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17/06/2015

Quand on passait le « Certif » ...

Ah, ce « Certif », c'était quelque chose  ! Témoin d'une époque révolue, après avoir rythmé la vie de millions d'écoliers pendant plus d'un siècle, le Certificat d'études primaires a été supprimé par décret en date du le 28 août 1989.

 

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 Victor Duruy (1811-1894)

Il était né le 20 août 1866 d'une simple circulaire du Ministre de l'Instruction Publique du Second-Empire, Victor Duruy (1811-1894). Le « Certificat d'études primaires élémentaires » ou C.E.P.E, communément appelé « Certificat d'études », était chargé d'attester de l'acquisition des connaissances fondamentales de base. Il comportait à l'époque trois épreuves écrites (orthographe, style, calcul) et cinq épreuves orales (lecture, histoire sainte, grammaire, calcul au tableau, système métrique). L'écriture était évaluée sur le texte de la dictée. Pour le réussir, il suffisait d'obtenir la moyenne à l'ensemble des épreuves et bien sûr ne pas avoir fait plus de dix fautes à la dictée !

 

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Quelques années plus tard, en 1881 et 1882, sous la Troisième République, sont votées les lois Jules Ferry (1832-1893) sur l'école primaire. Celle-ci devient gratuite, l'instruction obligatoire et l'enseignement public laïc. Le Certificat d'études primaires est alors officiellement mis en place par l'article 6 de la loi du 28 mars 1882 :

«  Il est institué un certificat d'études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l'âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d'études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. »

 

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Le « certif' » , c'était à la fois la fin de l'instruction obligatoire et l'entrée dans la vie active de tous les jeunes français, filles ou garçons. Mais, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, il ne sera réservé en réalité qu'à une élite de la société : la barre fatidique éliminatoire des cinq fautes en dictée le rendant inaccessible à la plus grande partie des candidats ! Ainsi, jusqu'en 1900, la proportion d'élèves sortant de l'école primaire le Certificat d'études en poche n'est que d'environ 25 à 30 %. Cette proportion monte jusqu'à 35 % vers 1920 et atteint seulement 50 % à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les fils d'artisans et de commerçants s'en sortent mieux que les fils d'ouvriers ou les fils de pères sans qualification. Et si la proportion des candidatures de garçons est supérieure à celle des filles, celles-ci sont en revanche bien plus nombreuses à l'obtenir que leurs homologues masculins.

Au fur et à mesure des années, la durée de la scolarité obligatoire va s'allonger et il va perdre de son importance. En 1936, le Front Populaire (Jean ZAY, loi du 9 août 1936) rend l'école obligatoire pour tous jusqu'au 14e anniversaire. Puis, en 1959, la réforme Berthoin (ordonnance du 6 janvier 1959) la prolonge jusqu'à 16 ans. Les classes de fin d'études primaires vont alors se vider progressivement au bénéfice des collèges...

 

Biblio. « Le Grand Almanach de Normandie 2011 ».

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