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13/05/2015

L'histoire d'un scandaleux déjeuner sur l'herbe

L’histoire de l’art est souvent ponctuée de scandales : pour preuve ce tableau d’Édouard Manet (1832-1883), « Le Déjeuner sur l'herbe ».

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Sous le Second Empire, Manet, héritier du Réalisme, suivant les idées de Gustave Courbet (1819-1877), veut supprimer les conventions académiques et représenter la « vie moderne ». A Paris, le 15 mai 1863, alors qu'il n'a pas été admis au Salon Officiel de l'Académie de peinture, il présente trois tableaux au Salon des Refusés qui ouvre en marge pour la première fois dans des salles annexes du Palais de l'Industrie. Parmi ceux-ci, « Le Bain », une toile immense qui prendra plus tard le nom de « La Partie carrée » puis de « Déjeuner sur l'herbe ».

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 Édouard Manet (1832-1883)

Ce tableau va provoquer des réactions excessivement vives, tant du public que de l'Empereur Napoléon III (1808-1873) qui a pourtant encouragé ce contre-salon. La présence d'une femme nue au milieu d'hommes habillés bien sûr, mais aussi le style et la facture, sont jugés déplacés, choquants, voire obscènes. "Le Bain est d'un goût bien risqué, la personne nue n'est pas de belle forme, malheureusement... et l'on n'imaginerait rien de plus laid que le monsieur étendu près d'elle et qui n'a même pas eu l'idée d'ôter, en plein air, son horrible chapeau en bourrelet." Certains vont même jusqu'à accuser Manet de chercher à se faire connaître « en forçant l'attention » ! Bien sûr, le peintre se défend et revendique dans son œuvre l'héritage des maîtres anciens. Il dit s'être inspiré de deux œuvres du Louvre : « Le Concert champêtre » (1508-1509) du peintre de la Renaissance Titien (1488-1576), qui lui a fournit le sujet, et, pour la disposition du groupe central, du « Jugement de Pâris », une gravure que Raphaël (1483-1520) a réalisée à la fin de sa vie.

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 « Le Jugement de Pâris » - Gravure de Raphaël

Pourtant, ce tableau est très novateur. Émile Zola (1840-1902), écrivain et critique, l'a bien compris. Il sera le seul à défendre son auteur en expliquant que l'intérêt de l'œuvre réside non pas dans le sujet, mais dans la façon dont elle est peinte.

 

Biblio. « Histoire de festins insolites et de la goinfrerie » de Romi – Ed. Artulen 1993.

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