Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/01/2015

Du Gentilhomme au Gentleman...

C'est le premier des titres de noblesse français. Prononcé au XVIIe siècle « genteilhomme », « homme de race », le mot viendrait du latin « gentis homines », qui se traduit par « les gens dévoués au service de l'État », tels qu'étaient autrefois les Francs, d'où est venue la première noblesse d'extraction.

Avant les ordonnances de 1579 et de 1600 qui supprimèrent la noblesse acquise par l'exercice constant des armes ou par la possession de fiefs, « gentilhomme » désignait indifféremment le noble de race, Gentilhomme de nom et d'armes, et celui qui l'avait acquise.

Par la suite, le titre de Gentilhomme ne concerna plus que le « légitimement noble », c'est-à-dire celui né de race noble, dont la noblesse n'avait été ni donnée, ni achetée. D'ailleurs, une déclaration royale du 4 septembre 1696 fait défense "d'usurper les titres de noble homme, d'écuyer, de messire et de chevalier."*  L'anobli par charge ou par lettres patentes du roi était noble mais pas gentilhomme. Il communiquait cependant la noblesse à ses enfants, lesquels devenaient gentilshommes puisqu'ils possédaient dès lors la « gentillesse », c'est-à-dire la noblesse légale.

 

gentilhomme 1.jpg

La qualité de gentilhomme se perdait par dérogeance, en commettant des actes jugés indignes d’une personne noble. Vivre en gentilhomme, c'était vivre sans rien faire. Un gentilhomme se devait donc de rester pauvre plutôt que de s'avilir en travaillant. Ainsi, l’exercice de certaines professions dérogeait. C'était le cas des métiers de marchand, hors négoce sur mer et commerce de gros, d'artisan, de domestique, d'officiers subalternes comme huissier, sergent, procureurs et notaires…. De même, à l’exception des terres des princes de sang, la prise de terres en ferme, fermage fiscal, dérogeait également.

À la différence de la déchéance, qui consistait à ramener une famille noble à l’état roturier, ce qui pouvait arriver, par exemple, lors des nombreuses révocations de noblesses concédées, la dérogeance ne supprimait pas la noblesse mais ne faisait qu’en interdire les privilèges. Concrètement, le noble était alors assujetti à la taille. Seule une lettre de réhabilitation permettait de recouvrer la noblesse pleine.

 

gentilhomme 3.gif

Gentilhomme était également le titre de certains officiers attachés au service du roi ou des princes. Ainsi les Gentilshommes de la chambre servaient le roi lorsqu'il mangeait en chambre et lui donnaient sa chemise en l'absence du premier chambellan. Les Gentilshommes ordinaires du roi se trouvaient auprès de lui, recevaient ses ordres et le servaient par quartiers. Les Gentilshommes de la manche se trouvaient continuellement auprès d'un jeune prince. De même, le Gentilhomme servant, l'épée au côté, accompagnait les têtes couronnées et les princes du sang. Quant aux Gentilshommes d'artillerie, c'étaient des officiers qui n'avaient gardaient les pièces et les empêchaient de s'altérer.

gentilhomme,gentilshommes,titre de noblesse

La qualité de Gentilhomme était autrefois si honorable que les rois juraient « foi de Gentilhomme » « parce que cette qualité semble renfermer toutes les vertus qui rendent la loi inviolable». En 1527, devant une assemblée de notables, le roi François Ier (1494-1547) alla jusqu'à dire « qu'il était né Gentilhomme et non Roi, qu'il parlait à gentilshommes et qu'il en voulait garder les privilèges».

Dans son dictionnaire sur la France, l'abbé d'Expilly (1719-1793),explique ainsi la différence entre un homme de qualité et un homme de condition. « Le fils d'un homme anobli est Gentilhomme, et sa fille demoiselle ; les enfants de la haute noblesse sont gens de qualité. Ceux qui comptent plusieurs degrés sans illustration extraordinaire, forment l'homme et la femme de condition. »

C'est de gentilhomme qu'est né le « gentleman » anglais, une francisation tardive due à l'admiration portée par nos voisins britanniques sur les gentilshommes français.

Biblio. "Titres, préséances et honneurs en Normandie sous l'Ancien Régime" de F. Grandpierre et "Les titres de noblesse" de J-P. Portelette - Revue Généalogique Normande 2008 et 2004.

Les commentaires sont fermés.