Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/09/2011

La véritable Madame Sans Gêne !

Il y a quelques semaines, sur la scène du Théâtre Antoine de Paris, retransmis en direct sur France 2, Clémentine Célarié a exprimé avec tout le talent qu’on lui connaît le personnage de Madame Sans Gène né de l’imagination de Victorien Sardou (1831-1908) et d’Emile Moreau (1868-1950) en octobre 1893.

 

iC. CELARIE.jpg

 

De l’imagination ? Pas vraiment ! Les auteurs n’auraient fait que reprendre le sobriquet que Napoléon lui-même aurait attribué à l’épouse du Maréchal d’Empire François-Joseph Lefebvre (1755-1820), Catherine Hubscher (1753-1835), cette blanchisseuse au caractère bien trempé et aux manières peu protocolaires. Si cette femme, la seule paraît-il à avoir tenu tête à l’Empereur, a bien existé, elle n’était pas la véritable Madame Sans Gêne. Celle-ci s’appelait en réalité Marie Thérèse Figueur et était une femme soldat.  

MT FIGUEUR 2.JPG

 Acte de baptême de Marie Thérèse Figueur le 17 janvier 1774 à Talmay (Côte d’Or)

 

Marie-Thérèse Figueur est née à Talmay dans le département de la Côte d’Or où elle a été baptisée le 17 janvier 1774. Son père est le meunier du village. Orpheline dès l’âge de 9 ans, confiée à un oncle militaire, elle s’engage à 19 ans, le 9 juillet 1793, sous le nom de « Sans Gêne » dans la Légion des Allobroges, unité militaire créée l’année précédente à Grenoble (Isère) et commandée par le Colonel Pinon. Au sein de ce Régiment de Dragons, elle prend part active à tous les combats de la république et de l’Empire : le siège de Toulon en 1793 et les campagnes des Pyrénées-Orientales, d’Allemagne, du Rhin, de Suisse, d’Italie et d’Espagne, d’Egypte…  

Marie Thérèse FIGUEUR.jpg

 Miniature de l’époque attribuée à Madame la générale Carteaux

 

Blessée à deux reprises, sa carrière militaire se termine en Juillet 1812 en Espagne quant elle tombe aux mains de l’ennemi. Après avoir été conduite à Lisbonne puis en Angleterre, elle y est internée comme prisonnier de Guerre à Bolderwood dans le Comté de Hampshire.

Rentrée en France en 1814, elle épouse en Juillet 1818 un ancien soldat du nom de Clément Joseph Melchior Sutter. 

Portrait M T FIGUEUR.jpg

Marie-Thérèse Figueur (1774-1861)

 

Elle décède le 4 janvier 1861 à Paris à l’Hospice des Petits-Ménages. Ses mémoires ont été publiées en 1842 sous le titre « Les campagnes de Mademoiselle Thérèse Figueur, aujourd’hui Madame veuve Sutter, ex-dragon aux 15e et 9e régiments, de 1793 à 1815, écrites sous la dictée par Saint-Germain Leduc ».

 

 

Biblio. et photos : Merci au site http://sutter2b.canalblog.com et aux pages wikipedia sur le sujet.

24/08/2011

Un arbre généalogique surprenant !

Walt Disney, le père de Mickey, avait des ancêtres français*. Il descendait à la 23ème génération du roi de France Louis VI le gros et donc à la 38ème de Charlemagne !  

walddisney-mickey.gif

 Walt Disney (1901-1966)

Mieux encore ! La famille était arrivée aux Etats-Unis avec l’arrière grand-père de Walt, Arundel Elias Disney, lequel débarqua vers 1834 avec un de ses frères et se fixa dans l’Ontario. Mais tous deux étaient irlandais et tous deux natifs de Kikenny où l’arrière arrière arrière grand-père de Walt, Robert Disney, né vers 1746 et décédé en 1808, s’était installé. Mais à l’origine, la famille venait d’Angleterre et auparavant encore de France et de Normandie ! Voyez plutôt : Robert Suhard, fils du seigneur d’Isigny (Calvados) avait accompagné en 1066 Guillaume le Conquérant (1027-1087) dans sa conquête de l’Angleterre. Hugues d’Isigny avait 34 ans. Après la victoire, son fils Robert et lui s’installèrent définitivement en terre anglaise et ne revinrent jamais en France. Leur nom de famille fut anglicisé d’abord en Disny puis en Disney. Ce sont leurs descendants qui partiront s’installer en Irlande. 

Généalogie heros WD.jpg

 Généalogie des héros de Disney parue dans Picsou Magazine

Quant à Mickey, il est né en 1928 de l’imagination de son père qui racontait comment il avait  été inspiré par une petite souris qui venait la nuit dans son bureau. « Elles (les souris) avaient l'habitude de se battre pour des miettes dans ma poubelle lorsque je travaillais seul tard dans la nuit. Je les prenais, les plaçais et les gardais dans des cages sur mon bureau. Je fus particulièrement attendri par une souris domestique brune. C'était un petit gars assez timide. En le tapotant sur le nez avec mon crayon, j'ai réussi à lui apprendre à aller dans un cercle noir que je traçais sur ma planche à dessin. Quand j'ai quitté le Kansas pour tenter ma chance à Hollywood, j'ai souffert de le laisser derrière moi. Alors je l'ai précautionneusement emmené dans un jardin, m'assurant que les alentours étaient agréables et laissé mon petit ami apprivoisé gambader vers la liberté. »

Et souvent d'ajouter : « Tout ce que j'espère, c'est que l'on ne perde pas de vue une chose : tout a commencé avec une souris. »

 Mickey Mouse.gif

 

* voir ma note « Quand Isigny faisait son beurre » du 20.10.2009

Biblio. Article de J-L beaucarnot dans la RFG n° 168.

Merci aux sites http://www.geneastar.org, http://www.isigny-sur-mer.fr et aux pages Wikipedia sur le sujet.

 

 

27/07/2011

L'assassinat du Président Carnot

25 juin 1894 : la France est en émoi. En cette fin du XIXe siècle, les attentats anarchiques frappent de plein fouet toute l’Europe. En France, entre 1892 et 1894, plus de 400 anarchistes protestant contre la politique répressive du gouvernement et notamment le vote des « lois scélérates » visant à réprimer les nombreux crimes et délits commis , sont arrêtés par la police.

Se rendant à l’exposition de Lyon, le Président Sadi Carnot est mortellement poignardé, place des Cordeliers, par un anarchiste italien, Santo Geronimo Caserio, probablement en représailles de la grâce refusée par Carnot à Auguste Vaillant, autre anarchiste qui avait lancé une bombe dans la Chambre des députés en 1893.

 

 

Assassinat Carnot.jpg

 Assassinat du Président Carnot, le 25 juin 1894

 

Marie François Sadi Carnot était né à Limoges le 11 août 1837. Et, le saviez-vous, après avoir occupé les fonctions de haut fonctionnaire, de député de la Côte d’Or, et avant celle de sous-secrétaire d’Etat aux Travaux, de ministre des Travaux publics, de Ministre des Finances et de 5ème Président de la République française, il avait été, après la chute du Second Empire, en 1871, Préfet de la Seine-Inférieure, c'est-à-dire de l’actuel département de Seine-Maritime. 

Sadi-Carnot.jpg

Sadi Carnot (1837-1894)

Petit-fils du « Grand Carnot » l’humaniste « organisateur de la victoire » en 1793, fils d’Hippolyte Carnot, Ministre de l’Instruction Publique en 1848, l’aventure politique de Sadi Carnot, polytechnicien (l’Ecole polytechnique a d’ailleurs été créée par son grand-père), diplômé de l’Ecole des Ponts et Chaussées débute en 1871 comme député de la Côte d’Or.

D’apparence austère, la barbe noire coupée au carré, un air très digne, il est peu connu du public quand, à la suite de la démission de Jules Grévy, il est élu Président de la République le 3 décembre 1887. « Il n’est pas très fort, déclare alors Clemenceau, mais il porte un nom républicain ». Carnot, désireux de mieux comprendre les problèmes locaux de ses concitoyens,  prend l’habitude de multiplier les voyages dans les départements et c’est ainsi que le 24 juin 1894, il visite à Lyon l’Exposition Internationale qui se tient au Parc de la Tête d’Or et sur le « Quai des Enfoirés ». Le soir, après un banquet à la Bourse de Commerce qu’il préside, la foule, massée entre la place des Cordeliers et la place de la Bourse, attend sa sortie. Précédée par les cavaliers de la Garde Républicaine, la calèche découverte présidentielle se dirige vers le Grand Théâtre, quand un homme, un italien du nom de Santo Caserio, commis boulanger à Sète, bousculant la foule, se dirige vivement vers elle, saute sur le marche-pieds et porte un coup de poignard dans la poitrine du Président en criant « Vive la Révolution ! » avant de prendre la fuite. 

Santo Caserio.jpg

   Santo Geronomo Caserio (1873-1894)

Touché au foie, rapidement transporté à la Préfecture, le blessé succombe trois heures plus tard. Ramené à Paris pour des funérailles solennelles à Notre-Dame, c’est au Panthéon, à côté de son grand-père, qu’il est inhumé le 1er juillet 1894. Dans tout le pays, l’émotion est profonde et le chagrin sincère. 

DECES S CARNOT.JPG

  Acte de décès du Président Carnot

 

 

Quant à Caserio, il est guillotiné le 16 août 1894.  

Exécution de Caserio.jpg

 Exécution de Caserio

L’assassinat du Président Carnot fera adopter par la Chambre la dernière mais la plus marquante des « lois scélérates ». Celle-ci ne visera que les anarchistes en leur interdisant tout type de propagande. Elle sera abrogée en 1992.

 

Biblio. « Les lieux de l’histoire de France » - Manufacture française des Pneumatiques Michelin - Folio-Histoire Gallimard 2011.

Merci aux sites wikipedia.org et  rebellyon.info.