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"Sans grâce ni merci" mais parfaitement loyal !

10 juillet 1547. Dans un champ clos de bataille dans le pré au-devant du château de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), le Roi Henri II (1519-1559), accompagné de toute sa cour, attend, à la fois confiant et fébrile. Devant lui, lors d'un duel qui entrera dans l'histoire, François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie (1520-1547) et Guy Ier Chabot de Saint-Gelais (1514 - 1584), vont s'affronter.

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Guy Chabot, baron de Jarnac

Chabot de Saint-Gelais, futur baron de Jarnac, avait épousé en 540 Louise de Pisseleu, sœur de la duchesse d’Étampes, maîtresse de François Ier (1494-1547). Celle-ci était en constante rivalité avec Diane de Poitiers (1499-1566), maîtresse du Dauphin, le futur Henri II. Un jour qu'on demandait à Guy Chabot d'où lui venait la richesse de ses vêtements, il répondit qu'il la devait à la générosité de sa belle-mère, Madeleine de Puyguyon, seconde épouse de son père, le baron Charles Chabot. Ces propos, tenus devant Diane de Poitiers et le Dauphin, sont opportunément déformés par eux pour le ridiculiser. Ils font courir le bruit que cette générosité cache des faveurs bien spéciales... Bien sûr, quand ces rumeurs parviennent aux oreilles de l'intéressé, non seulement il oppose un fort démenti mais demande réparation.

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François Ier , opposé aux duels et surtout conscient qu’il ne s’agit là que de « querelles de femmes jalouses » interdit l'affrontement. Mais, au lendemain de sa mort, Henri II, devenu roi, s'empresse de l'autoriser. Comme le dauphin ne peut se battre, il va choisir de se faire remplacer par La Châtaigneraie, un jeune homme robuste, connu pour sa force physique et son adresse aux armes, une des plus fines lames du royaume. Connaissant la force et les qualités de son adversaire, Jarnac prend le soin de se former auprès d'un spadassin, un maître d'escrime italien qui va lui enseigner une botte secrète.

Le combat a lieu " sans grâce ni merci", à l'épée à deux mains. A la surprise générale, Jarnac l'emporte ! Il a mis en application ce qu'il a appris de l'italien, un fameux coup qui consiste à couper le jarret de l'adversaire par un coup de revers. Il frappe donc la jambe gauche de La Châtaigneraie qui s'écroule dans une mare de sang et meurt le lendemain.

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Quant au public, le roi et sa cour, pour se remettre de son émotion, il se régale du festin que La Châtaigneraie avait imprudemment préparé pour fêter son triomphe. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! Le jeune roi, touché de la mort de la Châtaigneraie, décidera sur l'heure, de ne plus jamais autoriser de duels publics. Ce duel est donc le dernier exemple, en France, de duel judiciaire autorisé par la magistrature

L’expression " coup de Jarnac", synonyme à l'origine d’habileté, a pris, à partir de la fin du XVIIIe siècle, le sens péjoratif qu'on lui connaît aujourd’hui, une attaque imprévue et déloyale. C'est à tort car le coup de Jarnac était parfaitement correct !

 

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