Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Dieu, un libre penseur de la Gauche Républicaine

Pas facile de s'appeler "Dieu" et de se faire un nom dans la politique quand on est un libre penseur convaincu et qu'on vote avec la Gauche Républicaine !

L'Insee recense près d'1,3 million de noms de famille différents. Certains sont rares, d'autres moins. Parmi ces derniers, les "Dieu", un patronyme que l'on trouve presque essentiellement en Picardie et en Belgique. Quel en est l'origine ? Deux hypothèses s'opposent. Celle qui rencontre le plus d'adhérents défend la thèse que ce nom désignerait celui qui jouait le rôle de Dieu (ou plutôt du Christ) dans les mystères médiévaux, un genre de théâtre très populaire au XVe siècle et qui était contrôlé par l’Église. Les autres sont convaincus qu'il s'agit là d'un sobriquet désignant soit un homme orgueilleux du genre "je sais tout", soit un homme ressemblant à l'image traditionnelle qu'on avait au Moyen-âge du christ.

dieu 004.JPG

Acte de naissance - Archives Dept. de la Somme - Commune de Villers-Bretonneux - NMD 1840-1843 -

Registre 5-MI8D859 page 176/420

 

Et lui, Ernest Dieu, qu'en pensait-il ? Lui qui avait vu le jour en Picardie, à Villers-Bretonneux, le 14 janvier 1842, à une époque où cette commune était l'une des plus riches et commerçantes du département de la Somme ? Le bourg regorgeait de fabriques de bas de laine et de flanelles. D'ailleurs, son père, Louis Dieu, se déclare à 27 ans, fabricant de bonneterie. Sa mère, Marie félicité Obry est quant à elle la fille d'un filateur. Voilà une voie toute tracée pour l'enfant qui vient de naître : il sera manufacturier ! C'était sans compter sur le démon de la politique !

dieu 003.jpg

Car Ernest Dieu entre pour la première fois le 5 mars 1869 au conseiller municipal de sa commune de naissance, celle où il vit et travaille. Il devient Maire, puis Conseiller Général de Corbie, chef-lieu de canton. Candidat malheureux aux élections législatives d'octobre 1877, il se représente en 1881 et cette fois est élu à la Chambre le 21 août avec 13 597 voix contre 10 062 à son rival, Charles Langlois, Baron de Septenville (1835-1915). Il conservera son mandat jusqu'au 14 octobre 1885. C'est donc en qualité de Député de la Somme qu'il votera les lois Ferry sur la laïcisation de l'enseignement !

dieu 001.JPG

Extrait du Journal "Le temps" du 2 mai 1906

On ignore encore à ce jour la date exacte de son décès, si toutefois Dieu est mort !

 

 

Biblio. "L'évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire" de B. Fuligni - Ed. Les Arènes, 2017.

Écrire un commentaire

Optionnel