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17/11/2010

L’enterrement mouvementé de Gustave Flaubert

Gustave Flaubert s’est éteint à son domicile de Canteleu près de Rouen, au Hameau de Croisset, le 8 mai 1880, victime d’une hémorragie cérébrale. Il avait 59 ans.

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                                Portrait de Flaubert par E. Giraud - 1867

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Le 11 eut lieu son inhumation au cimetière monumental de Rouen en présence des plus grands hommes de lettres du moment : Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, Edmond de Goncourt ou encore Emile Zola à qui l’on doit le récit de cet enterrement dont voici quelques extraits :

« Notre bon et grand Flaubert semblait venir à nous, couché dans son cercueil… Daudet et moi, nous nous étions rangés au bord du chemin, sans une parole, et très pâles. Nous n’avions pas besoin de parler, notre pensée fut la même, quand les roues du corbillard nous frôlèrent : c’était le « vieux » qui passait ; et nous mettions dans ce mot toute notre tendresse pour lui, tout ce que nous devions à l’ami et au maître… La sortie de l’Eglise… Le cortège a redescendu la côte de Canteleu. La tombe de Louis Bouilhet se trouve à côté du tombeau de la famille de Gustave Flaubert, et le corps du romancier a du passer devant le poète, son ami d’enfance, qui dort là depuis dix ans… Et, alors, s’est passé un fait qui nous a tous bouleversés. Quand on a descendu le cercueil dans le caveau, ce cercueil trop grand, un cercueil de géant, n’a jamais pu entrer. Pendant plusieurs minutes, les fossoyeurs, commandés par un homme maigre, à large chapeau noir, un figure sortie de Han d’Islande, ont travaillé avec de lourds efforts ; mais le cercueil, la tête en bas, ne voulait ni remonter ni descendre davantage, et l’on entendait les cordes crier et le bois se plaindre. C’était atroce ; la nièce que Flaubert a tant aimée sanglotait au bord du caveau. Enfin, des voix ont murmuré : « Assez, assez, attendez plus tard. » Nous sommes partis, abandonnant là notre « vieux » entré de biais dans la terre. Mon cœur éclatait. »

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Edmond de Goncourt écrira le 14 mai suivant « Oh ! Le triste et navrant enterrement qu’au eu mardi Flaubert ! » Il rapportera également ce détail qui peint Daudet « Ce matin (11 mai), il venait à peine de s’asseoir en chemin de fer, quand Heredia le voit mettant gravement ses gants noirs. Se voyant regardé, Daudet de rire : « Déjà ? Ça vous étonne, hein ? Mais voilà, pour moi, le chemin de fer, c’est la partie de plaisir, la joie des vacances… et ces gants noirs sont chargés de me rappeler où je vais. » 

14/11/2010

L'huître normande

« Quelle est la durée de le vie des huîtres ? C’est encore un mystère ! D’abord peu d’huîtres meurent de vieillesse. Et celles-là meurent inconnues. Dans un excellent livre de M. Victor Meunier, intitulé « Les Grandes Pêches », je vois que les huîtres vivent une dizaine d’années. C’est bien assez pour un animal qui n’a ni yeux, ni nez, ni oreilles » écrivait Alexandre Dumas*.

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                                                                  L'amateur d'huîtres - Daumier

Longtemps, il n’y a eu d’huîtres à Paris que de Normandie, ainsi que l’atteste cette remarque d’Honoré de Balzac qui refusait chez lui qu’on les serve au déjeuner, parce que, disait-il « Quand les gens comme il faut ont la passion des huîtres, ils vont en Normandie ! »MARCHANDS D'HUITRES LE HAVRE.JPG

Il fut un temps où l’huître se reproduisait et se développait de manière naturelle le long des côtes de la mer du Nord et de la Manche. Notre province, avec sa façade maritime de près de 470 km, comptait de nombreux gisements exploités de manière artisanale.

Savez-vous qu’aujourd’hui encore, avec une production de près de 40 000 tonnes par an, la Normandie est la première région ostréicole française ? Une huître sur quatre consommée en France est originaire de notre belle province.

On sait que les Grecs comme les Romains étaient amateurs de ce mollusque. En France, le développement du commerce de l’huître démarre au XVIe siècle. Appréciée par la noblesse, elle était un symbole de bonne table.  Jean-François de Troy (1679-1752) a immortalisé en 1735 un de ces déjeuners.

Le déjeûner d'huitres de J.F. DE TROY.jpg

 

Jusqu’au XVIIIe siècle, les huîtres les plus répandues sont les « Pieds-de-cheval » qu’on cuit au court-bouillon et qu’on mange froides. Les fins palais des citadins, dédaignant ces saveurs trop rustiques, vont préférer des huîtres plus délicates, telles celles d’Etretat, lesquelles vont s’imposer rapidement à Versailles, où Marie-Antoinette les apprécie particulièrement. Et pour la combler, des « chasse-marées » à dix et douze chevaux leur font parcourir les pavés du roi en un temps record (pour l’époque) !

Le formidable engouement pour ce mollusque aboutit à l’épuisement des bancs naturels. C’est sous Napoléon III que la culture des huitres va s’organiser avec la création des premiers parcs en 1866. On y introduit l’huître plate, « la portugaise », qui provient de l’embouchure du Tage. Mais celle-ci et celles qui la suivront vont être exterminées par des épizooties dévastatrices. Les ostréiculteurs repeupleront leurs élevages avec une espèce plus résistante, « la japonaise » qui s’est acclimatée à nos latitudes et reste  « la creuse » qui garnit actuellement nos assiettes.  

 

Plateau d'huitres.jpgLes huîtres demandent peu voire pas de préparation. Voyez en la matière les conseils avisés d’Alexandre Dumas :  « L’huître se mange habituellement de la façon la plus simple du monde ; elle s’ouvre, on la détache, on exprime sur elle quelques gouttes de citron et on la gobe. Des gourmands les plus raffinés préparent une espèce de sauce avec du vinaigre, du poivre et de l’échalote ; on les détache, on les trempe dans cette sauce et on les avale ; d’autres, et ce sont les vrais amateurs,  n’ajoutent rien à l’huître et la mangent crue sans vinaigre, sans citron, sans poivre* »

Bon appétit !

 * « Mon dictionnaire de cuisine » d’Alexandre Dumas

 

12/11/2010

La plus petite Mairie de France est Normande !

Saviez-vous que la plus petite Mairie de France est Normande et Euroise ? C’est celle de Saint-Germain de Pasquier, charmant petit village de 139 habitants situé au cœur de la vallée de l’Oison.

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Elle a été aménagée en octobre 1910 sur décision du maire de l’époque, un sieur Marsollet, qui,  en ayant assez de recevoir ses conseillers dans sa salle à manger,  décida d’utiliser comme mairie l’ancienne chapelle Sainte-Clotilde, alors désaffectée de tout exercice de culte et qui avait été érigée au-dessus de la fontaine du même nom, à l’emplacement de l’ancien Prieuré Saint-germain Gaillard.

Malgré ses trois mètres de long et ses deux mètres soixante-dix de large, grâce à un agencement judicieux,  la plus petite Mairie de France accueille sans rechigner ses onze conseillers municipaux, sa secrétaire de mairie, ses dossiers et son ordinateur, et les administrés du village pour leurs démarches administratives. Mais cependant, lors de la célébration d’un mariage, la famille des mariés est bien entendu priée d’attendre sur le trottoir.

Malgré tout, pour rien au monde, ni les élus, ni les habitants de ce village n’échangeraient leur mairie lilliputienne contre une plus spacieuse.

Derrière la mairie, coule toujours une source réputée miraculeuse. La fontaine Sainte-Clotilde a été pendant longtemps un lieu de pèlerinage très fréquenté. On venait y invoquer la sainte pour guérir toutes sortes de maux et notamment pour donner des forces aux enfants qui tardaient à marcher, lesquels étaient alors plongés dans l’eau très froide de la source.

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D’ailleurs, le 3 juin 1856, un paralytique d’Elbeuf, après s’y être baigné, aurait recouvré aussitôt l’usage de ses jambes. Ce qu’on ne put pas vérifier car le lendemain, le miraculé succombait dans son lit… d’une fluxion de poitrine ! Ça ne s’invente pas !...