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16/09/2015

Le Drakkar, une invention française

A lui seul, ce mot évoque le monde des Vikings, ces envahisseurs du Nord qui, du IXe au XIIe siècles, ont dominé l'Europe, en grande partie grâce à des bateaux longs et étroits, remplis de guerriers, les fameux « langskips », plus connus sous le nom de « drakkars ».

Mais, savez-vous que ce terme de "drakkar" est non seulement erroné sur le plan grammatical comme sur le plan phonétique, mais surtout qu'il n'est connu dans aucune langue scandinave ! Si les musées des pays nordiques consacrés à la civilisation viking ne l'emploient pas, c'est qu'il est une invention purement française, totalement anachronique.

 

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 Bateau viking représenté sur la tapisserie de Bayeux

 Car, jusqu'au XIXe siècle, on ne sait pas grand-chose de ces navires si ce n'est que leur figure de proue représente un animal, bien souvent un dragon ! Dans la pratique, la figure de proue sert souvent, par métonymie, à dénommer le navire tout entier. Il y a des bisons, des béliers, des serpents et, en majorité bien sûr, des dragons. A l'époque, le terme le plus usité dans les divers textes pour désigner ces embarcations, terme adopté très tôt par la langue normande, est le mot « esnèque » ou « senèque ». Il provient du vieil islandais « snekjur », pluriel de « snekkja » et s'applique à l'un des types de bateau de guerre le plus typique des vikings, le « snekkar ».

 

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Alors, quand l'historien français Auguste Jal (1795-1873) se met à la recherche d'un nom commun pour désigner ces navires dans son « Archéologie navale », l'ouvrage qu'il publie en 1840, il a l'idée d'emprunter au suédois moderne le vocable de « drakar ». Est-il issu de l'ancien scandinave « dreki », signifiant « dragon » au singulier et « drekar » pour « dragons » au pluriel, ou plus certainement du suédois « drakar », pluriel de  « drake », dont le sens premier est "serpent monstrueux, dragon" ?... Toujours est-il que le public adopte les drakkars, auxquels, au passage, on ajoute un « k » supplémentaire, pour faire plus vrai et surtout plus terrible !

 

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Augustin Jal, dont l’œuvre sera en grande partie tournée vers la marine, mourut à Vernon (Eure) le 1er avril 1873.

 

Merci aux sites www.patrimoine-histoire.fr et www.mandragore2.net,

Biblio. « Hexagone » de L. Deutsch – Ed. Lafon , 2013.

 

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