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Le bâton de maréchal !

8 août 1819. Dans la cour du château de Saint-Cloud, les élèves de l'école militaire de Saint-Cyr sont au garde à vous. Sa majesté le roi Louis XVIII (1755-1824), venu leur rendre visite, s'apprête à leur parler.

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Louis XVIII (1755-1824)

Fondée en 1802 par Napoléon Ier (1769-1821) alors Premier Consul, le souverain a été accueilli par le gouverneur de la 3ème Division militaire et major général de la garde royale, Nicolas Charles Marie Oudinot duc de Reggio (1767-1847). Cet homme, que l'Empereur Napoléon avait surnommé « le Bayard de l'Armée française », vient d'être élevé à la dignité suprême de maréchal d'Empire. Il faut dire qu'il détenait le record du soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l'Empire. Trente-quatre au total ! A tel point que le maréchal Canrobert (1809-1895) parlant de lui disait « qu'il n'était qu'une passoire ! »

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Nicolas Charles-Oudinot, duc de Reggio, maréchal de France (1767-1847) par Robert Lefèvre (1756-1830)

Dans le discours du roi, une petite phrase résonne aux oreilles attentives des jeunes gens présents  : «  Rappelez-vous : il n’en est pas un dans vos rangs qui n’ait pas dans sa giberne le bâton de maréchal de France  ; c'est à vous de l'en faire sortir. »

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Les bâtons des quatre maréchaux de la Seconde Guerre mondiale (de Lattre (1889-1952), Leclerc 1902-1947), Juin (1888-1967) et Kœnig (1898-1970))sont exposés au musée de l'Armée

Ah, mériter un jour ce fameux bâton de maréchal  ! La plus haute distinction militaire française ! Étymologiquement, le mot « maréchal » provient de l’ancien français « mareschal » issu du vieux-francique « marhskalk » (« palfrenier », « garçon d’écurie »), lui-même dérivé de « marh » (cheval) en proto-germanique, mot possiblement d’origine gauloise, et du proto-germain « skalk » (« serviteur »). A l'origine donc, le maréchal est un « domestique chargé de soigner les chevaux ». Le mot s'est développé d'une part dans le sens de «maréchal-ferrant», homme chargé de ferrer les pieds des chevaux et des autres équidés et de s'occuper de leur parage et d'autre part dans le sens « d'officier préposé au soin des chevaux», le maréchal des logis, responsable des écuries de son unité militaire et plus tard du logement des troupes.

A noter que, venu à qualifier un «officier qui occupe le grade le plus élevé dans l'armée», il s'écrit sans majuscule. Présente, elle désigne exclusivement le Maréchal Philippe Pétain (1856-1951).

Depuis sa création en 1185, trois cent quarante deux militaires ont été élevés à ce titre. Le premier d'entre-eux fut Albéric Clément (1165-1191) nommé par Philippe Auguste (1165-1223) en 1190 ; le dernier fut, à titre posthume, Marie-Pierre Kœnig en 1984. Depuis la mort du maréchal Juin (1888-1967), la France ne compte plus aucun maréchal vivant. A noter que le Général de Gaulle (1890-1970) aurait refusé cette dignité en 1946 sous le prétexte semble t'il que la ressemblance avec le Maréchal Pétain aurait été négative pour son image.

« Avoir son bâton de maréchal » signifie aujourd'hui être arrivé à la plus haute situation à laquelle on puisse prétendre et, partant, être couronné du succès que l'on attendait.

 

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