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19/04/2015

Offenbach, l'Étretatais de cœur

Du 30 juillet au 8 août prochain, autour de « La Belle Hélène », se tiendra en Normandie, à Étretat, la 10e édition du Festival Offenbach. Une belle façon pour la station balnéaire aux blanches falaises de rendre hommage à cet Étretatais d'adoption, considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands compositions français du XIXe siècle.

 

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C'est en 1856 que le directeur du "Figaro", le Rouennais Hyppolite de Villemessant (1810-1879), fait découvrir à Jacques Offenbach (1819-1880) la cité normande dont le Tout Paris parle déjà.

A l'époque, ce compositeur et musicien français d'origine allemande, qui a mené une brillante carrière de soliste, vient d'ouvrir à Paris, sur les Champs-Élysées, son propre théâtre, les « Bouffes-Parisiens ». C'est là qu'il va créer, le 21 octobre 1858, son premier opéra-bouffe, «  Orphée aux Enfers », dont le succès va être immense.

 

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 Jacques Offenbach (1819-1880)

Séduit par Étretat il y acquiert en 1859 un terrain sur lequel il fait construire une élégante villa qu'il baptise "Orphée",  où seront conviées les célébrités de l'époque comme le photographe Nadar, le dessinateur Gustave Doré, le peintre Édouard Détaille ou bien encore le musicien Georges Bizet...

Hélas, le 3 août 1861, alors que la famille est à table, un terrible incendie se déclare. Maîtres et domestiques sortent rapidement dans le parc. Tandis qu'Herminie d'Alcain (1826-1887), Madame Offenbach, s'emploie à consoler les domestiques, son époux, bien installé dans un fauteuil, contemple le désastre en cours, en disant calmement : « Le spectacle me coûte assez cher, je veux en profiter ! »

 

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L'année suivante, la villa est reconstruite. Et c'est à Étretat que, jusqu'à la fin de ses jours, cet auteur prolifique qui comptera pas moins de 141 opéras à son actif, des opéras qu'on appelle maintenant opérettes, viendra se ressourcer, composer, mais aussi y organiser de grandes fêtes et... oublier ses douleurs. L'historien Michel de Decker* raconte que, perclus de rhumatismes, l'homme empruntait régulièrement le train Paris-Rouen-Le Havre. « Quand il quittait Paris, on le transportait à travers la salle des pas perdus de Saint-Lazare jusqu'à son compartiment. On l'y installait confortablement dans un amas de coussins, les jambes enveloppées dans d'épaisses fourrures. Il gémissait. A Rouen, moins éprouvé, il se dressait déjà pour glisser sa tête par la fenêtre. A Beuzeville, il était guilleret. Le changement de train pour la station des Ifs s'opérait sans lamentation. Aux Ifs, fouetté par l'air marin, il quittait seul son wagon, esquissait un pas de cavalier et grimpait allégrement dans la calèche qui l'emmenait à Etretat. »

L'une de ses quatre filles, Pépita (1855-1925) épousera le 20 décembre 1882 Prosper Brindejont (1847-1920) qui deviendra maire d'Étretat de 1892 à 1898.

 

*Biblio. « Les Grandes Heures de la Normandie » de M. de Decker - Ed Pygmalion 2007.

Merci aux sites www.etretat-festivaloffenbach.fr/ et http://gallica.bnf.fr

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