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22/03/2015

Bête de Gévaudan à la sauce normande...

C'était bien avant celle du pays de Gévaudan qui sévit entre 1764 et 1767 ! La bête dont je vous parle a attaqué et dévoré ses premières victimes humaines trente ans plus tôt. Cela se passait dans la forêt normande de Cinglais, située à une quinzaine de kilomètres au sud de Caen, entre la vallée de l'Orne et celle de la Laize. Une belle et majestueuse forêt, peuplée de hêtres et de chênes, qui fut mentionnée pour la première fois en 846 dans une charte de Charles le Chauve (823-877).

 

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19 mars 1632 : on peut lire dans « La Gazette » l'article suivant : «  De Caen en Normandie. Il s’est découvert depuis un mois dans la forêt de Singlaiz entre ci et Falaise une bête sauvage qui a déjà dévoré quinze personnes. Ceux qui ont évité sa dent rapportent que la forme de cet animal farouche est pareille à celle d’un grand dogue d’une telle vitesse qu’il est impossible de l’atteindre à la course, et d’une agilité si extraordinaire qu’ils lui ont vu sauter notre rivière à quelques endroits. Les riverains et gardes de la forêt lui ont bien tiré de loin plusieurs coups d’arquebuse, mais sans l’avoir blessé... »

 

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En un peu plus d'un an, la « bête de Cinglais », aussi appelée « bête de Caen » et « bête d'Evreux », à la fois « cruelle, rapide, agile,  hideuse et sans pitié» va faire pas moins d'une trentaine de victimes. Les villageois vivent dans la terreur de la rencontrer et évitent prudemment de s'aventurer dans les bois. Bien sûr, les curés des paroisses concernées organisent des chasses, mais celles-ci restent vaines, la bête continuant de sévir.

 

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Alors le 21 juin 1633, le Comte de la Suze prend les choses en main. Il organise une gigantesque battue qui va rassembler entre 5000 et 6000 personnes. Trois jours plus tard, la bête est enfin tuée d'un coup d'arquebuse. Le prédateur est identifié comme un loup mais « à la fois plus long et plus roux, la queue pointue et la croupe plus large que l'ordinaire. » Aussitôt, les attaques cessent... mais pas le mystère ! Lors des veillées, autour de l'âtre, dans les environs de Cinglais, on évoque encore quelquefois le loup-garou...

 

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