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08/03/2015

Les tartelettes amandines de Cyrano

« Cyrano de Bergerac » est assurément l'une des pièces les plus populaires du théâtre français et la plus célèbre de son auteur, Edmond Rostand (1868-1918). Mais saviez-vous que ce dernier a repris dans son œuvre le nom de ce « Pâtissier des comédiens et des poètes » qui, installé au XVIIe siècle rue Saint-Honoré, était féru de poésie ? Rappelez-vous quand la Duègne de Roxane demande à Cyrano où l'on peut, en secret, le voir et précise que L'on ira, demain, aux primes roses D'aurore, - ouïr la messe à Saint-Roch, celui-ci cherche où donner ce rendez-vous et c'est à Ragueneau qu'il pense car celui-ci perche en effet pas très loin de l'église, dans la rue Saint-Honoré.

 

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Le vrai Cyprien Ragueneau est né le 8 janvier 1608. C'était « le meilleur homme du monde. il faisait crédit à tous le Parnasse, et quand on n'avait point d'argent, il était trop payé, trop satisfait et trop content quand seulement d'un petit coup d’œil on daignait applaudir à ses ouvrages. » Ayant repris le restaurant baptisé « Aux amateurs de haulte gresse » que tenait ses parents, on raconte que le cardinal de Richelieu (1585-1642) appréciait ses pâtés de viande et de poisson et que Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), notre « Molière » lui-même était l'un de ses meilleurs clients.

 

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Deux siècles et demi plus tard, Edmond Rostand fera dudit Ragueneau un personnage picaresque de son « Cyrano » qui sera joué pour la première fois le 28 décembre 1897 au théâtre parisien de la Porte Saint-Martin. En écrivant cette pièce, l’Académicien a fait passer à la postérité deux personnages authentiques qui auraient été, sans lui, condamnés à l’anonymat : Savinien de Cyrano bien sûr, né en 1619 à Paris, qui fut un individu ondoyant et assez peu homme de lettres, mais aussi le brave pâtissier Ragueneau.

 

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Celui-ci n'a laissé aucune trace de ses recettes gourmandes et on aurait sans doute ignoré la plus célèbre d’entre elles, celle des tartelettes amandines, inscrite à l’inventaire des pâtisseries parisiennes, sans l’idée de génie de Rostand, de la reproduire en vers dans la scène IV de l'acte II :

« -Battez, pour qu’ils soient mousseux,

Quelques œufs..

Incorporez à leur mousse

Un jus de cédrat choisi

Versez-y

Un bon lait d’amandes douces,

Mettez de la pâte à flan

Dans le flanc

De moules à tartelettes

D’un doigt preste, abricotez

Les côtés ;

Versez goutte à gouttelette

Votre mousse en ces puits, puis

Que ces fruits

Passent au four et, blondines,

Sautant en gais troupelets,

Ce sont

Les tartelettes amandines ! »

 

Biblio. « Histoire des festins insolites et de la goinfrerie » de Romi – Ed. Artulen 1993.

Merci également au site oratoiredulouvre.fr

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