2011

La peur des loups !

 

C’est bien connu, le loup, si pacifique pourtant de nature, attaque quand il est affamé. C’est un carnassier qui ne menace pas seulement les troupeaux et nos ancêtres le savaient bien! Pour eux, il était L’ennemi et tous les moyens étaient bons pour l’éradiquer : battues, chasses à courre, pièges, empoisonnements,…

 

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Déjà, à l’époque de Charlemagne, en l’an 813, l’Empereur à la barbe fleurie avait mis en place la première Compagnie de la louveterie, spécialisée dans la chasse aux loups.

 

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 Le petit chaperon rouge

 

En vain ! Aux XVIIe et XVIIIe siècle, il est présent partout sur le territoire. Et si nombre d’entre-eux sont tués chaque année (5351 en 1797 et 8487 en 1698), jusqu’en 1860, bien qu’en régression, la population des loups restera très abondante. 

En Normandie, il faut attendre la fin du XIXe siècle pour qu’on n’en compte plus que  quelques hordes isolées et fragmentées. Chez nous, le dernier loup capturé l’a été dans l’Orne en 1882.

 

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Extrait du registre paroissial de Tourneville (27) - Années 1666 et 1667

 

Les registres paroissiaux nous livrent dans leurs pages des récits cruels d’adultes et d’enfants égorgés par des loups. Ainsi à Tourneville, petit village du département de l’Eure situé aux portes d’Evreux, on peut lire ci-dessus :

 

« Décembre 1666 – Le dousiesme decembre 1666 jour de Dimanche mourut et fut inhumée la femme d’Estienne Vallue de la morsure d’un loup enragé apres avoir receu labsolution et le St Sacrement de leucharistie quelques jours auparavant, dans le cimetière de cette paroisse en foy de quoy jay  curé soussigné. »

« Janvier 1667 – Le Dimanche deusiesme Jour de Janvier fut inhumé dans le cymetiere de cette paroisse françois gambé des roches apres avoir receu la Ste Communion et esté confessé le 1er jour de Lan. Il est aussi mort de la morsure d’un loup enragé contre lequel il se battit et estouffa en sorte que le lou demeura mort estendu sur la place en foy de quoy jai curé soussigné. »

 

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 Extrait du registre paroissial de La Neuville du Bosc (27) – Année 1698

 

Toujours dans le département de l’Eure, mais cette fois dans la paroisse de La Neuville du Bosc, au sein du canton de Brionne :

 

« Le quinze Jour de Juillet mil six cent quatre vingt dix huit François Quittebeuf aagé de 9 ans fils de Catherin et de Marie Me nager fut egorgé par un loup et fut enterré dans le cimetiere de la Neuville du Bosc.

Le dix septe de Juillet mil sic cent quatre veint dix huit Marie Osmont aagée de neuf ans fille de Jean et de Marie Quittebeuf fut pareillement egorgée par un loupo et fut enterrée dans le cimetiere de la Neuville du Bosc par moy soussigné curé du dit lieu.

Le dix neufe dudit mos et an  un enfant de 2 ans pour Robert le Comte fut aussy egorgé et emporté par ladite beste. »

 

  

Biblio. « L’Eure, berceau de célébrités » – Cercle Généalogique de l’Eure – Nov. 2010

Merci au site carnivores-rapaces.org et aux pages Wikipédia sur le sujet.

Photo : instant-present.over-blog.com

16/10/2011

Ferdinand Cheval ou "La vie sans but est une chimère".

C’est au cœur du département de la Drôme que celui qui sera connu plus tard sous le nom de Facteur Cheval, Ferdinand Cheval voit le jour le 19 avril 1836 à Charmes-sur-l’Herbasse, petit village situé à environ 25 km au Nord de Valence. 

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Acte de naissance de Ferdinand Cheval

 

Ses parents, François et Françoise auront deux garçons, Ferdinand, l’aîné, suivi un an plus tard de son frère Victor.

Après l’obtention de son Certificat d’Etudes Primaires, Ferdinand devient apprenti boulanger, mais il abandonne vite ce métier qui ne lui convient pas. 

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Le Facteur Cheval (1836-1924)

 

Le 12 juillet 1867, à 31 ans, il est nommé officiellement « facteur des postes » de la commune de Hauterives, petite localité située à une douzaine de kilomètres de son village natal, entre deux collines formant la vallée de la Galaure.

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Hauterives, il connaît bien ! Il y a épousé en 1858 une fille du pays, Rosalie Revol dont il a eu deux garçons. 

La tournée du facteur Cheval est celle de "Tersanne ", c’est-à-dire une marche quotidienne de 33 km ! Et pendant ses longues heures de marche, notre facteur s’abandonne à la rêverie, imagine, imagine…

Et voilà comment il va trouver un sens à sa vie ! « Un jour du mois d’avril 1879, racontera t’il plus tard, en faisant ma tournée de facteur rural (…) mon pied accrocha quelque chose qui m’envoya rouler quelques mètres plus loin (…) Je fus très surpris de voir que j’avais fait sortir de terre une espèce de pierre à la forme si bizarre, à la fois si pittoresque que je regardais autour de moi. Je vis qu’elle n’était pas seule. Je la pris (…) et je l’apportais soigneusement avec moi. A partir de ce moment, je n’eus plus de repos matin et soir. Je partais en chercher ; quelquefois je faisais 5 à 6 kilomètres et quand ma charge était faite je la portais sur mon dos. »

Avec ces pierres accumulées jour après jour, il va bâtir le palais féerique échafaudé dans ses rêves pendant ses longues marches. Et durant 33 ans, sans relâche, il transporte les cailloux choisis puis les travaille sans relâche. Il assemble chacun d’eux avec de la chaux, du mortier ou du ciment, la nuit à la lueur d’une lampe à pétrole. Il s’improvise tour à tour architecte, maître d’œuvre, ouvrier ou sculpteur en fonction du besoin du moment.

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Le Palais Idéal du Facteur Cheval

 

Le résultat, qu’il ne baptisera que plus tard, en 1904, le « Palais Idéal », mélange de naïf et de baroque, est considéré de tous aujourd’hui comme un prodigieux hymne à la nature.

Les huit années suivantes, il va les passer à bâtir au sein du cimetière de son village son propre monument funéraire, le « Tombeau du silence et du repos sans fin ». 

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Tombeau du silence et du repos sans fin

 

L’ensemble de l’œuvre du Facteur Cheval a été classé au titre des Monuments historiques. Le facteur a quant à lui tiré sa révérence le 19 août 1924 après une longue vie de labeur.

 

« Fils de paysan, je vieux vivre et mourir

Pour prouver que dans ma catégorie

Il y a aussi des hommes de génie

Et d’énergie. Vingt-neuf ans je suis resté

Facteur rural. Le travail fait ma gloire

Et l’honneur mon seul bonheur ;

A présent voici mon étrange histoire.

Où le songe est devenu,

Quarante ans après, une réalité. »

Ferdinand Cheval, le 15 mars 1905

 

Biblio. merci au site http://jacquesmottier.online.fr  et aux pages Wikipédia sur le sujet

21/09/2011

La véritable Madame Sans Gêne !

Il y a quelques semaines, sur la scène du Théâtre Antoine de Paris, retransmis en direct sur France 2, Clémentine Célarié a exprimé avec tout le talent qu’on lui connaît le personnage de Madame Sans Gène né de l’imagination de Victorien Sardou (1831-1908) et d’Emile Moreau (1868-1950) en octobre 1893.

 

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De l’imagination ? Pas vraiment ! Les auteurs n’auraient fait que reprendre le sobriquet que Napoléon lui-même aurait attribué à l’épouse du Maréchal d’Empire François-Joseph Lefebvre (1755-1820), Catherine Hubscher (1753-1835), cette blanchisseuse au caractère bien trempé et aux manières peu protocolaires. Si cette femme, la seule paraît-il à avoir tenu tête à l’Empereur, a bien existé, elle n’était pas la véritable Madame Sans Gêne. Celle-ci s’appelait en réalité Marie Thérèse Figueur et était une femme soldat.  

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 Acte de baptême de Marie Thérèse Figueur le 17 janvier 1774 à Talmay (Côte d’Or)

 

Marie-Thérèse Figueur est née à Talmay dans le département de la Côte d’Or où elle a été baptisée le 17 janvier 1774. Son père est le meunier du village. Orpheline dès l’âge de 9 ans, confiée à un oncle militaire, elle s’engage à 19 ans, le 9 juillet 1793, sous le nom de « Sans Gêne » dans la Légion des Allobroges, unité militaire créée l’année précédente à Grenoble (Isère) et commandée par le Colonel Pinon. Au sein de ce Régiment de Dragons, elle prend part active à tous les combats de la république et de l’Empire : le siège de Toulon en 1793 et les campagnes des Pyrénées-Orientales, d’Allemagne, du Rhin, de Suisse, d’Italie et d’Espagne, d’Egypte…  

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 Miniature de l’époque attribuée à Madame la générale Carteaux

 

Blessée à deux reprises, sa carrière militaire se termine en Juillet 1812 en Espagne quant elle tombe aux mains de l’ennemi. Après avoir été conduite à Lisbonne puis en Angleterre, elle y est internée comme prisonnier de Guerre à Bolderwood dans le Comté de Hampshire.

Rentrée en France en 1814, elle épouse en Juillet 1818 un ancien soldat du nom de Clément Joseph Melchior Sutter. 

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Marie-Thérèse Figueur (1774-1861)

 

Elle décède le 4 janvier 1861 à Paris à l’Hospice des Petits-Ménages. Ses mémoires ont été publiées en 1842 sous le titre « Les campagnes de Mademoiselle Thérèse Figueur, aujourd’hui Madame veuve Sutter, ex-dragon aux 15e et 9e régiments, de 1793 à 1815, écrites sous la dictée par Saint-Germain Leduc ».

 

 

Biblio. et photos : Merci au site http://sutter2b.canalblog.com et aux pages wikipedia sur le sujet.