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10/07/2016

La retraite normande de Maigret

10 juillet 1972 : les lecteurs du Figaro découvrent en avant-première le premier épisode de "Maigret et Monsieur Charles", l'ultime roman policier de la série des Maigret, amorcée par l'écrivain belge Georges Simenon (1903-1989) en 1930 avec "Pietr-le-Letton".

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Saviez-vous que Georges Simenon a reconnu s'être inspiré très librement du policier Marcel Guillaume (1872-1963) pour créer son célèbre personnage du Commissaire Maigret ? Entré dans la police parisienne en 1900 comme enquêteur-stagiaire, après de nombreux concours administratifs, ce sparnaciens de naissance gravira tous les échelons et deviendra commissaire en 1913. 15 ans plus tard, il est nommé commissaire-divisionnaire au Quai des Orfèvres. Il va y diriger la célèbre brigade criminelle, appelée alors Brigade Spéciale. Surnommé par la presse populaire "l'as de la PJ", son nom est associé à la plupart des grandes affaires criminelles de l'époque, celles de la bande à Bonnot, de Landru, de Stavisky, de Violette Nozière et même de Gorgulov, l'assassin du Président Paul Doumer (1857-1932).

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Marcel Guillaume (1872-1963)

L'homme prend sa retraite en 1937 et choisit d'aller s'installer en Normandie, dans une petite commune du département de la Manche, au cœur du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, celle de Tribehou. Là, en toute tranquillité, il pêche à la ligne et rédige ses mémoires qu'il publiera sous la forme d'un feuilleton dans le quotidien "Paris-Soir". En 1945, il intègrera le groupe d'investigateurs chargés de l'enquête sur la mort d'Adolf Hitler à Berlin. Il s'éteint à Bayeux (Calvados), le 10 février 1963 et sera inhumé dans le cimetière de son village.

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Georges Simenon (1903-1989)

Le commissaire Jules Maigret, protagoniste et héros de 75 romans policiers et 28 nouvelles de Georges Simenon, choisira pour sa part d'aller finir ses jours à Meung-sur-Loire dans le département du Loiret. Quant à Georges Simenon, l'auteur de 193 romans, 158 nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom, ainsi que 176 romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous 27 pseudonymes, à la fin de sa vie, il élira domicile en Suisse et les bords du lac Léman.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

06/07/2016

La verrine normande de l'an de grâce MCCCXIII

Au cœur de la Normandie, dans le département de la Manche, se niche un petit village d'un peu plus de 200 âmes, celui du Mesnil-Villeman. Son église, l'église Saint-Pierre, bâtie au XIIe siècle, occupe bien entendu la plus grande place du bourg. Il faut dire qu'elle abrite un trésor...

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Dans une fenêtre tout près du chœur, un étrange vitrail sur fond de verre blanc en grisaille a été classé monument historique en 1944. Il est le plus ancien vitrail daté de France !

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Mesurant 1m20 de hauteur sur 0m43 de largeur, il représente, "sous une double arcature, un donateur ecclésiastique en prière devant Saint Pierre, patron de la paroisse. Il a la tête tonsurée, est vêtu d'une aube blanche et d'une chasuble bleue doublée de vert et à collet jaune, un manipule blanc et jaune pendant au poignet. Le saint revêtu de même est coiffé d'une tiare rouge, bénit le donateur de la main droite et tient une longue clé jaune de la main gauche". Tout autour, des personnages, prêtres, dames et rois, délicieuses figurines d'or sur fond rouge. L'inscription en quatre lignes, étonnamment longue pour un vitrail de si petites dimensions, court sur le fond rouge de la scène. On y déchiffre aisément : "Mestre Guillaume a donné cette verrine l'an de grâce MCCCXIII" (1313).

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Église Saint-Pierre du Mesnil-Villeman

Ce vitrail permet de dater l'apparition en Normandie d'une technique qui a révolutionné l'esthétique et le style de la peinture sur verre, le jaune d'argent, teinture à base de sels d’argent posés sur la face externe ou interne de verres le plus souvent incolores, dont le XIVème siècle a fait en France un abondant usage.

 

Biblio."Manche - 100 lieux pour les curieux" de B. Rudloff et R. Boudet - Ed. C. Bonneton, 2016.

Merci au site lemesnilvilleman.sitego.fr

03/07/2016

La poularde demi deuil, trésor de la gastronomie lyonnaise

Des lames de truffes glissées sous la peau d'une poularde de Bresse emmaillotée ensuite dans du linge avant d’être pochée et cuite dans une cocotte pendant de longues heures dans un fond blanc de volaille puis servie accompagnée de légumes (poireaux, carottes, navets…) bouillis et du gros sel : voila la poularde demi-deuil  ! Pourquoi demi-deuil ? Parce que les truffes glissées sous la peau de la volaille font alterner le blanc et le noir en transparence. Spécialité lyonnaise par excellence, l’un des sommets de l’art culinaire de la Ville des Lumières, on doit sa recette à la "Mère Filloux", formatrice de la fameuse "Mère Brazier", première femme à avoir obtenu trois étoiles au guide Michelin.

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Françoise Fayolle, Mère Fillioux (1825-1925), créatrice de la Poularde demi-deuil


"La renommée gastronomique de Lyon, écrit Patrick Rambourg dans la revue "Historia" de juin 2016,  doit beaucoup à ces cuisinières que l'on appelait "mère". La plupart d entre elles ont travaillé dans des maisons bourgeoises, puis se sont perfectionnées dans des restaurants avant d ouvrir leur propre établissement. D une façon générale, les "mères" accueillaient d abord une clientèle modeste, principalement composée d hommes seuls, dans une ville ou les canuts, ouvriers des manufactures de soie, sont nombreux. C est peut être l identification de ces femmes à celle qui les a nourris et protégés quand ils étaient enfants qui est d'ailleurs à l origine de leur surnom de "mère". Dans la tradition compagnonnique, le terme est aussi employé par les ouvriers du tour de France pour désigner celles qui leur préparent le repas lorsqu'ils s arrêtent dans les maisons de compagnons, qui furent longtemps des auberges."

 

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Eugénie Brazier, Mère Brazier (1895-1977)

Ainsi, la « Mère Filloux », de son vrai nom Françoise Fayolle (1825-1925) est l'une des premières cuisinières a connaitre la célébrité sous ce nom de « Mère ». Après avoir œuvré en tant que cuisinière privée au service d’un gourmet, elle épousa Louis Filloux, marchand de vin. Le modeste restaurant d’ouvriers que tenait le couple rue Duquesne dans le 6ème arrondissement de Lyon va devenir peu à peu un bistrot de luxe. On dit que cette poularde de Bresse demi-deuil, qui était la recette star de son restaurant, la Mère Filloux en découpa plus de 500 000 dans sa vie!

 

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Le Chef Paul Bocuse

 

Elle eut comme apprenti à la fin de la guerre Eugénie Brazier, devenue aussi « Mère Brazier », un personnage hors du commun, elle-même formatrice d'un certain Paul Bocuse, qui reprit la recette en ouvrant son restaurant en 1921. Son "truc" à lui consiste à sélectionner ses «diamants noirs» en basse Ardèche pour leur parfum et leur tenue de cuisson.

 

Biblio. Merci aux nombreuses pages dont celle de Wikipedia sur ce sujet.