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29/04/2015

Ni barbe, ni fleurs...

Saviez-vous que « l'empereur à la barbe fleurie », ce sacré Charlemagne (748-814), ne portait pas de barbe, mais seulement une épaisse moustache à la mode franque et qu'il se rasait le menton ? Cette légende lui prêtant une barbe alors qu'il était vraisemblablement imberbe et doté d'une petite voix fluette, a certainement pour origine une volonté  de « viriliser » l'autorité d'un homme « d'une réelle bonté, qui aimait faire des aumônes aux pauvres, pouvait éclater en sanglots à l'annonce de la mort d'un ami, et vénérait sa mère Bertrade ». Quand au qualificatif de barbe « fleurie », il ne s'agit que d'une mauvaise traduction de « flori », signifiant « blanc » en vieux français.

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 Statuette équestre de Charlemagne conservée au Musée du Louvre

Pour s'en convaincre, il suffit de se rendre au Louvre et de regarder bien en face une statuette équestre de bronze, datée de l'époque carolingienne et provenant du trésor de la cathédrale de Metz. On a alors en face de soi Carolus Magnus, l'Empereur Charlemagne en personne ! Représenté en « nouveau César », il tient de la main droite un globe, symbole de l’universalité de l’empire sur lequel il règne, et de la main gauche, aujourd'hui vide, probablement son épée Joyeuse.

 

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Détail de la statuette équestre de Charlemagne conservée au Musée du Louvre

 On peut aussi se rapporter à la description qu'a faite de lui son biographe Éginhard (770-840) dans sa « Vita Caroli Magni Imperatoris », la Vie de l'Empereur Charles Grand : « Charles était gros, robuste et d'une taille élevée, mais bien proportionnée, et qui n'excédait pas en hauteur sept fois la longueur de son pied (soit environ 1m90). Il avait le sommet de la tête rond, les yeux grands et vifs, le nez un peu long, les cheveux beaux, la physionomie ouverte et gaie; qu'il fût assis ou debout, toute sa personne commandait le respect et respirait la dignité; bien qu'il eût le cou gros et court et le ventre proéminent, la juste proportion du reste de ses membres cachait ces défauts; il marchait d'un pas ferme; tous les mouvements de son corps présentaient quelque chose de mâle; sa voix, quoique perçante, paraissait trop grêle pour son corps... »

En 2010, une radiographie et une scanographie de son tibia a permis d'estimer la taille de l'empereur à 1,84 m. Il faut rappeler que la hauteur moyenne des hommes de son temps était de 1,69 m. La largeur de l'os laisse penser qu'il était gracile et n'avait pas une construction corporelle robuste.

Et Éginhard de poursuivre : «Il jouit d'une santé constamment bonne jusqu'aux quatre dernières années qui précédèrent sa mort ; il fut alors fréquemment tourmenté de la fièvre, et finit même par boiter d'un pied. (...) Il s'adonnait assidûment aux exercices du chevalet de la chasse; c'était chez lui une passion de famille. (…) Il aimait beaucoup encore les bains d'eaux naturellement chaudes, et s'exerçait fréquemment à nager, en quoi il était si habile que nul ne l'y surpassait. Par suite de ce goût il bâtit à Aix-la-Chapelle un palais qu'il habita constamment les dernières années de sa vie et jusqu'à sa mort; ce n'était pas au reste seulement ses fils, mais souvent aussi les grands de sa cour, ses amis et les soldats chargés de sa garde personnelle qu'il invitait à partager avec lui le divertissement du bain; aussi vit-on quelquefois jusqu'à cent personnes et plus le prendre tous ensemble

 

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 Palais de Charlemagne à Aix-la-Chapelle

D'après l'analyse de la suture osseuse de son crâne, Charlemagne est mort à l'âge de 66 ans, soit 37 ans de plus que l'espérance de vie moyenne de ses contemporains, sans doute d'une pleurésie.

 

Biblio. « L'Histoire de France pour les nuls » de J-J. Julaud – First Ed. 2006 et « Le grand Bêtisier de l'Histoire de France » d'A. Dag'Naud – Ed. Larousse 2012.

26/04/2015

Le roi mon cousin

Se rattacher à Saint-Louis ou à Charlemagne, c'est LE défi de tout généalogiste amateur passionné !Rappelons que, mathématiquement, chacun de nous a, du moins en théorie, 134 millions d'aïeux contemporains de Saint-Louis, l'ancêtre des Capétiens (soit une chance sur dix de descendre de lui) et quelque 16 000 milliards d'aïeux contemporains de Charlemagne, l'ancêtre de tous les Carolingiens auxquels ont peut rattacher par les femmes la plupart des grandes dynasties médiévales (soit neuf chances sur dix de descendre de lui). Avec du temps, de la patience et beaucoup de chance, on peut parvenir à rattacher son arbre à l'un ou à l'autre, voire à d'autres « carrefours généalogico-historiques » tout aussi importants mais moins prestigieux, comme le roi Louis VI le Gros, trisaïeul de Saint-Louis. C'est ce que j'ai réussi à faire !

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 Le roi Louis VI le Gros (1081-1137)

Point de départ de la recherche  : le qualificatif de noble homme ou la qualité d'écuyer ou de chevalier sur un acte officiel. Ce fut le cas pour l'un de mes ancêtres, Gabriel de Veillant, fils de Gabriel de Veillant, qualifié de sieur de Boisse (né vers 1612 à 19-Tulle) et de Jeanne Carrière (née vers 1629 à 19-Tulle et décédée le 11/08/1674 à 76-Mesnil-Raoul). A noter que le nom "de Veilhan" est attaché à la citadelle fantastique de Merle (XIIe – XIVe siècles) que ceinture la Maronne en Corrèze. Cette importante famille a exercé des charges considérables en Limousin et en Nivernais. Mon aïeul Gabriel de Veillant avait épousé par contrat de mariage signé le 08/02/1644 à 27-Pont-Saint-Pierre, Marie Blanchard (née vers 1620 et décédée le 07/03/1662 à 76-Mesnil-Raoul.) Celle-ci était la fille de Guillaume Blanchard, Écuyer Sieur de Mesnil-Raoul (né vers 1572 et décédé le 09/11/1664 à 76-Mesnil-Raoul) et de Colette Guillebert, Damoiselle, (née vers 1603) épousée le 15/02/1611 à 76-Mesnil-Raoul.

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 Blason de Pont-de-l’Arche - 1669

Jacques Blanchard (1434-1497), l'un de leurs ancêtres, écuyer lui-aussi, avait épousé vers 1461 Marie Challenge (décédée vers 1500), fille de Jean Challenge, Vicomte de 27-Pont-de-l'Arche (décédé vers 1465) et de son épouse Nadine Poignant. Le grand-père de Jean Challenge, un autre Jean Challenge (1350-1418), Avocat, Conseiller de l'Archevêque de Rouen, Vicomte de Quatremares et Bailli de Louviers, s'était uni à Jeanne d'Hellenvilliers, fille de Roger de Hellenvilliers (1355-1417), Chambellan du Roi, Chevalier Seigneur des Planches, d'Autheuil et d'Avrilly, marié vers 1379 à Marguerite de Dreux, Dame de Bagneux et de la Chapelle-Gautier (1350-1400). Cette noble dame était une descendante de Robert Ier de Dreux dit Le Grand, Comte de Dreux et de Braine ( né vers 1125 et décédé le 11/10/1188), cinquième fils du roi de France Louis VI Le Gros. Cqfd !

 

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 Le Blason de la maison de Beu

Brève généalogie descendante : Louis VI Le Gros, Roi de France (1081-1137) x vers 1115 à Adélaïde de Savoie (1100 -1154) = > Robert Ier de Dreux dit Le Grand, Comte de Dreux et de Braine (1125 -1188) x vers 1152 à Agnès de Baudement (1130-1204) = > Robert II de Dreux dit Le Jeune, Comte de Dreux et de Braine (1154-1218) x vers 1184 à Yolande de Coucy (1164-1222) = > Robert III de Dreux dit Gasteblé (1185-1234) x vers 1210 à Aliénor de Saint-Valery, Dame de Saint-Valéry (1192-1250) = > Robert Ier de Dreux-Beu, Comte de Beu, Mondoubleau, Longueville, Néelle et Quincy, Vicomte de Châteaudun (1310-1264) x vers 1255 à Clémence de Châteaudun, Vicomtesse de Châteaudun (1210-1259) = > Robert II de Beu, Vicomte de Beu, Comte de Squilacce (Calabre), de la Chapelle-Gautier et de Bagneux (+ 1306) x vers 1274 à Yolande de Vendôme (+ 1317) = > Robert III de Beu, Vicomte de Beu et de Bagneux, Grand Maître de France de la Maison du Roi (1288-1351) x vers 1346 à Agnès de Thianges, Dame de Valéry (1310-1370) = > Roger de Hellenvilliers, Chambellan du Roi, Chevalier Seigneur des Planches, d'Autheuil et d'Avrilly (1355-1417) x vers 1379 à Marguerite de Dreux, Dame de Bagneux et de la Chapelle-Gautier (1350-1400) = > Jean Challenge, Avocat, Conseiller de l'Archevêque de Rouen, Vicomte de Quatremares et Bailli de Louviers (1350-1418) x Jeanne d'Hellenvilliers = > Guillaume Challenge, Bailli de Louviers, Sieur de Bérangeville la Campagne et du hamel d'Acquigny (1380-1441) x à Philipotte du Chef de la Ville = > Jean Challenge, Vicomte de Pont-de-l'Arche (+ vers 1465) x vers 1430 à Nadine Poignant = > Jacques Blanchard Écuyer (1434-1497) x vers 1461 à Marie Challenge (+ vers 1500) = > Philippe Blanchard, Écuyer (1470-1525) x vers 1500 à Catherine DUBUSC = > Jean Blanchard, Seigneur de Mesnil-Raoul (1504-1566) x le 11/02/1535 à 76Mesnil-Raoul à Anthoinette d'Auffray (+ vers 1570) = > Jacques Blanchard, Écuyer Sieur de Mesnil-Raoul (1554- 1603) x vers 1573 à Claude Le Mercier (1556-1616) = > Guillaume Blanchard, Écuyer Sieurde Mesnil-Raoul (1572 -1664) x15/02/1611 à 76-Mesnil-Raoul à Colette Guillebert, Damoiselle (1603) = > Marie Blanchard (1620-1662) x (cm) le 08/02/1644 à 27-Pont-Saint-Pierre à Gabriel de Veillant (1629-1674)) => Gabriel de Veillant, Garde des Bois, (1646-1696) x le 09/02/1670 à 76-Mesnil-Raoul à Jeanne Quenet (1644-1721) = > Etienne De Veillant (1686-1721) x 1202/1715 à 76-Mesnil-Esnard à Marguerite Lavoisier (1696-1721) = > Marie Anne De Veillant (° 1717-1797) x 17/04/1742 à 76-Mesnil-Esnard à Guillaume Ouin, Laboureur (1710-1780) = > Jacques Ouin, Laboureur, (1749-1807) x le 30/06/1778 à 76-Belbeuf à Marie Marguerite Anne Le Cercle (1758-1782) = > Françoise Aimée Ouin (1781-1857) x le 22/11/1808 à 76-St-Pierre de Franqueville à Augustin Biset, Toilier-Tisserand (1776-1838) = > Geneviève Françoise Biset (1814-1867) x le 27/09/1837 à 76-St-Pierre de Franqueville à Jacques Désiré Pellerin (1809-1891) = > Lucie Stéphanie Pellerin (1844-1926) x le 27/12/1869 à 76-St-Pierre de Franqueville à Constant Etienne Boulangé (1842-1918), mon arrière grand-père paternel.

 

Biblio. « Descendre de Charlemagne : c'est possible ! » Article de J-L. Beaucarnot – RFG n°154 – 2004 

22/04/2015

De Robert aux roberts...

Il n'a laissé son nom à aucun produit, mais celui-ci existe pourtant bien dans notre langage populaire et ce, de manière plutôt inattendue. En effet, quand aujourd'hui on parle de « roberts » à propos d'une partie de l'anatomie féminine, on le doit à cet industriel dijonnais du XIXe siècle, Édouard Robert, un inventeur-fabricant qui a été pendant près d'un demi-siècle le symbole de l'allaitement artificiel.

 

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A l'origine d'un biberon qui porte son nom, le biberon Robert, il reçoit en 1873, pour la mise sur le marché d'un nouveau modèle à soupape, une médaille d'honneur à l'Exposition universelle de Paris et l'année suivante, une autre à Marseille qui lui est décernée par la Société protectrice de l'enfance.

C'est au cours de la révolution industrielle que les biberons en verre vont prendre leur essor. Dans les années 1860, une innovation va accentuer encore cette production : « le biberon à long tuyau souple en caoutchouc »  donnant plus de liberté à la nourrice qui n'est plus obligée d'être auprès de l'enfant.

 

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Cependant, à partir des années 1890, sur les recommandations de l'Académie de médecine, le biberon à long tuyau est de plus en plus décrié. En 1897, le docteur Léon Dufour (1856-1928), célèbre médecin normand de Fécamp à l'origine de la création de "L’œuvre de la Goutte de Lait" écrit même à son propos que « le tolérer, c'est favoriser l'infanticide ». La maison Robert n'a alors pas d'autre choix que de faire évoluer sa production vers les biberons à tétine. Le système reste cependant peu pratique : tétine étriquée et bouchon troué difficile à nettoyer.

 

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Grâce à une abondante publicité et un système plus pratique à nettoyer, une tétine large sur goulot et un bouchon valve à l'arrière, la marque « Le Parfait nourricier » vient concurrencer sérieusement le Biberon Robert. Malgré tous ses efforts, ladite société disparaît , comme ses concurrents d'ailleurs, avec l'arrivée sur le marché de nouveaux protagonistes dont la seule préoccupation est l'hygiène et la simplicité. Pyrex donne le coup de grâce aux fabricants de « biberons du passé » !

 

Biblio."Le Grand Almanach de la France 2015" Textes d'Elie Durel - Ed Métive 2014

Merci au site www.histoire-du-biberon.com