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03/11/2019

Une noblesse liée à "l'être" et non "l'avoir"

Il faisait bon être noble sous l'Ancien Régime, avant la Révolution française ! Au-delà de la considération et du prestige, cette qualité permettait de jouir de considérables privilèges. A ceux purement honorifiques, comme être présenté au roi, le servir, porter l'épée au côté, arborer des armoiries timbrées, utiliser un titre ou placer une particule devant son nom de terre,... s'ajoutaient des privilèges fiscaux non négligeables comme l'exonération de certains impôts, dont le principal, la taille. Les nobles bénéficiaient en outre de carrières privilégiées. Du fait de leur statut et non de leurs compétences, les postes de commandement les plus prestigieux, notamment dans l'armée, et les plus rémunérateurs bien sûr, leur étaient réservés.

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Caricature anonyme des trois ordres en1789

Cette position sociale, issue de traditions ancestrales, était bien entendu très enviée et très convoitée. Pour autant, n'est pas noble qui veux. Dans la majorité des cas, on héritait de ce statut. Être issu légitimement d'un père noble pour l'être soi-même. Cependant, seuls les fils transmettait la noblesse : les femmes nées nobles le restaient sans avoir pour autant la possibilité de léguer celle-ci à leurs descendants.

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Disposition en « statue équestre » d'un chevalier, sa monture cabrée

On pouvait aussi acheter sa noblesse. Ainsi, un roturier, souvent un proche du roi, pouvait être anobli, moyennant finances, par lettres patentes royales enregistrées au Parlement et à la Cour des aides. Cet anoblissement valait non seulement pour son bénéficiaire, mais aussi pour sa descendance masculine légitime.

L'anoblissement pouvait également découler de l'achat d'une charge ou d'un office. Les grands officiers de la Couronne, comme le Chancelier ou le Garde des Sceaux, recevaient immédiatement la noblesse s'ils ne la possèdent déjà. Les charges de Conseiller, Notaire, Secrétaire, etc., la fameuse "savonnette à vilain", nom donné au procédé de passage de la roture à la noblesse permettant à un parvenu ou à un bourgeois de faire oublier ses origines non nobles, octroyait une noblesse qui ne devenait héréditaire qu'après vingt ans d'exercice de la fonction. L'occupation de fonctions municipales dans les grandes villes du royaume telles que maire, prévôt des marchands, échevin, etc. conférait également la noblesse, une noblesse dite "de cloche".

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Le premier anoblissement royal connu date de 1271. A partir du règne du roi Henri IV (1553-1610), les Bourbons vont en faire un véritable commerce.

Enfin, au début du Moyen-âge, la tierce-foi ou l'acquisition d'un fief noble était un moyen efficace pour de riches bourgeois ou marchands de devenir noble. Il convenait alors d'en jouir noblement et d'en rendre hommage par trois fois (d'où le nom de tierce-foi), c'est-à-dire pendant 3 générations successives. Ce mode d'accession à la noblesse va prendre fin en 1579 par l'Ordonnance de Blois promulguée par le roi Henri III (1551-1589) qui précise que "les roturiers et non nobles, achetant fiefs nobles, ne seront pour ce anoblis", la noblesse étant liée à "l'être" et non "l'avoir".

 

A suivre...

 

Biblio. "Généalogie facile - réaliser son arbre" - Hachette Collections, 2008 - "Larousse de la Généalogie" 2002 -"Revue française de Généalogie" n° 163 - Avril-Mai 2006 - "Votre généalogie" - n° 76, 77, 78 - 2017 - "Gé-Magazine" n° 218.

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