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04/10/2015

Le roudoudou normand

Même les bonbons ont une généalogie ! Tous les enfants, particulièrement ceux des années 60-70, se souviennent du « roudoudou », ce « bon-bec fabuleux » qu'on léchait avec gourmandise et qui teintait de rouge, de bleu ou de jaune nos lèvres et notre langue. Une douceur faite de sucre cuit aromatisé de saveurs variées, coulé à l'origine dans une petite boîte à camembert miniature qui va être remplacée plus tard par un véritable coquillage de praire puis enfin par une coquille en plastique en forme de coquillage.

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Eh bien, ce « roudoudou » là aurait comme ancêtre le Cotignac d'Orléans. Cette confiserie est-elle née au Moyen-âge, œuvre d'un pâtissier de Cotignac, un petit village du Var, qui se serait installé ensuite à Orléans ? Améliorant sa recette, il en aurait fait l'une des spécialités culinaires les plus anciennes de sa ville. Ou bien, parce que mentionné déjà par Galien, cet empereur romain du IIème siècle, le Cotignac est-il bien plus ancien, tirant son nom du latin médiéval « codonhatum », dérivé de « codonh » signifiant coing ?

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Quoi qu'il en soit, fait de gelée de coing colorée, présenté dans une petite boîte en écorce d'épicéa, le Cotignac a été l'une des sucreries préférées à la Cour de France. Pour les propriétés astringentes et anti-diarrhéiques du coing, les apothicaires vont le commercialiser comme régulateur des problèmes digestifs. Rabelais (1494-1553) l'évoque ainsi dans son « Pantagruel » : « Si on prend du Cotignac à l'orée d'un repas, il corrobore l'estomac, aide à la digestion et garantit la tête des fumées qui montent au cerveau après le boire. » Le médecin du roi Henri III (1551-1589) le recommandait également aux femmes enceintes pour qu'elles aient de beaux enfants.

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Mais revenons à notre roudoudou et à la Normandie. Voici, pour tous les gourmands aux babines alléchées, la recette « made in Normandie » du roudoudou comme à Fécamp*. 

Pour 6 personnes, prévoir 100 g de sucre, 2 c. à soupe de miel, 2 c. à soupe de sirop de citron, 4 gouttes de colorant jaune (facultatif). (On peut bien sûr utiliser d'autres arômes...) 

Nettoyer de jolis coquillages creux (coquilles de praires de préférence ou de moules). Les faire bouillir 5 minutes puis les laisser sécher.

Faire fondre le sucre avec une cuillerée d'eau. Lorsqu'il est bien blond, ajouter le miel hors du feu et le sirop de citron. Laisser refroidir et lorsqu'il commence à épaissir, ajouter le colorant et verser dans les coquillages calés sur un lit de légumes secs. Laissez refroidir parfaitement avant de déguster.

Bonne dégustation !

 

* Recette extraite de « Normands en cuisine » n°1 – 2013. 

 

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