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L'horloge qui aurait tant à raconter...

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"

Alphonse De Lamartine (1790-1869)

Pas plus belle ni plus riche qu'une autre, pourtant cette horloge là n'est pas n'importe quelle horloge.

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Bien sûr, des pendules Louis XIV dont la caisse contient mouvement et sonnerie, au siècle dernier, il y en a eu pléthore. Rectangulaires, surmontées d'un fronton ou d’une doucine et de pots à feu, avec cadrans en laiton ou en bronze doré, toutes occupaient une place de choix dans l'intérieur cossu des maisons bourgeoises où, tic-tac après tic-tac, jour après jour, elles donnaient l'heure.

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L'horloge est là, posée sur le meuble à rideau dans la salle à manger 

Non, ce qui rend unique cette horloge là, c'est ce qu'elle a pu entendre... Trônant dans la salle à manger de son propriétaire parisien, au n°8 de la rue Benjamin-Franklin*, pendant 34 ans, elle a été le témoin muet de tout ce qui s'y est passé. Elle a assisté à toutes les conversations, privées ou d’État, elle a surpris toutes les réparties, les bons mots et les coups de gueule. Ah oui, si elle pouvait parler, livrer ses secrets, restituer la verve des paroles prononcées tant par les personnalités que par leur hôte ?

Mais un matin du 24 novembre 1929, à 1 heure 45, heure, elle s'est arrêtée. Un peu comme si l'histoire ne pouvait que s'arrêter là, à l'heure et à la minute même où le cœur de son propriétaire à cessé de battre.

De lui, Winston Churchill disait "Dans la mesure où un simple mortel peut incarner un grand pays, Georges Clémenceau ( 1841-1929) a été la France." Républicain acharné à la vie bouillonnante, il refusera d'habiter les palais ministériels parce qu'il ne voulait pas "vivre en meublé" mais s'installera en 1896 pour ne plus le quitter dans cet appartement dont le jardin a vue sur la tour Eiffel.

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Georges Clémenceau ( 1841-1929)

Il eut de multiples surnoms, "Le Tigre ", "Le Père la Victoire", "Le Tombeur de gouvernements" ou "Le Premier Flic de France". Il eut aussi plusieurs vie, tour à tour médecin, journaliste, écrivain, Président du Conseil de Paris, Député, Sénateur, Ministre de l'Intérieur, Ministre de la Guerre et Président du Conseil. Anticlérical et anticolonialiste, il multiplia les combats contre la colonisation ou le Boulangisme ou pour défendre le Capitaine Dreyfus. Homme libre aux propos caustiques et à l'humour décapant voire sarcastique, ami de Monet et des Impressionnistes, bon vivant, un peu coureur de jupons, aimant les voyages, ayant une passion pour la Grèce et le Japon, très populaire, il s'éteignit chez lui à l'âge de 88 ans. « Pour mes obsèques, ordonna-t'il, je ne veux que le strict minimum, c'est-à-dire moi». Cet homme simple et direct avait choisi d'être inhumé au cimetière de Mouchamps (Vendée), la terre de ses ancêtres.

 

* Aujourd'hui Musée Georges Clémenceau.

Merci à l'article de Ph. Ancelin paru dans la revue n°3 de  "Femme-Actuelle Histoire", 2018.

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