Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/01/2018

Avis aux futurs parents à la recherche de prénoms originaux...

Le calendrier républicain, entré en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débutant le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l'« ère des Français », a révolutionné le quotidien de nos ancêtres durant 13 ans, jusqu'à son abolition le 31 décembre 1805.

calendrier-republicain-jours 2.jpg

Les noms des mois et des jours furent conçus par le poète Fabre d'Églantine (1750-1794) avec l'aide d'André Thouin (1747-1824), jardinier du jardin des plantes du muséum national d’histoire naturelle.

calendrier républicain,usage de nouveaux prénoms issus de noms communs

Fabre d'Églantine (1750-1794)

 

L'année était découpée en douze mois de trente jours chacun, plus cinq jours complémentaires. Chaque nom de mois rappelait soit un aspect du climat français, comme "nivôse" (décembre-janvier) en rapport avec le thème de la neige, soit des moments importants de la vie paysanne comme "vendémiaire" (septembre-octobre) le mois des vendanges. Exit également les prénoms des saints du calendrier traditionnel, remplacés par des noms essentiellement du monde agricole. Ainsi, les mois de 30 jours étaient divisés en 3 décades et chaque jour portait le nom d'une plante, sauf les 5, 15 et 25 qui évoquaient un animal et les 10, 20 et 30 un outil.

calendrier republicains jour 0.jpg

Extrait de la table décennale de l'an 2 de la Commune de Brive-la-Gaillarde (Corrèze)

 

Dans certaines régions, ces noms communs ont réellement été utilisés pour prénommer les nouveaux-nés. La Revue Française de Généalogie n°226 d'octobre-novembre 2016 a publié l'exemple de la table décennale de l'an 2 de la Commune de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) où l'on constate le strict respect du nouveau calendrier avec la naissance de "Plantoir" Lavergne le 30 ventôse (jour du plantoir), celle de "Fougère" Laroumé le 4 floréal, de "Carpe" Lasfargue le 26 du même mois, de "Concombre Lafon" le 8 messidor et même d'"Ecrevisse" Lapradelle le 25 fructidor.

Pierre-Valéry Archassal, l'auteur de l'article, précise "qu'une recherche généalogique sur ces enfants nous montre que la grande majorité d'entre-eux avait changé de prénom au moment de leur mariage pour retrouver une identité plus classique..."

 

21/01/2018

Une recette médicinale contre la peste

Dernièrement, certaines vaccinations ont été rendues obligatoires. L'occasion de se souvenir que nous sommes tous des "survivants" compte tenu des dangers qui ont, au cours des siècles, menacé et décimé nos ancêtres. Il est peu de familles, en effet, qui n'aient eu à payer quelque tribut aux grandes "contagions" des siècles passés. Choléra, diphtérie, grippe espagnole,... sans oublier bien sûr la peste. Disparue de l'Europe depuis le VIe siècle, elle réapparaît brutalement en 1340. Cette épidémie, appelée "peste noire", va envahir rapidement toute l'Europe continentale, empruntant les voies maritimes et fluviales.

remede peste 5.jpg

Elle arrive en Normandie, dans le port de de Rouen, le 25 juillet 1348. En deux ans, elle va emporter avec elle la moitié de la population de la ville qui compte alors entre 30 000 et 40 000 âmes. Témoin de cette époque, l'aître Saint-Maclou, ce cimetière charnier constituant un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe. La peste va continuer ensuite à frapper périodiquement notre province. En quatre siècles, la Ville de Rouen connaîtra 35 années de pics épidémiques d'une terrible violence.

remede peste 4.jpg

Aître Saint-Maclou de Rouen

La médecine de l'époque se révèle bien impuissante. Pour examiner les malades, les "médecins", affublés du costume de "corbeau", utilisent une baguette dite "canne de Saint Roch" ou des pinces à long manche avec lesquelles ils ouvrent et cautérisent à distance les ganglions infectés. Ils pratiquent aussi des saignées et ont également recours à des pratiques frôlant soit la sorcellerie, comme placer des grenouilles sur les bubons afin de « rééquilibrer les humeurs », soit la magie, comme la confection des breuvages "miraculeux" .

Ainsi, cette recette médicinale de "prévention de peste" datant du XVIIe siècle et publiée par l'Académie Paléographie de l'Eure.*.

 

remede peste.jpg

 

"Remède contre la peste esprouvé par tout / ceux qui gouvernent les mallades de Sainct / Louis à Paris envoyé par un médecin de la / santé, par la vertu duquel ceux qui en ont / usé ont esté préservéz quoy qu'ilz ayent beu et / mengé avec les pestiféréz.

Il fauct prendre quatre pincés d'herbes, / auttant de l'un que de l'aultre cy-après déclaréz. / Scavoir une peincée de foeuille de roses, / auttant de foeuilles de sauge franche, / auttant de foeuilles de rue, / auttant de foeuilles de sureau et les / broiés toutes ensemble, puis les destremper / avec du vin blanc et après les fecte très / bien bouillir ensemble puis les couller à travers / un linge blanc dans un pot net et aprais / mettre de la poudre de gingemvre dedans / le breuvage. Sela faict, beuvez-en au mattin / devant desjeuner par l'espace de neuf jours, / environ un pouce ou deux doigtz dedans un / verre et cela prins, il ne fault boire / ny manger de deux heures après et au / bout des neuf jours serez affranchy, préservé / pour toutte l'année dans que rien vous puisse / faire mal."

 

* "L'Eure et son passé - 2- " Recettes médicinales du XVIe au XIXe siècle - Evreux, 1986.

14/01/2018

Soufflé au Pont-l'Evêque

Voici en ce second dimanche de janvier, une recette qui devrait égayer vos papilles, amis gourmands aux babines alléchées ! Confectionné en 20 mn, à base de bons produits normands bien sûr, voici un Soufflé au Pont-l'Evêque* à servir de préférence avec un poiré brut ou un vin blanc type Bourgogne-Saint-Aubin.

La première mention du soufflé, ce plat préparé avec des jaunes d'œufs combinés avec des ingrédients variés et auxquels on incorpore ensuite des blancs d'œufs montés en neige, est attribuée au chef Vincent de la Chapelle (1690 ou 1703 - 1745). Ce dernier a notamment œuvré chez Madame de Pompadour, la maîtresse du roi Louis XV de France, pour qui il créa une pâtisserie devenue traditionnelle, le "Puits d'amour".

soufflé 1.jpg

Page titre de la première édition en français (1735) du Cuisinier moderne de Vincent de la Chapelle

 

Au XIXe siècle, c'est un autre chef français, Marie-Antoine Carême (1784-1833), « le roi des chefs et le chef des rois », qui s'employa à développer et enrichir sa recette.

soufflé 2.jpg

Antonin Carême

 

Pour 4 personnes, prévoir un Pont-l'Evêque, 6 œufs, 1/2 litre de lait, 80 g de beurre, 60 g de farine, du sel et du poivre.

Préchauffer le four à 210°C (Th.7). Couper le Pont-l'Evêque en petits dés. Réserver.

Verser le lait dans une casserole et le faire bouillir.

Casser les œufs en séparant les blancs des jaunes, puis monter les blancs en neige.

Faire fondre le beurre dans une autre casserole, ajouter la farine et mélanger. Laisser cuire jusqu'à l'obtention d'une pâte à l'aspect "nid d'abeilles". Verser le lait chaud, mélanger puis assaisonner. Retirer la sauce du feu dès qu'elle nappe la cuillère, puis incorporer les jaunes d’œufs et délicatement les blancs en neige.

Ajouter les dés de fromage. Beurrer et fariner un moule à soufflé. Verser la préparation, sans dépasser les 3/4 de la hauteur du moule, puis enfourner 20 minutes.

soufflé 3.jpg

Servir bien chaud !

Bon appétit !