Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/03/2020

Une histoire de petite culotte !

Il est loin le temps ou la culotte était du genre masculin ! Car, au Moyen-âge, ce sont les hommes qui la portent ! A l'époque, les culottes ou "hauts de chausses" n'ont rien d'un dessous puisqu'elles sont destinées à couvrir le bas du corps des messieurs, de la taille au genoux, comme la chemise en toile enfilée sous leur robe dissimule l'intimité des dames.

PETITE CULOTTE 1.JPG

Les culottes ou "hauts de chausses"

Au XVIe siècle, l'italienne Catherine de Médicis (1519-1589), future épouse du roi Henri II (1533-1559), arrive en France. Elle porte sous ses jupons "une bride-à-fesses", un caleçon doublé de velours et brodé d'or, destiné à protéger sa pudeur en cas de chute de cheval. La Florentine va tenter en vain de l'imposer à ses dames de cour qui préfèrent laisser cette partie de leur corps "respirer"...

Sous le Directoire (1795-1799), la mode est à l'Antique. Les Incroyables et Merveilleuses s'habillent à la grecque ou à la romaine. Certaines d'entre-elles n'hésitent pas à se montrer en robes légères et transparentes qui nécessitent le port d'un sous-vêtement façon justaucorps s'étirant de la taille au mollets. Avec l'arrivée de la mécanisation, le coton fait son apparition dans la confection des étoffes à usage domestique. Fini le chanvre et le lin, le "linge de corps" devient lingerie.

PETITE CULOTTE 2.jpg

Parisiennes en costume d’hiver pour 1800. Caricature anglaise de Cruikshank

C'est à partir de 1860, sous le Second-Empire, que le pantalon pour dame finira par se généraliser. Composé de deux tubes froncés en bas et ornés de volants et dentelle, il est maintenu par une petite ceinture. Ces "tuyaux de modestie" ont une particularité : l'entrejambe n'est pas cousu. Au Moulin-Rouge, le célèbre cabaret parisien qui ouvre ses portes en 1889, certains s'en amusent, d'autres s'en offusquent !

PETITE CULOTTE 3.jpg

Arrive la Première Guerre mondiale : partout, les femmes sont appelées à remplacer les hommes partis au front. Pour bouger plus aisément, elles vont raccourcir leurs jupes. Et c'est un homme, Etienne Valton, qui, dans la bonneterie paternelle de Troyes (Aube), en 1918, les libèrera de leurs caleçons longs. Pour plus de commodité, il décide d'en couper les jambes et de remplacer les boutons par une ceinture élastique à la taille et aux cuisses : la petite culotte "en tricot 2 et 2 coton blanc", sans jambes et sans bouton, est née.

La gaine, destinée à mouler les formes, à la mode à partir de 1930, et le panty, plus léger, dans les années 60, ne survivront pas, dans la décennie suivante, à la libération de la femme.

En 1980, le string entre en scène. Débarrassé de son image vulgaire, il est promu au rang de pièce de lingerie fine et invisible.

 

 

Merci à C. Lacourcelle pour son article  "La culotte mise à nu" - Revue Femme-Actuelle-Histoire, n° 3 -2018.

Commentaires

Merci pour ce petit intermède affriolant et non moins instructif sur lequel je me suis précipité

Écrit par : Lieven | 15/03/2020

Écrire un commentaire