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15/06/2016

Le discours de Bayeux

16 juin 1946. Il y a 70 ans, c'est chez nous, en Normandie, à l'occasion des fêtes de commémoration de la Libération de Bayeux, que, répondant à l'invitation de la municipalité, Charles de Gaulle (1890-1970), l'homme de la France libre, qui s'est retiré le 20 janvier précédent du Gouvernement provisoire de la République française qu'il présidait, présente un réquisitoire contre la IVe République et le régime des partis.

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Deux ans après le débarquement de Normandie, dans cette ville symbolique, première de la France continentale a avoir été libérée par les Alliés, où il fit son entrée sur le territoire français en juin 1944, devant une foule nombreuse de sympathisants, en uniforme de général, il prononce à 55 ans un discours fondamental, l'un de ses plus importants de sa carrière.

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Avec éloquence, c'est sur la place publique, ancienne place du château, rebaptisée depuis Place de Gaulle, située à proximité de la sous-préfecture, qu'il prend la parole. Avec style et solennité, il rappelle tout d'abord la Libération grâce à la victoire finale des alliés et de la France, ce qui permet dit-il la réapparition sur le sol des ancêtres de l’État légitime. « C’est ici que sur le sol des ancêtres réapparut l’État; l’État légitime, parce qu’il reposait sur l’intérêt et le sentiment de la nation ; l’État dont la souveraineté réelle avait été transportée du côté de la guerre, de la liberté et de la victoire, tandis que la certitude n’en conservait que l’apparence ; l’État sauvegardé dans ses droits, sa dignité, son autorité, au milieu des vicissitudes du dénuement et de l’intrigue ; l’État préservé des ingérences de l’étranger ; l’État capable de rétablir autour de lui l’unité nationale et l’unité impériale, d’assembler toutes les forces de la patrie et de l’Union Française, de porter la victoire à son terme, en commun avec les Alliés, de traiter d’égal à égal avec les autres grandes nations du monde, de préserver l’ordre public, de faire rendre la justice et de commencer notre reconstruction. » Ensuite, il revient sur le passé et sur une double faillite : celle des institutions de la IIIe République, qui « avaient, d’elles-mêmes, abdiqué dans la tourmente », et celle du régime de Vichy. Puis vient la dernière partie du discours, tournée vers l’avenir : « La nation et l’Union française attendent encore une Constitution qui soit faite pour elles ». Il présente son projet constitutionnel qui repose sur un Parlement bicaméral et un chef de l’État au pouvoir renforcé. "C'est donc du chef de L’État placé au-dessus des partis (...) que doit procéder le pouvoir exécutif"..." A ce chef de L’État de nommer les ministres, y compris le Premier, de prononcer la dissolution de l'Assemblée et, en cas de péril mortel pour L’État, d'intervenir comme "garant de l'indépendance nationale".

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La "Constitution de Bayeux" est aujourd'hui considérée comme le texte fondateur des institutions de la Ve République (1958).

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