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  • Quand le Cognac remplaçait le formol

    Jusqu'au milieu du XIXe siècle, on conservait les organes prélevés sur les corps des défunts dans de l'alcool. Avant la synthétisation du formol en 1859 par le Russe Alexandre Boutlerov (1828-1886), on utilisait de "l'esprit-de-vin" ou "eau-de-vie" à haut titrage, au minimum 40-45 degrés, un liquide qui permettait une conservation sur le long terme de ladite relique.

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    Tombe de Frédéric Chopin au cimetière parisien du Père Lachaise

    La tombe de Frédéric Chopin (1810-1849), mort à Paris, probablement de la tuberculose, dans la nuit du 17 octobre 1849, est l'un des monuments funéraires remarquables du cimetière parisien du Père Lachaise. Classée en 1850 au titre des monuments historiques, elle est l’œuvre du sculpteur Auguste Clésinger (1814-1883), gendre de George Sand (1804-1876). En pierre de forme rectangulaire, la stèle est surmontée d'une statue de marbre, "La Musique en pleurs" représentant Euterpe, muse de la musique, tenant entre ses bras un luth brisé.

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    Église de la Sainte-Croix de Varsovie

    Toutefois, selon les dernières volontés du défunt qui craignait d'être inhumé vivant, son cœur, prélevé lors de l'autopsie par Jean Cruveilhier (1791-1874) médecin, chirurgien, anatomiste et pathologiste français, a été placé dans un flacon de cognac puis ramené en Pologne, son pays natal, le 2 janvier 1850 par sa sœur Ludwika. Après avoir été entreposé dans un premier temps dans la maison familiale, puis dans les catacombes de l'église de la Sainte-Croix de Varsovie, il a été transféré en 1878, dans un cardiotaphe en cristal, scellé puis encastré dans un pilier de la nef de ladite église où il se trouve toujours aujourd'hui. Considéré là-bas comme "un trésor national", la précieuse relique a survécu notamment aux nazis qui n'ont pas osé ou réussi à s'en emparer durant l'occupation du pays.

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    Le pilier contenant le cœur de Frédéric Chopin, juste au-dessus du bouquet, sur le bas du cénotaphe

    Tous les 25 ans, de façon cérémoniale, le reliquaire est extrait de son pilier pour un examen externe de son état général. Mais comme il n'a jamais été ouvert, le niveau du liquide est resté le même et ne s'est jamais éventé... Tout de même 170 ans d'âge...

     

    Biblio."Autopsie des morts célèbres" de Ph. Charlier et D. Alliot -Ed. Tallandier, 2019.

  • Choux de Bruxelles à la « Belle Normande »

    Le chou de Bruxelles doit tout naturellement son nom à la capitale de la Belgique. Vers 1685, cherchant à rentabiliser la superficie cultivable qui se réduisait sous la poussée de l'augmentation de la population urbaine, des maraîchers de Saint-Gilles, dans la proche banlieue de Bruxelles, créèrent  un nouvel hybride de chou qui, se cultivant verticalement, prenait beaucoup moins de place. Cette nouvelle variété largement étendue permit de nourrir la population en forte croissance de Bruxelles. Elle valut aux Saint-Gillois le surnom bruxellois de « Kuulkappers », coupeurs de choux. Le chou de Bruxelles ne fut introduit en France qu'à partir de 1815.

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    Pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, une recette de Choux de Bruxelles à la « Belle Normande » issue du livre « Gastronomie normande d'hier et d'aujourd'hui »* de Simone Morand (1914-2001), une bretonne passionnée de culture gallèse, qui a sauvé de l'oubli chansons, musique, traditions, costumes et recettes de cuisine du terroir.

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    Simone Morand (1914-2001)

    Pour environ 800 g de choux de Bruxelles, prévoir 200 g de pommes, 1 cuillerée de Calvados, 1 tasse de crème fraîche, beurre, sel et poivre.

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    Éplucher les choux et les laver à grande eau. Bien les égoutter. Sécher dans un torchon. Couper en quartiers les pommes épluchées et épépinées. Les faire revenir au beurre en même temps que les choux crus. Couvrir hermétiquement et faire cuire 15 minutes.

    Au bout de ce temps, ajouter un peu d'eau chaude si nécessaire : les choux frais cueillis n'en demandent pas.

    Terminer la cuisson à feu doux. Mettre le Calvados quelques minutes avant de servir. Dresser sur plat chaud. Recouvrir avec la crème chauffée et assaisonnée.

    Bon appétit !

     

    * Edit.Flammarion, 1970.