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04/05/2016

Quand le bâtiment va, tout va !

L'auteur de cette célèbre phrase s'appelle Martin Nadaud (1815-1898). Il est originaire du village de Soubrebost dans le département de la Creuse. En 1830, quand il arrive à Paris avec son père pour y travailler comme maçon, il n'a que 14 ans. Depuis le Moyen Âge, c'est là une tradition creusoise : chaque année, parce que leur terre ne suffit pas à les nourrir, les hommes la quittent. Détenteurs d'un réel savoir-faire de constructeurs, ils partent se faire embaucher sur les chantiers du bâtiment des grandes villes de France. C'est ainsi qu'au XIXe siècle, maçons, plâtriers, charpentiers, couvreurs,.. sont les artisans de la mutation de la Ville de Paris. Car, entre 1833 et 1870, sous la direction des préfets de la Seine, Rambuteau (1781-1869) puis Haussmann (1809-1891), on assiste bel et bien à une métamorphose de la Capitale française.

 

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Malgré de longues et dures journées, pour parfaire son instruction, le jeune Martin fréquente les cours du soir. Il est rapidement gagné par la politique et intègre à 19 ans la Société des Droits de l'Homme. Il fréquente les réunions socialistes et adopte très vite les idées communistes.

 

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 Martin Nadaud (1815-1898)

C'est le 13 mai 1849 qu'il est élu député de son département. Il siège à la Montagne, sur les bancs des républicains socialistes. Il n'en continue par moins d'exercer son travail sur les chantiers parisiens. Dans les « Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon », le roman autobiographique qu'il publie en 1895, il écrit « Un matin, mon garçon arriva tenant à la main une lettre. L'enveloppe portait "citoyen Nadaud, représentant du peuple". Les jours suivants, on venait me complimenter, tant cela paraissait étrange alors de voir arriver à la Chambre des députés un simple ouvrier maçon... »

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C'est donc en toute connaissance de cause qu'il déclare lors d'un discours à l'Assemblée nationale, le 5 mai 1850 : « Vous le savez, à Paris, lorsque le bâtiment va, tout profite de son activité. » Cette phrase sera retenue et se transformera en une formule plus directe « Quand le bâtiment va, tout va », faisant de l'activité de construction une sorte d'indicateur de la bonne santé de l'économie.

 

Biblio. « Le petit livre des grandes phrases » de G. Guilleron – Ed. First 2010.

Merci au site lesamisdemartinnadaud.com

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