Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

L'ivoire, fleuron du passé Dieppois

Dieppe et son ivoire, c'est une longue histoire. L'industrie de transformation en ingénieuses fantaisies, voire en objets d'art, de cette matière précieuse, appelée "morfil", que fournissent les défenses d'éléphants, a, durant des siècles, contribué au renom de la cité normande.

yvoire de dieppe 4.jpg

Les historiens s'accordent pour dater la création du premier atelier d'ivoire de Dieppe au XIVe siècle. Tout aurait commencé en l'an de grâce 1364 quand deux vaisseaux dieppois abordèrent sur les côtes de Guinée, près du rio Sesots et près d'un village qui fut nommé "Le Petit Dieppe". Là, avant de rentrer à leur port d'attache, ils complétèrent leur charge d'ivoire. C'est alors une matière aussi précieuse que rare qui arrive à Paris parcimonieusement en provenance de l’Orient.

ivoirerie dieppoise,ivoires,ivoiriers

Très vite, sentant la bonne affaire, des quantités impressionnantes de défenses d’éléphants sont rapportées par les navires dieppois. Elle vont faire de la cité normande la plateforme d'un marché considérable, capable d'alimenter toutes les grandes villes du royaume et surtout Paris, renommée pour ses tailleurs que les ivoiriers dieppois vont s'empresser d'égaler. Comme l'écrit Jacques Savary des Brûlons (1657-1716) dans son Dictionnaire universel de commerce, publié à titre posthume en 1723, "leurs ouvrages ayant eu de la vogue, furent imitez à Dieppe et bientôt surpassez, en sorte que les ouvriers de cette ville se sont depuis conservez la réputation de mieux tourner et de mieux tailler l’yvoire que aucuns du royaume." Crucifix, bénitiers, Vierges et enfants, mais aussi boîtes à poudre, bijoux, râpes à tabac, manches à couteaux ou de fourchettes, auxquels s'ajoutent statuettes et bas-reliefs ... Les sculpteurs-ivoiriers dieppois rivalisent d'idées comme de talent.

Au XVIIIe siècle, la ville normande compte 12 maîtres ivoiriers et 250 ouvriers. Au siècle suivant, grâce au développement des bains de mer, toute la bonne société venant en villégiature à Dieppe achète des ivoires. Le marché est si florissant qu'en 1850, on compte 22 boutiques d'ivoiriers installés dans la Grande-rue.

ivoire de dieppe.JPG

En 1900, il ne reste plus à Dieppe que 40 ivoiriers en activité, Lentement, le soleil se couche sur ce commerce principal facteur responsable du déclin des populations d’éléphants d'Afrique, dont les deux espèces, éléphant de savane et éléphant de forêt, ont été classées "vulnérable" et "en danger" par l'Union internationale pour la conservation de la nature. La France a interdit sur son territoire le commerce de l'ivoire par arrêté du 16 août 2016. Le Château-Musée de Dieppe offre aujourd'hui à ses visiteurs une collection de plus d'un millier d'objets, témoins du travail de l'ivoire dans la cité.

 

 

Biblio. "Connaissance de Dieppe et de sa région", n°252 - 2005 - Article de G. Bertout.

Images : gazette-drouot.com

Écrire un commentaire

Optionnel