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06/05/2015

Quand un grand champion de boxe vient s'entraîner en Normandie...

Connaissez-vous Manitaux, ce charmant petit hameau du vexin normand ? Rattaché au célèbre village voisin de Giverny, il se situe un peu à l'écart de lui, blotti entre un bras de Seine et la colline boisée d'Orgival. Ici règne le calme et l'air pur. Terre agricole et surtout d'élevage, les vaches s'y régalent de l'herbe généreuse qui pousse sur son sol enrichit des alluvions du fleuve.

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Au pied de la colline, à droite du chemin qui traverse le village et qui mène à la forêt, on aperçoit une grande exploitation agricole dont le propriétaire au début siècle dernier était Monsieur Boyer.

La ferme Boyer est d'importance et son propriétaire, assurément quelqu'un qui aime le sport et particulièrement la boxe ! Faut dire qu'en Normandie, elle y est présente dès 1880, c'est-à-dire bien avant la création de la fédération française en 1913.

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Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, il fait aménager dans les dépendances de sa propriété une salle de formation et d’entraînement à cette discipline. Il confie les travaux à un maçon de Giverny et lui commande même de bâtir une petite maison destinée à loger les boxeurs qui viendront s'entraîner chez lui. Et ils vont être nombreux à y venir !

Le plus prestigieux d'entre eux, mais aussi sûrement le plus pressé, sera Georges Carpentier (1894-1975). Monsieur Boyer fera aménager pour lui seul une piste d'atterrissage sur ses terres de la Grande-Ile ! Il faut dire que le palmarès de ce sportif est tout simplement époustouflant : champion de France junior de sa discipline en 1907, à seulement 13 ans, il sera aussi le premier français à décrocher le titre de champion du monde le 12 octobre 1920 ! Pourtant le titre mondial des poids lourds toutes catégories lui échappera lors d'un match mémorable, le « match du siècle ». Ce jour-là, le 2 juillet 1921, les 80.000 spectateurs du stade de Jersey City, dont Alice Roosevelt, Henry Ford et Charlie Chaplin, seront épatés par le courage de Carpentier.

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Le Français, qui s’est brisé le pouce de la main droite dès le deuxième round du match, est incapable de riposter. Martelé de coups par son adversaire, il tient malgré tout. Et ce n'est qu'au 4e round qu'un dernier crochet de Dempsey mettra fin à son calvaire. De retour en France, « Le grand Georges » est accueilli en héros ! Son match, bien que perdu, lui vaudra une renommée mondiale.

 

Biblio. « Les normands pionniers du sport » de M. Lécureur – Ed. Des Falaises 2007.

Merci au site "le hameau de manitaux" Pbase.com

 

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