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01/04/2015

La chasse à la particule

Un français sur dix descendrait de Saint-Louis et neuf sur dix de Charlemagne ! Considéré comme « le Père de l'Europe », l'Empereur à la barbe fleurie se retrouve, c'est un fait avéré, dans la plupart des généalogies au-delà du XVIIe siècle. Est-ce à dire qu'on peut facilement trouver dans la sienne des ancêtres nobles ? Statistiquement oui, car, à partir de la 10ème génération, l'un de nos 1023 ancêtres est forcément issu de cette classe. Mais voilà, à l'opposé de l'authentique gentilhomme de notre temps qui connaît ses ancêtres depuis Henri IV au moins, sinon depuis Saint-Louis, pour la plupart des familles ordinaires, la généalogie ne remonte pas au-delà des années 1650.

 

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Toutefois, rien n'est perdu. Il suffit qu'un homme roturier épouse une jolie demoiselle, ce qui est loin d'être rare (toutes les familles nobles ne sont pas riches, certaines sont même « dans la gène » du fait des faibles revenus tirés de leur petit domaine) et « le tour est joué » !

 

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 Prince William, duc de Cambridge et son épouse Catherine Middleton

Rappelons que les nobles, qui forment une classe sociale, jouissent de privilèges honorifiques comme le port de l'épée ou l'exonération de la taille. De fait, ils font l'objet d'une constante surveillance de la part de la Couronne. Les archives publiques conservent des enquêtes de noblesse qui ont permis à nombre de familles de remonter leur généalogie au delà de l'an 1000.

Si la particule n'est en aucun cas une preuve de noblesse (il existe des familles nobles qui n'en possèdent pas), il faut savoir que l'aristocratie n'est pas uniforme, ni en ancienneté, ni en titre, ni en richesse. D'une part, les généalogies des familles nobles ne remontent pas toutes du Moyen-âge. D'autre part, si les membres de la noblesse portent dans l'ordre les titres de gentilhomme, écuyer, chevalier, baron, vicomte, comte, marquis, duc et prince, on distingue néanmoins la noblesse de robe de la noblesse d'épée et de la noblesse d'Empire. Et enfin, on peut être anobli par lettre patente ou simplement par l'exercice de certaines charges.

Dans les registres paroissiaux, l'homme noble est généralement qualifié d'écuyer, abrégé en « ec » ou de chevalier, qualifié de Messire, abrégé en Msre. A noter que les qualificatifs de « noble homme » ou de « Demoiselle » abrégé en « Dlle » désignent souvent des bourgeois. De même, le « sieur de » n'est pas forcément un noble mais peut être aussi un roturier possédant, à l'instar du Seigneur, abrégé en Sgr, une seigneurie. Que le titre de « Messire » est également employé pour désigner des gens du clergé, notamment des prêtres. Et qu'enfin certaines familles roturières, tout comme certaines des corporations, arborent un blason.

 

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 L’archiduc Charles d’Autriche

Quoi qu'il en soit, pour prouver une ascendance noble, il vaut mieux remonter sa généalogie par les femmes. D'une part, parce que l'histoire d'une famille se transmet généralement par les hommes. Comme descendant « direct » de Charlemagne, les généalogique ne voient guère que l'archiduc Charles de Habsbourg-Lorraine, né en 1961, lui-même fils d'Otto von Habsbourg (1912-2011) et encore ! Et que d'autre part, si l'on descend d'un roi, c'est certainement par les femmes et aussi parce que plus de 1 000 ans nous en séparent !

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