Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/03/2012

Ça s’est passé un 7 mars...

C’est en effet le 7 mars 1765, sous le règne du roi Louis XV, que naquit à Châlon-sur-Saône (Saône et Loire), Joseph Niépce, pionnier de la photographie et auteur du tout premier cliché, qui n’adoptera le surnom de Nicéphore qu’à partir de 1788.

 

NIEPCE0001.JPG

 Acte de baptême de Joseph Niépce

 

C’est lors d’un voyage en Sardaigne, en compagnie de son frère Claude, qu’ensemble ils vont avoir l’idée de la photographie.

Dès 1812, Niépce parvient à obtenir en lithographie des négatifs (grâce au chlorure d'argent) et des positifs (avec du bitume de Judée), mais ces images ne sont pas stables.

 

Niepce.jpg

 Nicéphore Niépce vers 1795

 

Il lui faudra 10 années de recherches et d’essais pour réaliser la copie d’un dessin par la seule action de la lumière sur une plaque de verre enduite de bitume de Judée.  

vue-du-gras-niepce.jpg

Le « point de vue du Gras » ci-dessus est la toute première photographie permanente réussie connue comme effectuée par Niépce en 1826 ou 1827 à  St-Loup-de-Varennes. 

Chambres noires utilisées par Niépce.jpg

Chambres noires utilisées par Niépce

 

En 1829, voulant affiner sa méthode, il s’allie avec Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851), spécialiste de la chambre obscure. Les associés, utilisant comme produit photosensible le résidé de la distillation de l’essence de lavande, vont obtenir en juin 1832 des images en moins de 8 heures de temps de pose ! Niépce nomme leur nouveau procédé le Physautotype.

Hélas, le 5 juillet 1833, il meurt subitement sans qu’aucune de ses inventions n’ait été reconnue.

La date conventionnelle de l'invention de la photographie est 1839. C'est celle de la  présentation officielle à l’Académie des sciences de l’invention de Daguerre, le daguerréotype, par François Arago (1786-1853). Il s’agit en fait d’une amélioration de l'invention de Niépce.

Grâce au daguerréotype, on obtient des images après « seulement » une demi-heure de pose (lorsque le ciel est parfaitement dégagé). Cette lenteur est quelque peu problématique. La première photographie représentant des êtres humains sera réalisée un peu plus tard : un passant se fait cirer les chaussures par un cireur des rues, les deux personnages sont restés immobiles pendant de longues minutes !  

DAGUERREOTYPE 1841.gif

  Daguerréotype de 1841- Musée de Mulhouse

 

André Castelot dans son Calendrier de l’Histoire* raconte que « tout le monde voulut se « faire faire son portrait ». Mais les séances étaient parfois assez pénibles : l’opérateur se trouvait obligé d’exposer son modèle face à la lumière du soleil pendant vingt minutes. Et, ainsi que le disait Gaudin, « on attrapait toujours un coup de soleil… »

Des gens intrépides risquèrent volontiers l’insolation, mais leurs paupières et les pupilles ne pouvaient supporter ce supplice et il fallut se résigner à les faire poser les yeux fermés…

Certains opérateurs placèrent alors leurs victimes, comme l’avait conseillé Arago, à l’abri d’un verre bleu ; les yeux purent demeurer ouverts mais l’image n’offrait que des têtes crispées à regard féroce. Pour aider le patient à supporter l’interminable pose,  on adapta des appuis-tête aux fauteuils… mais, on le devine, ce n’est pas ce procédé qui ajouta du naturel au « point de vue ». Le premier portrait ainsi obtenu fut exposé. La contraction des traits et la grimace disaient suffisamment les souffrances endurées par le supplicié… Néanmoins, les yeux demeuraient ouverts, presque écarquillés : le patient avait tenu bon ! »

 

Biblio : Le calendrier de l’Histoire d’A. Castelot – Lib. Académique Perrin – 1970.

Merci au site www.niepce.com et aux pages Wikipédia sur le sujet.

21/01/2012

L'horoscope funeste de Madame la Dauphine !

Un savant astrologue de Turin* le lui avait prédit : elle mourrait dans sa vingt-septième année. Elle en parlait souvent, comme d’une chose inéluctable. Marie Adélaïde de Savoie était une princesse gracieuse, vive, aimable, fraîche et d’un naturel enjoué. Elle disait « Il faut bien que je me réjouisse, puisque je ne me réjouirai pas longtemps ! » Bien que de santé fragile, elle aimait la fête, la chasse et tous les plaisirs de la cour.

 

MARIE ADELAIDE DE SAVOIE.jpg

Marie Adélaïde de Savoie (1685-1712)

 

Son mari, Louis, Duc de Bourgogne (1682-1712), petit-fils de Louis XIV, lui vouait un amour infini. Ils eurent trois fils, trois « Louis », le premier décéda avant son premier anniversaire, le second mourut moins d’un mois après ses parents, le troisième devint roi.

 

Mariage.jpg

  

Le mariage de Louis de France, Duc de Bourgogne et de Marie Adélaïde de Savoie, le 7 décembre 1697 – A. Dieu)

 

Approchant de l’age fatidique, elle avait dit à son mari « Voici le temps qui approche où je dois mourir. Vous ne pouvez pas rester sans femme, à cause de votre rang et de votre dévotion : dites-moi, je vous prie, qui épouserez-vous ? »

« J’espère, lui avait-il répondu, que Dieu ne me punira jamais assez pour vous voir mourir ; et si ce malheur devait arriver, je ne me remarierai jamais ; car dans les huit jours, je vous suivrais au tombeau. » Et c’est ce qui arriva !

Quand la jeune dauphine tomba malade, en février 1712, elle savait qu’elle n’allait pas en réchapper ! Cela commença par une forte fièvre, des plaques rouges et une grande faiblesse… Elle reçu l’extrême onction le 11 et mourut le lendemain, 12 février 1712. Son mari présentait déjà les mêmes plaques rouges que sa femme. Il décéda le 18 février, soit 6 jours plus tard que son épouse. 

LOUPS 1.JPG

Extrait du registre paroissial de Versailles

 

On saura plus tard que tous deux ont été victimes d’une fièvre infectieuse, éruptive, à marche rapide, sorte sans doute de rougeole épidémique ou de scarlatine.

Les deux enfants du couple, malades également, furent livrés aux mains des médecins. Ils « soignèrent » d’abord l’aîné et le tuèrent en peu de jours. Le second fut sauvé grâce au bon sens de sa gouvernante qui s’enferma avec lui dans une pièce du château et le tint ainsi bien au chaud. L’enfant se remit. Il avait deux ans. C’était le dernier survivant de la branche aînée des Bourbons. Il sera couronné sous le nom de Louis XV !

 

* On doit la connaissance de cette histoire à la Princesse Palatine, Madame, mère du Régent, qui l'a relatée dans ses mémoires.

 

Biblio. Historia N° spécial 356 bis – 12.1997

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

17/12/2011

La connaissance du Président

Né à Paris, le 30 janvier 1841, issu d’une famille rhodanienne de menuisiers ébénistes, Félix Faure a commencé sa carrière professionnelle comme sa carrière politique chez nous en Normandie. En 1863, il  est employé au Havre dans une maison de peausserie. Quatre ans plus tard, devenu négociant en cuir, il y fonde sa première société.

Républicain modéré, il entre au conseil municipal de la ville en 1870 puis est élu député de la Seine-Inférieure, fonctions qu’il conservera de 1881 à 1895. Parallèlement, divers postes de sous-secrétaire d’Etat lui sont confiés, avant celui plus prestigieux de Ministre de la Marine. Et puis, le 17 janvier 1895, il est élu Président de la IIIe République.  

Felix Faure.jpg

 Portrait officiel du Président Félix Faure

 

Son mandat présidentiel sera marqué par deux grandes « affaires », l’affaire Dreyfus (il demeurera hostile à toute révision du procès) et une autre beaucoup plus personnelle ! 

Nous sommes le 16 février 1899. Après avoir présidé le Conseil des Ministres, signé quelques courriers, le Président, âgé de 58 ans, s’est retiré comme à son habitude dans le salon mitoyen à son bureau où l’attend une bouteille de vin de Vouvray. Ils vont la boire à deux car « Meg » ne devrait pas tarder à arriver… 

Ils ont fait connaissance deux ans plus tôt. Marguerite Steinheil, l’épouse du peintre Adolphe Steinheil, l’une des plus belles femmes de la Capitale, est devenue très vite sa maîtresse.  

M. Steinheil.jpg

 Marguerite Steinheil (1869-1954)

 

Il est 17 heures. Moins d’une heure plus tard, un cri féminin alerte les domestiques du Palais Présidentiel. Tous se précipitent et découvrent le Président inanimé sur le divan du salon. La jeune femme rajuste ses vêtements en désordre. On l'aide à sortir discrètement de la pièce. Lorsqu’un abbé, mandé par l’entourage pour administrer l’extrême onction au mourant, demande au garde républicain en faction : « Est-ce qu’il a encore sa connaissance ? », le militaire lui répond à voix basse « Non, Monsieur l’Abbé, on l’a fait sortir par une porte dérobée. » 

DECES FAURE.JPG

Extrait de l’acte de décès du Président Félix Faure

 

Marié, père de deux enfants, Félix Faure s’est officiellement éteint à 22 heures d’une congestion cérébrale. Il est à ce jour le seul président en fonction à être décédé au Palais de l’Elysée. Après des obsèques nationales, son corps a été inhumé au Cimetière du Père Lachaise. Georges Clémenceau, qui n’appréciait guère le défunt, aurait déclaré «  ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre ».   

Gisant F Faure.jpg

Quant à la belle Meg, devenue la coqueluche du Paris de la Belle Epoque, elle fut soupçonnée en 1908 d’avoir assassiné son mari. Acquittée, elle épouse en 1917 un baron anglais. Devenue Lady Abinger, elle s’est éteinte le 18 juillet 1954 âgée de 85 ans. 

 

Biblio. "500 histoires de l'histoire de France" Collectif - Ed. De Vecchi 2010.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.