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22/02/2015

L'entreprise normande de « l'élégant Marcel »

Il n'était pas normand de naissance mais a fait honneur à notre région ! Il s'appelait Marcel Berthet. Champion cycliste, c'est en 1907 qu'il entre dans la légende en remportant sur le vélodrome de Neuilly-sur-Seine (92) un premier record du monde de l'heure, 41 km 620, record qu'il remettra en jeu et battra à nouveau à deux reprises.

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Marcel Berthet (1888-1953)

Mais ce passionné de cyclisme est aussi à l'origine de l'évolution technique de la bicyclette. En 1913, en collaboration avec le pionnier de l'aviation Etienne Bunau-Varilla (1890-1961), il réalise un « vélo-torpille » doté d'un carénage destiné à améliorer l'écoulement de l'air autour du cycliste. Vingt ans plus tard, en collaboration cette fois avec l'ingénieur Marcel Riffard (1886-1981), il met au point le « Vélodyne », un vélo en aluminium, caréné de bois d'épicéa et de magnolia et revêtu d'une toile avec lequel, le 9 septembre 1933, il portera le « record du monde » de l'heure à 48km600.

 

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Après son mariage avec Jeanne, la fille de Jean-François Tron, le créateur à Paris en 1890 de la selle « Idéale », il se retrouve en 1931, à la mort de son beau-père, à la direction de l'entreprise. La marque est positionnée dans le haut de gamme et produit plus de 500 000 selles par an. En homme d'affaire avisé, profitant de sa notoriété, il choisit d'installer son atelier en 1900 dans une ancienne filature de Pont-Saint-Pierre, commune normande située dans la vallée de l'Andelle. Rebaptisée « Tron et Berthet S.A.3 », l'entreprise, déjà prospère, choisit de se développer maintenant à l'export. Employant une centaine d'employés, « l'élégant Marcel » vit très aisément avec sa famille près de là, dans un beau manoir d'une vingtaine de pièces, entouré d'un grand parc où coule l'Andelle.

 

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En 1942, il fait bien involontairement la une des faits divers. Depuis plusieurs années déjà, les médecins, plus de quarante-cinq consultés au total, le soignent pour une sorte de « maladie de langueur ». Malgré tous les traitements prescrits, les muscles de ce sportif continuent de s'atrophier. Il doit suivre un régime strict que sa cuisinière s'emploie à lui rendre agréable. Toutefois, très bizarrement, à chaque fois qu'il quitte sa propriété comme pour partir en vacances ou en cure, il reprend des forces. Mais il les reperd rapidement une fois rentré chez lui. Son fils William, soupçonnant un empoisonnement, demande au médecin de procéder à une analyse d'une mèche de cheveux de son père. Elle prouve immédiatement l’absorption d'une très grande quantité de poison de type « mort aux rats ». L'enquête de police finira par démontrer l'implication de Reine, la cuisinière. Depuis des années, elle l' empoisonnait petit à petit. Déclarée irresponsable, elle sera internée à l'hôpital psychiatrique de Navarre à Évreux où elle décédera sans avoir toutefois révélé la raison de son geste.

Le 7 avril 1953, Marcel Berthet s'éteint à Rouen à l'âge de 65 ans. Quant à son entreprise Pétripontaine, elle ferma définitivement ses portes en 1980.

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