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31/01/2016

Une carbonade normande

La carbonade ou carbonnade flamande (le bon usage du français voudrait que l’on parle de “carbonades flamandes” au pluriel mais avec un seul “n”) est un plat traditionnel de la région du Nord-Pas-de-Calais.

 

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Composée de dés de paleron de bœuf, cuits longuement dans de la bière, de préférence brune, accompagnés d'oignons, de pain d'épice et de cassonade, elle marie trois saveurs chères aux Flamands, à savoir le sucré, le salé et la bière.

Issue du latin « carbo, carbonis » signifiant « charbon », ayant donné le provençal « carbonada », la carbonade est attestée dans le Gargantua de Rabelais de 1534 : « L'on apresta carbonnades à force et belles souppes de primes, et beut le moyne à son plaisir ».

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Conformément à l'étymologie, la carbonade désigne en premier lieu la manière de griller la viande sur des charbons. Puis, par métonymie, la viande ainsi grillée qu'on appelait aussi « carbonnée » et qui aurait été introduite en Flandres par la communauté espagnole qui travaillaient dans ses mines. À l'origine, ce n'était ni plus ni moins qu'un ragoût, fait d'oignons, d’ail et de restes de viande. Le bœuf bourguignon, où le vin remplace la bière, n'est autre que son cousin.

Saviez-vous qu'il existe une recette de Carbonade normande* ? Elle est pour vous, amis gourmands aux babines alléchées.

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Pour 6 personnes, il vous faut 1,5 kg de gîte de bœuf, 5 oignons, clous de girofle, 1 bouquet garni, 1 c. à s. de cassonade, 3 c. à s. de farine, 60 cl de bière blonde, 1 c. à s. de vinaigre de cidre, 40 g de beurre, sel et poivre.

Découpez la viande en dés de taille moyenne. Épluchez les oignons, coupez-les en rondelles. Faites fondre le beurre dans une cocotte. Dorez les cubes de viande dans la cocotte. Retirez, réserver les dés de viande. Disposez les rondelles d'oignon au fond de la cocotte. Ajoutez la cassonade. Mélangez, laissez dorer les oignons pendant quelques minutes. Ajoutez le vinaigre de cidre, les dés de viande et la farine. Salez, poivrez. Mélangez. Ajoutez les clous de girofle et le bouquet garni. Versez la bière. Couvrez avec un peu d'eau. Laissez cuire à découvert, à feu moyen, pendant environ 15 minutes. Poursuivez la cuisson à couvert, à feu doux durant 3 heures.

 

Bon appétit !

* Recette extraite de « La cuisine normande de Mamie » de F. Rose et A. Faurie – Ed. Marivole, 2015,

 Biblio. « Mots de table, mots de bouche » de C. Brécourt-Villars – Ed. Stock1996.

27/01/2016

Ni Jules, ni Empereur !

L'Empereur Romain Jules César ne s'appelait pas Jules et n'a jamais été couronné Empereur ! L'homme au destin exceptionnel, né le 13 juillet 100 ou 101 avant Jésus-Christ, se nommait en réalité Caius Julius Caesar. Son prénom n'était donc pas « Jules » mais « Caius », son nom de famille « Julius » et son surnom « Caesar ».

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 Jules César au Musée d'Arles

Le nom complet d'un citoyen romain se composait de trois éléments : un prénom, le « praenomen », un nom de famille, le « nomen » et un surnom, le « cognomen ». Cependant, l'histoire mentionne le plus souvent les seuls « nomen » et « cognomen », voire uniquement le «cognomen » des Romains célèbres.

Pour le « praenomen », le prénom, le choix des heureux parents était limité. S'agissant d'un garçon, ils devaient trouver leur bonheur entre les onze existants. Il était toutefois d'usage de donner au nouveau-né le prénom d'un de ses ancêtres ou un prénom faisant écho à une particularité de sa naissance. Par exemple, « Lucius » signifie « qui est né à l'aube » et provient de « lux », « lucis », c'est-à-dire la « lumière ».

Quant aux « cognomen », aux surnoms, destinés à distinguer une branche de la « gens », de la famille, il vont devenir avec le temps de véritables titres. C'est ainsi que, d'après une belle légende, le surnom de « César » proviendrait du carthaginois « kesar » signifiant « éléphant ». D'ailleurs, notre homme avait pris cet animal pour emblème, croyant qu'un de ses ancêtres avait tué un éléphant au cours de la première guerre punique et qu'il avait ainsi obtenu ce surnom prestigieux.

 

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 Denier de Jules César - monnaie romaine en argent émise en 49-48 avant JC.

 

Mais la vérité est malheureusement bien plus terre à terre. Le mot latin « caesar » désignait en réalité les enfants nés par césarienne. Ce n'est certes pas Jules César qui naquit ainsi, mais l' un de ses ancêtres : Jules étant le quatrième membre de la « gens julia » à se nommer ainsi.

 

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Enfin, Consul et dictateur à vie de la République romaine, portant le titre d' « Imperator », Jules César n'a jamais été couronné empereur. Le mot latin « imperator », duquel dérive le nom commun d'« empereur », désignait à l'origine un général victorieux, acclamé par ses troupes et ayant eu droit au triomphe accordé par le Sénat. Si Jules César est bien le premier dirigeant romain a porter ce titre honorifique, le premier « empereur » fut son fils adoptif posthume Octave devenu Auguste (63 av ; J-C. - 14 ap. J-C.), dont le règne de plus de quarante ans sera l'un des plus longs de l'histoire de l'Empire romain.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur ce sujet.

24/01/2016

« La reine, notre Duc »

Saviez-vous que, dans les îles de la Manche, on s'adresse encore aujourd'hui à la Reine d'Angleterre Elisabeth II en ces termes : « La Reine, notre Duc » ? Mais, me direz-vous, voilà bien longtemps que le Duché de Normandie n'existe plus ? L'anneau ducal n'a t'il pas été brisé à Rouen par le Roi Louis XI (1423-1483), le 9 novembre 1469 ? C'est tout à fait exact, comme il est tout à fait exact qu'au regard du droit international, le duché de Normandie subsiste bien, sans toutefois disposer de la personnalité juridique.

 

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Explication : l'archipel anglo-normand, plus proche des côtes normandes que des rivages anglais, comprend cinq îles principales : Jersey, Guernesey, Aurigny, Herm et Sercq. Devenues normandes au détriment des Vikings de Bretagne en 933, après que que Guillaume Ier de Normandie (av. 910-942), dit Guillaume « Longue-Épée » eut reçu du roi de France le comté de Coutances, ces "îles de la Manche" entrent dans le giron britannique en 1066, l'année où Guillaume le Conquérant (1027-1087) devient roi d'Angleterre.

Et elles sont toujours sous la souveraineté de la Couronne britannique sans pour autant faire pas partie du Royaume-Uni ni de l’Union européenne !

 

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Carte marine du XVIIIe siècle montrant les îles Anglo-Normandes

 

Pour comprendre, il faut remonter à l'an 1204, l'année du rattachement du duché de Normandie au domaine royal capétien et, par conséquent, de la fin de l'Empire anglo-normand. Depuis des siècles, le Duché de Normandie est divisé en deux parties inégales, la partie continentale et la partie insulaire. Par omission, le roi de France Philippe Auguste (1165-1223) ne va annexer "que" la Normandie continentale à son domaine royal. La Normandie insulaire va donc continuer quant-à-elle à faire partie de l'ensemble anglo-normand. Bien sûr, à de nombreuses reprises, la France tentera de reprendre ses îles, mais en vain. En 1360, elle finira par reconnaître de mauvaise grâce mais officiellement les droits de l'Angleterre sur elles.

 

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Détail de Guillaume le Conquérant, Tapisserie de Bayeux.

 

Et c'est pourquoi, dans les Channel Islands, les monarques britanniques portent toujours le titre traditionnel de duc de Normandie, y compris lorsqu'il s’agit d'une femme !

 

Biblio. "Histoire de la Normandie, des origines à nos jours" de R. Jouet et C. Quétel - Larousse, 2005 et "Iles de l'Ouest" Historia H.S. 2013.