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28/08/2016

Les femmes ont-elles une âme ?

 "Cessez donc vos plaintes, Mesdames,
L'infaillible Église jadis
À vos corps si bien arrondis
Durement refusa des âmes."

Évariste Parny (1753-1814)


Voici l'épineuse question, hautement philosophique que, d'après le légende, les évêques de Bourgogne et de Neustrie, réunis en l'an 585 en concile à Mâcon, cité française de la rive droite de la Saône, se seraient posée ! Et, cerise sur le gâteau, ces respectueux prélats n'auraient reconnu l'existence de l'âme des femmes.. qu'à la très maigre majorité de trois voix !... Rassurons-nous, Mesdames et désolée Messieurs, un tel débat n'a en fait jamais eu lieu : les femmes ayant été baptisées aussi bien que les hommes dès les origines de la chrétienté. Mais alors d'où vient cette légende qui semble avoir pris racine vers la fin du XVIe siècle ?

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D'après l'historien Alain Decaux (1925-2016), il n’y a jamais eu de concile de Mâcon en 585 mais, en 586, un synode provincial. A la différence du concile qui a un caractère œcuménique et rassemble tous les évêques du monde, le synode invite seulement quelques évêques à délibérer et à prendre des décisions en matière de doctrine ou de discipline. La consultation attentive des actes de ce synode démontre qu’à aucun moment, il ne fut débattu de l’insolite problème de l’âme de la femme. Les participants se sont bornés à étudier, avec un grand sérieux, les devoirs respectifs des fidèles et du clergé.

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Une page de l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours


En fait, La légende a pour origine probable une simple controverse linguistique, une question de grammaire sans plus et non un problème de théologie. Grégoire de Tours (538-594), auquel on doit la restitution de ces débats, rapporte en effet qu’à ce synode de Mâcon, un évêque déclara que la femme ne pouvait continuer à être appelée “homme”.

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Il proposa que l’on forgeât un terme qui désignerait la femme, la femme seule. Cela le gênait que l’on dise "les hommes" pour désigner aussi bien les hommes que les femmes. Ses confrères lui opposèrent alors la Genèse qui disait que “Dieu créa l’homme mâle et femelle, appelant du même nom, homo, la femme et l’homme.” On lui rappela alors que le terme «homo » signifiait "créature humaine". Ainsi, que ce soit dans cet échange, ni d'une manière générale dans l'ensemble de la doctrine catholique, à aucun moment, il n'est question de savoir si la femme avait ou non une âme. Ouf !!!

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

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