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21/12/2014

Sous le gui...

Il est avec le houx, la plante traditionnelle des fêtes de Noël et de fin d'année. Le saviez-vous, s'embrasser la nuit de la Saint-Sylvestre, à minuit exactement, sous la branche d'un gui protecteur accrochée au plafond ou placée au-dessus de la porte d'entrée et choisir une baie de la gerbe comme symbole de prospérité et de longue vie, sont des traditions vieilles de plusieurs siècles ! Pensez : le baiser sous le gui faisait déjà partie du rituel du mariage lors des fêtes grecques des Saturnales !

 

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Du temps des Gaulois, qui ne craignaient qu'une chose c'est que le ciel leur tombe sur la tête, les druides considéraient le gui comme une plante sacrée en raison des vertus médicinales, voire miraculeuses, qu'ils lui attribuaient. A la fois chasseur des mauvais esprits, purificateur des âmes et guérisseur des corps, le gui neutralisait aussi les poisons, assurait la fécondité des troupeaux et permettait même de voir les fantômes et de les faire parler ! Alors, durant la sixième nuit du solstice d'hiver, la première de l'année celtique, la « nuit mère », le grand druide, tout vêtu de blanc, partait cueillir le gui sacré du chêne, arbre du soleil symbolisant la force et la puissance, à l'aide d'une serpe d'or. Afin qu'il conserve ses pouvoirs, le gui, arbuste de la Lune, ne devait jamais toucher le sol. Il était donc récolté dans un drap de lin blanc. Le druide déclamait alors « O Ghel an Heu », « Que le blé germe », locution qui est passée dans la tradition populaire sous l'expression « Au gui l'an neuf ». La formule fut remplacée beaucoup plus tard par « Bon an, mal an, Dieu soit céans », c'est-à-dire dans la maison. Et l'expression du XIXe siècle, « Bonne et sainte année, le paradis à la fin de vos jours », fit place un siècle plus tard, à notre actuelle « Bonne et heureuse année »...

 

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Mais revenons à notre druide. Le gui récolté était ensuite en partie brûlé par ses soins en hommage aux divinités, puis distribué à tous les assistants. Ces derniers, en guise de protection, le suspendaient à leur cou ou l'accrochaient à l'entrée de leur foyer.

Mais saviez-vous que, pour que le gui remplisse son rôle de porte-bonheur, certaines règles doivent être respectées. Le gui, riche de baies et bien touffu, doit être cueilli avant le 25 décembre et la boule de l'année précédente brûlée avant d'être remplacée le jour de Noël par la nouvelle.

 

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Les Normands accrochaient aussi un bouquet de gui dans leur étable afin que leurs bêtes soient également protégées. Il faut dire qu'en langue celte, son nom signifie « guérit tout ». Notez que des recherches scientifiques ont apporté la preuve que le gui possédait effectivement nombre de vertus thérapeutiques. C'est à la fois un hypotenseur, un vasodilatateur, un antiépileptique, un antispasmodique ainsi qu'un diurétique et un sédatif ! Il calme les convulsions et les crises épileptiques. Et, pour des nuits paisibles sans cauchemars, rien de mieux qu'un rameau de gui accroché à la porte de votre chambre !

 

Biblio : "Le livre des porte-bonheur" de B. Jobbé-Duval - Archives et Culture 2009 et "plantes remèdes en Pays d'Auge" - Montviette Nature en Pays d'Auge - Imp. Lemesle 2008.

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