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29/03/2015

Le « Gégène » de Joinville-le-Pont teinté de Normandie

  "A Joinville-le-Pont - Pon ! Pon !...  Tous deux nous irons - Ron ! Ron !

 Regarder guincher...  Chez, chez Gégène..."

A Joinville-le-Pont, la Marne regarde encore aujourd'hui les danseurs se couler sur la piste de «Chez Gégène »... Mais saviez-vous que c'est à notre humoriste normand Bourvil, que cette guinguette mythique, née bien avant la grande guerre, doit sa notoriété ?

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Au début du XXe siècle, c'est une simple péniche, tirée sur la berge qui occupe l'emplacement. Rossignol, son propriétaire, y accueille, comme de nombreux autres établissements qui jalonnent alors les rives de la rivière, parisiens et banlieusards à la recherche de plaisirs simples. Une clientèle hétéroclite, pas toujours recommandable, y chante, mange et danse... jusqu'à ce qu'un incendie mette fin à tout cela un peu avant 1914.

Quatre ans plus tard, Eugène Favreux, « Gégène », installe sa roulotte sur ledit emplacement. Fin commerçant, doté d'un sens inné de l'animation, il ajoute aux distractions classiques, des spectacles inédits et originaux qui attirent très vite de nombreux curieux.

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Parallèlement, au temps des « Années Folles », Joinville-le-Pont devient le centre français du cinématographe naissant. C'est Eugène qui tient la cantine des studios. Il y côtoie toutes les vedettes de l'époque et son établissement devient vite « Le » lieu à la mode, celui où il faut aller, celui où il faut être vu ! Et il va le rester ! Pendant la Seconde guerre mondiale, la guinguette de Gégène sera un havre de paix où on oublie pendant quelques heures le bruit des bombes et le sifflement des balles.

Et Bourvil dans tout cela pensez-vous ? Et bien, c'est en interprétant en 1953, avec un succès quasi- immédiat, « A Joinville-le-Pont », une chanson écrite par Roger Pierre (1923-2010) sur une musique de d'Etienne Lorin (1913-1975), qu'il va rendre célèbre la guinguette de Gégène, et ce, bien au-delà des frontières de notre pays. Il y raconte l'histoire d'un plombier qui attend avec impatience les dimanches pour « emmener sa grosse Germaine... « Chez Gégène.. ène... ne. »

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Cinéastes mais aussi photographes comme Robert Doisneau (1912-1994), dessinateurs comme Jean Bellus (1911-1967), réalisateurs des premières émissions extérieures de télévision comme Roger Couderc (1918-1984) se bousculent « Chez Gégène ». Sur des nappes rouges à carreaux, on vient  y manger une moule-frites, boire un verre de vin blanc gouleyant et surtout valser au son d'un accordéon...

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